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  • : SETH Survivalisme
  • SETH Survivalisme
  • : Avec la multiplication des risques naturels, conflictuels ou économiques, tout peut arriver à n’importe qui, n’importe quand et n’importe où. Pourtant même la pire des situations peut être surmontée si l’on a pris le temps de l’anticiper, d’y réfléchir, de chercher des solutions et des parades. Parcourez ces pages dans l’ordre chronologique, ou par thèmes, et découvrez comment faire face à une catastrophe. Ne soyez pas la victime, devenez le survivant !
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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 12:22

SECTION 2

 

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LE RIVAGE

 

108. Les navires et les avions de recherche ne repèrent pas toujours un nageur ou un radeau à la dérive. Vous devrez peut-être rejoindre le rivage avant l.arrivée d.une équipe de sauvetage.

La survie le long des côtes ne comporte pas les mêmes exigences que la survie en pleine mer. Il y a, à terre, une plus grande abondance d.eau et de nourriture, et la construction d.un abri de même que le choix de son emplacement posent évidemment moins de difficultés.

 

109. Si vous êtes en territoire ami et décidez de vous déplacer, il est préférable de longer la

côte plutôt que de pénétrer dans les terres. Ne vous éloignez pas du rivage, sauf pour contourner des obstacles tels que falaises et marécages ou encore si vous avez la certitude que le sentier repéré mène à des lieux habités.

 

110. Rappelez-vous aussi qu.en temps de guerre, l.ennemi patrouille la plus grande partie des côtes. Ces patrouilles peuvent vous créer des problèmes si vous accostez en territoire ennemi. Dans une telle situation, vos choix de déplacement seront extrêmement limités. Évitez alors tout contact avec les humains et essayez de dissimuler tout indice de votre passage sur le rivage.

 

LES DANGERS PARTICULIERS POUR LA SANTÉ

 

111. Les coraux, les poissons venimeux ou agressifs, les crocodiles, les oursins, les éponges, les anémones de mer, les marées et les courants sous-marins constituent des dangers particuliers.

 

Les coraux

 

112. Les coraux, morts ou vivants, peuvent infliger de douloureuses coupures. Il existe des

centaines d.organismes marins pouvant causer de profondes blessures, un saignement abondant et une grave infection. Nettoyez à fond toutes les coupures imputables à des coraux, mais ne les désinfectez pas avec de l.iode : certains polypes coralliens se ourrissent de cette substance et pourraient se multiplier après avoir pénétré dans votre chair.

 

Les poissons toxiques

 

113. La chair de beaucoup de poissons de coraux est toxique. Chez certaines espèces, la chair est toxique en tout temps, alors que celle d.autres espèces le sera à certains moments de l.année seulement. Les toxines sont présentes dans toutes les parties du poisson, mais elles sont tout particulièrement concentrées dans le foie, les intestins et les .oeufs.

 

114. Les toxines des poissons se dissolvent dans l.eau, mais aucune cuisson ne réussira à les neutraliser. En outre, elles n.ont pas de goût, c.est pourquoi le test universel de comestibilité n.est d.aucune utilité dans ce cas. Les oiseaux réagissent moins à ces poisons. Il est donc faux de conclure qu.une espèce de poisson est comestible parce qu.un oiseau en mange.

 

115. Les toxines entraîneront un engourdissement au niveau des lèvres, de la langue, des

orteils, du bout des doigts, une démangeaison intense et une perception inversée des sensations thermiques. Ce qui est froid vous semblera chaud, et vice versa. Elles provoqueront probablement aussi des nausées, des vomissements, des étourdissements, de la difficulté à parler et une paralysie qui mènera éventuellement à la mort.

 

116. En plus des poissons à chair toxique, il faut se méfier de ceux qui sont dangereux au

toucher. De nombreuses raies (pastenagues) sont munies d.un aiguillon venimeux à l.extrémité de leur queue. D.autres espèces peuvent transmettre un choc électrique. Certains poissons de coraux, tels que le poisson-pierre et le poisson-crapaud, possèdent des épines venimeuses qui peuvent causer des blessures très douloureuses, bien que rarement mortelles. Le venin de ces épines provoque une sensation de brûlure ou même une douleur fulgurante qui semble disproportionnée par rapport à l.apparente gravité de la blessure. Les méduses peuvent infliger une piqûre très douloureuse, quoique rarement mortelle, si elles vous touchent avec leurs tentacules. Se reporter au chapitre 11 et à l.annexe F pour obtenir plus de détails sur les poissons particulièrement dangereux vivant dans la mer ou près des côtes.

 

Les poissons agressifs

 

117. Vous devez aussi éviter certains poissons féroces. Le curieux et audacieux barracuda a

déjà attaqué des hommes qui portaient des objets brillants. La nuit, il peut charger les objets

métalliques ainsi que les sources de lumière. Le bar, qui peut atteindre jusqu.à 1,7 m, est un

autre poisson à éviter. La murène a une série de dents pointues et atteint parfois 1,5 m; elle peut aussi se montrer agressive si on la dérange.

 

Les serpents de mer

 

118. Les serpents de mer sont venimeux et ils évoluent parfois au milieu de l.océan. Il est peu probable qu.ils mordent à moins qu.on ne les provoque. Évitez-les.Les crocodiles

 

119. Les crocodiles habitent les eaux salées des baies et les estuaires bordés de mangroves des régions tropicales. Ils s.aventurent jusqu.à 65 km en haute mer. Il en reste peu près des lieux habités. On les trouve habituellement dans les coins reculés de l.Insulinde et de l.Asie du Sud Survie

 

Est. Considérez les crocodiles de plus d.un mètre de longueur comme dangereux, surtout les femelles qui gardent leur nid. La viande de crocodile est une excellente source de nourriture, si vous pouvez en obtenir.

 

Les oursins, les éponges et les anémones de mer

 

120. Les blessures infligées par ces animaux peuvent causer une douleur extrême, mais elles sont rarement mortelles. On trouve habituellement des oursins dans les eaux tropicales peu profondes, près des récifs de corail. Ils ressemblent à de petits porcs-épics ballonnés. Si vous marchez sur un oursin, il introduit de fines aiguilles calcaires dans la peau où elles se brisent et infectent les tissus. Il faut alors, si c.est possible, retirer ces aiguilles et traiter la plaie contre l.infection. Les autres animaux mentionnés sous ce titre infligent des blessures similaires.

 

Les marées et les courants sous-marins

 

121. Il vous faut aussi prendre garde à ces dangers. Si vous êtes prisonnier du courant sous-marin causé par le ressac d.une grosse vague, éloignez-vous du fond en poussant avec vos pieds ou nagez vers la surface en avançant vers la côte, dans le creux qui sépare deux vagues. Ne combattez pas la force du ressac. Nagez plutôt avec ce dernier ou perpendiculairement à lui jusqu.à ce qu.il perde de la force, puis nagez en direction du rivage.

 

LA NOURRITURE

 

122. Se procurer de la nourriture le long du littoral ne devrait pas poser de problème. Il existe

différentes sortes d.algues et de plantes que vous pourrez facilement trouver et manger. Se

reporter au chapitre 9 et à l.annexe B qui sont consacrés à ces plantes. Dans une telle situation de survie, la diversité de la vie animale vous permettra aisément de subvenir à vos besoins alimentaires.

 

Les mollusques

 

123. Les moules, les patelles, les coques et les palourdes, les bigorneaux et les buccins, les

pieuvres et les limaces de mer sont comestibles. Les coquillages fourniront habituellement la

majorité des protéines consommées par les survivants qui ont rejoint le rivage. Évitez la pieuvre australienne (à taches bleues) et les cônes (décrits au chapitre 11 et à l.annexe F). Faites aussi attention aux « eaux rouges », qui rendent les mollusques toxiques. À l.aide du test universel, vérifiez la comestibilité de chaque espèce avant d.en consommer un spécimen.

 

Les vers

124. Les vers habitant la côte sont généralement comestibles, mais il est préférable de les

utiliser comme appât. Évitez les néréis qui ressemblent à des chenilles duvetées, ainsi que les vers tubicoles dont les graines ont des bords coupants. Les amphioxus ne sont pas de véritables vers; vous les trouverez dans le sable et ils sont excellents, crus ou séchés.

 

Les crabes, les langoustes, les homards et les balanes

 

125. Ces espèces présentent rarement du danger pour l.homme et constituent une excellente source de nourriture. Les pinces des gros crabes et des gros homards peuvent broyer le doigt d.un homme. La coquille de plusieurs de ces espèces est munie d.épines; il est donc préférable d.enfiler des gants avant de les manipuler. Les balanes ne se détachent pas facilement de leur point d.attache et vous pouvez vous érafler ou vous égratigner en les ramassant; les espèces de grande taille constituent néanmoins un précieux apport alimentaire.

 

Les oursins

 

126. Un grand nombre d.oursins jonchent le fond de la mer et peuvent vous infliger de

douloureuses blessures si vous les touchez ou si vous marchez sur leurs épines. Ils sont toutefois une bonne source de nourriture. Manipulez toujours les oursins avec des gants et retirez d.abord toutes leurs épines.

 

Les concombres de mer

 

127. Cet animal est une importante source alimentaire des régions de l.Inde et du Pacifique.

Vous les consommez entiers, après les avoir vidés, ou vous prélevez les cinq bandes musculaires qui s'étendent d'un bout. à l'autre de leur coprs. vous pouvez les manger cuits , fumés ou en saumure.

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Published by seth-survivalisme - dans Habitat
24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:42

 

 

 

MANOEUVRE À VOILE D.UN RADEAU

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38. Les radeaux n.ont pas de quille; vous ne pouvez donc pas les man.uvrer à voile face au vent. Cependant, n.importe qui peut faire progresser un radeau sous voile dans le même sens que le vent. Les radeaux multiplaces, à l.exception des radeaux 20 ou 25 places, progresseront bien sous voile à un angle de 10 degrés par rapport à la direction du vent. Il ne faut jamais tenter de manoeuvrer un radeau sous voile avant d.être près des côtes. Si vous décidez de tenter cette manoeuvre et que le vent souffle vers la destination que vous souhaitez atteindre, gonflez complètement le radeau, asseyez-vous à l.endroit le plus élevé à bord du radeau, relevez l.ancre flottante, hissez une voile improvisée et utilisez un aviron en guise de gouvernail.

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Figure 16-19 : Confection d.une voile improvisée

39. Dans le cas d.un radeau multiplaces, à l.exception des radeaux 20 ou 25 places, installer une voile carrée à l.avant du radeau à l.aide des avirons et de leurs tubes télescopiques qui feront, pour l.occasion, office de mât et de traverse (figure 16-19). Vous pouvez utiliser une bâche imperméable ou la voilure d.un parachute en guise de voile. Si le radeau n.est pas uni de la douille et de l.emplanture de mât habituelles, élever le mât en le fixant solidement au banc qui traverse l.avant du radeau au moyen de renforts. Rembourrer l.extrémité inférieure du mât pour l.empêcher d.user ou de percer le fond du radeau, qu.il repose ou non dans une douille. Le talon d.un soulier, avec l.autre bout coincé sous le banc, peut faire une bonne emplanture de mât improvisée. Les coins de l.extrémité inférieure de la voile ne doivent pas être attachés. Garder à la main une extrémité des cordages fixés à la voile de manière à pouvoir les laisser filer rapidement pour éviter qu.un coup de vent ne déchire la voile, ne brise le mât ou ne fasse chavirer le radeau.

40. Prendre toutes les mesures de précaution requises pour éviter que le radeau ne se retourne. Par gros temps, vérifier que l.ancre flottante demeure à bonne distance de la partie avant du radeau. Faire asseoir les passagers au fond du radeau, en répartissant le poids de manière à enfoncer dans l.eau la partie du radeau qui fait face au vent. Pour réduire les risques de passer par-dessus bord, les passagers doivent éviter de se lever et de s.asseoir sur les côtés du radeau. Il faut aussi prévenir les autres passagers avant d.effectuer un mouvement rapide ou subit. Lorsqu.elle n.est pas utilisée, l.ancre flottante doit être attachée au radeau de manière à entrer en fonction immédiatement si le radeau chavire.

L.EAU

41. L.eau est ce dont vous avez le plus besoin. Les rations d.eau peuvent à elles seules vous permettre de vivre pendant dix jours et parfois même davantage, selon votre volonté de survivre. Lorsque vous buvez votre eau, humectez bien vos lèvres, votre langue et votre gorge avant d.avaler.

Rations d.eau limitées

42. Si vous disposez seulement de rations d.eau limitées et que vous ne pouvez les reconstituer par des moyens mécaniques ou chimiques, utilisez l.eau que vous avez avec parcimonie. Protégez également les réserves d.eau douce d.une contamination par l.eau de  mer et essayez de vous protéger le mieux possible à la fois des rayons directs du soleil et de leur réflexion sur la surface de l.eau. Assurez une circulation d.air à l.intérieur du radeau; mouillez vos vêtements durant la période la plus chaude de la journée. N.abusez pas de vos forces. Tentez de relaxer et de dormir lorsque c.est possible. Déterminez votre ration d.eau quotidienne après avoir évalué la quantité d.eau dont vous disposez, la quantité que peuvent traiter les appareils de distillation solaire et de dessalement, le nombre de personnes à bord et leur condition physique.

43. Si vous n.avez pas d.eau, ne mangez pas. Si votre ration d.eau est de deux litres ou plus par jour, vous pouvez manger la totalité de votre ration de nourriture et tout autre aliment que vous réussirez à vous procurer, des oiseaux, des poissons ou des crevettes par exemple. Le mouvement constant du radeau et l.anxiété peuvent vous rendre nauséeux. Si vous mangez tandis que vous avez la nausée, vous ne pourrez peut-être pas garder cette nourriture. Dans une telle situation, il faut plutôt se reposer, essayer de se détendre autant que possible et se contenter de boire de l.eau.

44. Pour réduire la quantité éliminée par sudation, trempez vos vêtements dans l.eau salée et essorez-les avant de les enfiler de nouveau. Ne pas répéter cette opération un trop grand nombre de fois par grande chaleur si votre radeau n.est pas équipé d.un taud ou d.une tente. Cette façon de se rafraîchir est un compromis entre le soulagement momentané qu.elle procure, et l.irritation ou les furoncles que peut occasionner l.eau salée. Prendre garde de ne pas mouiller le fond du radeau.

45. Observer les nuages et se tenir prêt à recueillir l.eau de pluie. Garder la bâche à portée de la main pour récolter la pluie; si cette bâche est imprégnée de sel séché, la laver dans l.eau de mer. Généralement, la petite quantité d.eau salée qui adhère à la bâche passe inaperçue lorsqu.elle se mélange à la pluie et ne suscite aucune réaction physiologique. Par grosse mer, il est impossible de recueillir l.eau de pluie sans la contaminer.

46. La nuit, fixer la bâche comme vous le faites pour vous protéger du soleil et retourner ses bords pour recueillir la rosée. Vous pouvez aussi recueillir la rosée sur les parois du radeau avec une éponge ou une pièce d.étoffe. Lorsqu.il pleut, il est bon de boire autant d.eau que vous le pouvez.

Appareils de distillation solaire

47. Si votre équipement contient des appareils de distillation solaire, vous devez en lire les instructions et les installer immédiatement. Selon le nombre de personnes à bord et le niveau d.ensoleillement, utiliser autant d.appareils qu.il vous est possible de le faire. Fixer soigneusement les appareils au radeau et garder en tête que ce type d.appareil fonctionne seulement sur une mer calme.

Trousses de dessalement

48. Si, en plus des appareils de distillation solaires, vous êtes équipé de trousses de dessalement, utilisez ces dernières seulement pour préparer l.eau que vous consommerez sur-lechamp ou durant les périodes où le ciel reste longtemps couvert, interdisant ainsi l.emploi des appareils de distillation. D.une façon ou de l.autre, vous devez utiliser les trousses de dessalement et les réserves d.eau uniquement lorsque vous ne pouvez recueillir l.eau de pluie ni installer les appareils de distillation solaires.

Les liquides provenant des poissons

49. Boire le liquide aqueux présent le long de l.épine dorsale et dans les yeux des gros poissons. Couper soigneusement le poisson en deux pour recueillir le liquide entourant l.épine dorsale et sucer l..il. Si vous manquez d.eau au point de boire ce liquide, il faut vous abstenir de boire tous les autres fluides corporels. Ces autres fluides contiennent beaucoup de protéines et de matière grasse, et leur digestion exigera de votre organisme plus d.eau que ces fluides n.en fournissent.

Glace de mer

50. En eaux arctiques, vous pouvez utiliser la vieille glace de mer en guise d.eau potable. Cette glace est bleutée, se casse facilement et présente des angles arrondis. Elle ne contient à peu près plus de sel. La glace récente est grise, laiteuse, dure et salée. Les icebergs sont faits d.eau douce, mais il est très dangereux de s.en approcher. Ce ne sera qu.en dernier recours que vous utiliserez les icebergs comme source d.eau.

51. Dormir et se reposer sont les meilleures façons de traverser les périodes au cours desquelles l.eau et la nourriture sont rationnées. Vérifiez cependant que vous êtes suffisamment protégé du soleil pendant votre somme. Si la mer est grosse, attachez-vous au radeau, refermez les ouvertures et efforcez-vous de traverser la tempête de votre mieux. Le secret consiste à se détendre . ou au moins à essayer de le faire.

NOURRITURE

52. En pleine mer, le poisson constituera votre principale source de nourriture. Un certain nombre de poissons de mer sont dangereux et toxiques, mais, de façon générale, les poissons que vous prendrez s.il n.y a plus de terre en vue seront comestibles. Plus près des côtes, certains poissons peuvent être à la fois dangereux et toxiques. Certains poissons, comme le vivaneau et le barracuda, sont habituellement comestibles mais ceux qui évoluent dans les coraux et les atolls sont toxiques. Le poisson volant sautera même à bord de votre radeau!

Les poissons

53. Lorsque vous pêchez, évitez de manipuler les lignes à pêche à mains nues, de les enrouler autour de vos mains ou de les attacher au radeau de sauvetage. En adhérant à la ligne, le sel peut la transformer en une arête coupante qui peut tout autant abîmer le radeau que vos mains. Portez des gants, si vous en avez, ou enroulez vos mains dans une pièce de tissu avant de manipuler le poisson; vous vous protégerez ainsi des nageoires ou des ouïes coupantes.

54. Dans les régions chaudes, vider et saigner les poissons immédiatement après les avoir pris. Tailler les poissons que vous ne mangerez pas sur-le-champ en minces lamelles étroites et suspendre ces lamelles pour les faire sécher. Les poissons bien séchés pourront être consommés plusieurs jours plus tard. Cependant, s.ils ne sont pas nettoyés et séchés, ils se gâtent en une demi-journée. Les poissons à chair foncée se décomposent très rapidement. Si vous ne mangez

N.OUBLIEZ PAS !

1. Ne buvez pas d.eau salée.

2. Ne buvez pas d.urine.

3. Ne buvez pas d.alcool.

4. Ne fumez pas.

5. Ne mangez pas, à moins d.avoir suffisamment d.eau.

pas immédiatement la totalité de ces poissons, ne consommez pas les restes et utilisez-les comme appât.

55. Ne jamais manger les poissons dont les branchies sont pâles et luisantes, qui ont les yeux creux ou la peau et la chair flasques, ou encore qui dégagent une odeur désagréable. Les poissons sains présentent des caractéristiques opposées et dégagent une odeur franche d.eau salée ou de poisson. Ne confondez pas les anguilles et les serpents de mer, dont vous reconnaîtrez facilement le corps écailleux et la queue très profilée en forme d.aviron. Les anguilles comme les serpents de mer sont comestibles, mais vous devez manipuler les serpents avec précaution à cause de leur morsure venimeuse. Le coeur, le sang, les parois intestinales et le foie de la plupart des poissons sont comestibles. Les intestins doivent être cuits au préalable. Sont également comestibles les plus petits poissons partiellement digérés que vous pourriez trouver dans l.estomac d.un grand poisson. Enfin, les tortues de mer sont comestibles.

56. Le requin constitue une bonne source de nourriture et peut être consommé cru, cuit ou séché. La chair du requin se gâte très rapidement à cause de la concentration élevée d.urée dans le sang; le requin doit donc être saigné immédiatement après la prise et rincé plusieurs fois dans une eau propre, renouvelée après chaque rinçage. Certaines espèces de requins peuvent sembler meilleures que d.autres, mais vous pouvez considérer qu.il sont tous comestibles, sauf la laimargue atlantique (requin du Groenland) dont la chair se caractérise par une teneur très élevée en vitamine A. Ne mangez pas le foie des requins, à cause de sa teneur élevée en vitamine A.

Agrès de pêche

57. Vous pouvez confectionner des agrès de pêche avec les matériaux les plus divers, comme nous vous l.expliquons dans les paragraphes qui suivent :

a. Ligne à pêche. Utiliser des pièces de toile ou de bâche. Défaire les fils et les attacher par groupes de trois brins ou plus de courte longueur. Les lacets et les suspentes de parachute font aussi d.excellentes lignes à pêche.

b. Hameçons. Aucun naufragé ne devrait être dépourvu de matériel de pêche, mais si vous vous trouvez dans cette situation, vous devez vous fabriquer des hameçons en suivant les instructions fournies au chapitre 8.

c. Leurres. Vous pouvez confectionner des leurres en attachant un hameçon double à n.importe quelle pièce de métal brillant.

d. Grappin. Accrocher les algues avec un grappin. En le secouant, vous pourriez déloger des crabes, des crevettes ou de petits poissons qui s.y abritaient; ils vous serviront de nourriture ou d.appât. Les algues elles-mêmes sont également comestibles, mais vous ne devez les manger que si vous avez amplement d.eau potable. Vous pouvez confectionner un grappin improvisé avec des pièces de bois. Utilisez un morceau de bois assez lourd comme tige principale et fixez-y trois plus petits morceaux de bois à l.aide de cordages pour lui donner la forme d.un grappin.

e. Appât. Vous pouvez utiliser un petit poisson pour en appâter un plus gros. Attrapez de petits poissons avec un filet; si vous n.avez pas de filet, fabriquez-en un avec une pièce d.étoffe. Enfoncez le filet sous l.eau et relevez-le vers le radeau. Vous pouvez aussi utiliser les intestins d.oiseaux et de poissons comme appâts. Lorsque vous pêchez avec des appâts, essayez de les maintenir en mouvement dans l.eau pour leur donner apparence de vie.

Conseils pour la pêche

58. Voici de précieux conseils qui vous permettront de tirer profit de la pêche:

a. Soyez extrêmement prudent avec les poissons qui ont des dents et des épines.

b. Coupez votre ligne pour libérer un gros poisson plutôt que de risquer de faire chavirer le radeau. Essayez de prendre de petits poissons plutôt que des gros.

c. Ne percez pas votre radeau avec des crochets ou d.autres accessoires pointus.

d. Ne pêchez pas lorsque vous apercevez de gros requins dans le secteur.

e. Essayez de repérer les bancs de poissons et de vous en approcher.

f. Pêchez la nuit avec une source lumineuse. La lumière attire les poissons.

g. Le jour, certains poissons recherchent les zones ombragées. Ils peuvent se cacher sous votre radeau.

h. Improvisez une lance en attachant un couteau à un aviron. Une lance peut vous aider à attraper de plus gros poissons, mais vous devrez les hisser rapidement à bord du radeau, faute de quoi ils se libéreront. De plus, prenez soin d.attacher le couteau très solidement; sinon, vous pourriez le perdre.

i. Prenez toujours bien soin de votre matériel de pêche. Asséchez vos lignes à pêche, nettoyez et aiguisez vos hameçons, et ne laissez pas les hameçons se prendre dans les lignes.

Les oiseaux

59. Comme l.indique le chapitre 8, tous les oiseaux sont comestibles et vous pouvez manger tous ceux que vous capturerez. Des oiseaux peuvent parfois se poser sur votre radeau, mais ils sont généralement craintifs. Vous pourrez attirer certains oiseaux à portée de tir en laissant traîner une pièce de métal brillante derrière le radeau. Cette manoeuvre est, bien entendu, sans intérêt si vous n.avez pas d.arme à feu.

60. Il est possible d.attraper un oiseau qui se pose à faible distance de vous. S.il ne se pose pas suffisamment près ou prend appui de l.autre côté du radeau, vous pourriez réussir à l.attraper avec un n.ud coulant. Placez un appât au centre du n.ud coulant et attendez que l.oiseau se pose. Lorsque les pattes de l.oiseau sont au centre du noeud, tirez fermement sur la corde.

61. Ne négligez aucune partie de l.oiseau. Utilisez ses plumes comme isolant, ses pattes et ses entrailles comme appâts, et ainsi de suite. Faites travailler votre imagination.

PROBLÈMES MÉDICAUX ASSOCIÉS À LA SURVIE EN MER

62. En mer, vous pouvez souffrir du mal de mer, de plaies causées par l.eau salée ou de certains problèmes de santé que l.on éprouve aussi à terre, la déshydratation et les coups de soleil par exemple. Ces problèmes peuvent s.aggraver si vous ne les traitez pas correctement.

Le mal de mer

63. Le mal de mer est en fait une nausée associée à des vomissements, causés par le mouvement incessant du radeau. Il a pour conséquences :

a. une très grande perte de fluides et un épuisement;

b. la diminution de la volonté de survivre;

c. la transmission du malaise aux autres passagers;

d. l.attraction des requins à proximité du radeau;

e. la détérioration des conditions d.hygiène.

64. Pour traiter le mal de mer, vous devez :

a. laver le malade et le radeau pour éliminer les vomissures et l.odeur qu.elles dégagent;

b. empêcher le malade de manger jusqu.à ce que la nausée disparaisse;

c. faire étendre le malade et le laisser se reposer;

d. donner au malade des comprimés contre le mal de mer, si vous en avez. S.il est incapable d.avaler ces pilules, les lui administrer par voie rectale afin que l.organisme les absorbe.

Plaies causées par l.eau salée

65. Ces plaies sont attribuables à la rupture de la peau exposée à l.eau salée durant de longues périodes. Elles peuvent former du pus et des croûtes, qui ne doivent être ni percées ni vidées. Rincez plutôt les plaies avec de l.eau douce, si vous en avez, et laissez sécher. Appliquer un produit antiseptique, si vous en avez.

Gelures, pied d.immersion et hypothermie

66. Ces problèmes sont semblables aux maladies propres à une exposition à de très basses températures. Leurs symptômes et leur traitement sont décrits au chapitre 15.

Troubles de la vision et maux de tête

67. Si de la fumée, des flammes ou d.autres impuretés vous blessent les yeux, rincez-les immédiatement avec de l.eau salée, puis avec de l.eau douce, si vous en avez. Appliquez un onguent, si vous en avez. Bandez-vous les deux yeux durant 18 à 24 heures, ou même plus,

selon la gravité des blessures. Si vous avez les yeux injectés de sang et enflés à cause de la luminosité et de la réflexion du soleil sur l.eau, recouvrez-les d.un bandage léger. Essayez d.éviter ce problème en portant des lunettes de soleil; confectionnez des lunettes improvisées, au besoin.

Constipation

68. Il est courant de souffrir de constipation durant un séjour prolongé en radeau. Ne prenezpas de laxatif, ce qui accentuerait la déshydratation de votre organisme. Faites autant d.exercice que la situation le permet et buvez une quantité d.eau adéquate, si cela est possible.

Difficulté pour uriner

69. Ce problème fréquent est surtout causé par la déshydratation. Il est préférable de ne rien tenter pour le soulager, car le traitement pourrait accentuer la déshydratation.

Coups de soleil

70. Les coups de soleil constituent un grave problème en situation de survie en mer. essayez d.éviter les brûlures dues au soleil en demeurant à l.ombre de la tente et en couvrant votre tête et la plus grande partie possible de votre corps. Utilisez la crème et le bâton de baume pour les

NOTE

Certains survivants ont indiqué que l.installation d.une toile ou le fait de fixer

l.horizon les a aidés à se débarrasser du mal de mer. D.autres ont affirmé que le

fait de nager le long du radeau durant de brèves périodes les a soulagés, mais une

extrême prudence s.impose si on se met à l.eau.

lèvres que contient votre trousse de premiers soins. N.oubliez pas que la réflexion du soleil sur l.eau a le même effet que le soleil.

LES REQUINS

71. Que vous soyez dans l.eau ou dans un radeau ou une autre embarcation de sauvetage, vous observerez de nombreuses formes de vie marine autour de vous. Certaines sont plus dangereuses que d.autres. Généralement, ce sont les requins qui représentent le plus grand danger pour l.homme. Les autres espèces animales telles les baleines, les marsouins et les raies peuvent avoir l.air dangereuses, mais ne présentent que peu de danger en pleine mer.

72. Sur des centaines d.espèces de requins, seules 20 espèces sont reconnues pour attaquer l.homme. Les espèces les plus à craindre sont le grand requin blanc, le requin-marteau, le requin-taupe bleu et le requin-tigre. Le requin gris, le requin bleu, le requin-citron, le requin-taureau, le requin-nourrice, le requin bouledogue et le rameur se sont également attaqués à l.homme. Prenez pour acquis que tout requin de plus d.un mètre est dangereux.

73. On retrouve des requins dans toutes les mers et tous les océans du monde. Un grand

nombre d.entre eux évoluent et trouvent leur nourriture dans les profondeurs de la mer, .autres chassent près de la surface. Les requins vivant près de la surface sont ceux que vous avez le plus de chance d.apercevoir. Leurs nageoires dorsales font souvent saillie hors de l.eau. Les requins des mers tropicales et subtropicales sont beaucoup plus agressifs que ceux des mers tempérées.

74. La quête de nourriture est, de loin, la principale activité du requin. Son alimentation habituelle englobe tous les types d.animaux vivants et il attaquera indifféremment les animaux blessés ou sans défense. La vue, l.ouïe et l.odorat le guident vers sa proie. Les requins sont connus pour leur odorat très développé et pour l.excitation que suscite, chez eux, l.odeur du sang dans l.eau. De plus, ils repèrent très rapidement toute vibration inhabituelle dans l.eau; les mouvements particuliers d.un nageur ou d.un animal blessé par exemple, les explosions sous l.eau ou même un poisson se débattant au bout d.une ligne à pêche.

75. Les requins peuvent attaquer dans à peu près n.importe quelle position; ils n.ont pas à se tourner de côté pour être en mesure d.attaquer. Certains gros requins sont munis de mâchoires tellement proéminentes qu.ils peuvent facilement avaler des objets flottant à la surface de l.eau sans se tourner de côté.

76. Les requins peuvent chasser seuls, mais la plupart des attaques signalées ont été menées en groupe. Les petits requins se déplacent souvent en bancs et attaquent en groupe. Chaque fois qu.un requin capture une proie, les autres le rejoignent rapidement. Un requin blessé ne fait pas exception à la règle et sera attaqué par le reste du groupe aussi rapidement qu.une autre proie.

77. Les requins mangent à toute heure du jour et de la nuit. La majorité des rencontres et des attaques de requins se sont produites en plein jour, souvent en fin d.après-midi. Voici un certain nombre de précautions que vous pouvez prendre pour vous protéger des requins pendant que

vous êtes à l.eau :

a. Restez à proximité des autres nageurs. Un groupe peut assurer une surveillance

sur 360 degrés. Il est plus facile d.effrayer les requins ou de se défendre contre eux en groupe.

b. Assurez une surveillance constante. Conservez tous vos vêtements, y compris vos souliers. L.histoire révèle que, dans un groupe, les premières cibles des requins seront ceux qui n.ont pas de vêtements et que l.attaque visera le plus souvent les pieds. Les vêtements vous protégeront également des écorchures, si un requin vous frôle de trop près.

c. Évitez d.uriner. Si vous devez absolument uriner, libérez seulement de petites quantités à la fois. Laissez l.urine se dissiper, puis recommencez. Si vous devez déféquer, de même libérez seulement de petites quantités à la fois et éloignezvous le plus rapidement possible. Procédez de la même façon en cas de vomissement.

78. Si vous êtes à l.eau et que vous voyez le requin se préparer à attaquer, criez et remuez

l.eau suffisamment pour le tenir à distance. Vous réussirez parfois à effrayer un requin en criant sous l.eau ou en frappant la surface de l.eau de façon répétée. Conservez toutefois vos forces pour vous défendre en cas d.attaque.

79. Si vous êtes attaqué, défendez-vous avec vos pieds et vos poings. Frappez le requin sur les branchies ou dans les yeux, si c.est possible. En frappant le requin sur le nez, vous risquez de vous blesser si le poing dévie et frappe finalement ses dents.

80. Si vous apercevez des requins une fois à bord d.un radeau, vous devez respecter lesconsignes suivantes :

a. Ne pas pêcher. Si vous tenez un poisson au bout de votre ligne à pêche, laissez-le aller. Ne pas nettoyer de poissons autour du radeau

b. Ne pas jeter de déchets par-dessus bord.

c. Ne pas laisser vos bras, vos jambes ou une pièce d.équipement traîner dans l.eau.

d. Rester tranquille et ne pas bouger.

e. Si vous avez des morts, effectuer une brève cérémonie funéraire aussitôt que possible. S.il y a beaucoup de requins dans le secteur, rejeter les dépouilles à la mer au cours de la nuit.

81. Si un requin se prépare à vous attaquer à bord du radeau, frappez-le avec n.importe quoi,sauf vos mains; vous subiriez plus de dommages que le requin. Si vous le frappez avec un aviron, prenez garde de ne pas le briser ou le perdre.

REPÉRER LA TERRE

82. Vous devez demeurer à l.affût de tous les indices pouvant signaler la proximité de la terre. De nombreux signes peuvent vous indiquer que vous vous approchez d.une côte.

83. Un cumulus immobile par ciel clair ou dans un ciel où tous les autres nuages se déplacent marque souvent l.emplacement d.une île ou le côté sous le vent d.une île.

84. Sous les tropiques, la réflexion du soleil sur les lagons peu profonds ou les cordons de récifs coralliens colore souvent le ciel d.une teinte verdâtre.

85. En régions arctiques, des reflets légèrement teintés sur les nuages indiquent souvent la présence de champs de glace ou d.une terre recouverte de neige. Ces reflets sont très différents des reflets gris sombre qui surplombent les grandes étendues d.eau.

86. Les eaux très profondes prennent une couleur vert foncé ou bleu foncé. Une teinte plus pâle indique que les eaux sont moins profondes, ce qui peut révéler la proximité d.une côte.

87. La nuit, sous la pluie ou encore dans la brume ou le brouillard, les sons et les odeurs peuvent indiquer que vous vous approchez de la terre. L.odeur de moisissure propre aux mangroves et aux battures de vase se propage sur de grandes distances. Vous pouvez entendre le grondement des vagues bien avant de les apercevoir. Enfin, des cris incessants d.oiseaux marins en provenance de la même direction indiquent leur lieu de nidification sur une terre proche.

88. Vous verrez généralement plus d.oiseaux près des côtes qu.en pleine mer. La direction d.où viennent les oiseaux à l.aube et vers laquelle ils se dirigent au crépuscule peut marquer l.emplacement de la terre. En plein jour, les oiseaux sont en quête de nourriture et la direction qu.ils prennent n.a aucune valeur significative.

89. Les mirages se produisent sous toutes les latitudes, mais ils sont plus fréquents sous les tropiques, particulièrement au milieu de la journée. Prenez garde de ne pas confondre un mirage avec la terre ferme. Le mirage disparaîtra ou encore son apparence et sa hauteur changeront si vous vous penchez ou si vous vous relevez légèrement.

90. Vous pouvez réussir à déceler la présence d.une terre en étudiant la propagation des vagues, qui rebondiront après avoir touché le rivage (figure 16-20). En vous déplaçant à la faveur des vagues, parallèlement aux zones de turbulence légère marquées d.un X sur la figure, vous devriez éventuellement arriver à terre.

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Figure 16-20 : Propagation des vagues autour d.une île

TECHNIQUES D.ÉCHOUAGE OU D.ACCOSTAGE

91. Une fois la terre en vue, il vous faut encore y parvenir sans encombre. Vous rejoindrez généralement la terre sans danger à bord d.un radeau monoplace. Par fortes vagues, cependant, il est difficile et même dangereux de s.approcher du rivage. Prenez votre temps et choisissez minutieusement votre point d.accostage. Essayez de ne pas vous approcher de la côte avec un soleil couchant droit devant vous. Essayez plutôt d.accoster à la face abritée de l.île ou sur une pointe de terre s.avançant dans la mer. Examinez attentivement la crête des vagues pour y repérer toute interruption et prenez cette direction. Évitez les récifs de corail et les escarpements rocheux. Il n.y aura aucun récif de corail à l.embouchure des rivières d.eau douce. Prenez garde aux courants de retour et aux courants de marée parfois impressionnants qui peuvent vous rejeter au large. Vous pouvez émettre des signaux de détresse ou longer la côte pour tenter de trouver une plage peu accidentée où la vague est moins forte.

92. Si vous devez traverser de grosses vagues avant de mettre pied à terre, enlevez le mât. Conservez vos vêtements et vos chaussures pour vous protéger des coupures profondes. Gonflez et ajustez votre gilet de sauvetage. Passez votre ancre flottante au-dessus de l.arrière du radeau et laissez filer tout le cordage dont vous disposez. Dirigez le radeau à l.aide des avirons ou des pagaies que vous avez à bord, et réglez fréquemment la traînée de l.ancre flottante pour maintenir le cordage sous tension. Vous garderez ainsi le cap sur le rivage et empêcherez que la mer ne retourne l.arrière du radeau et le fasse chavirer. À l.aide des avirons ou des pagaies, essayez de « surfer » sur le côté du large d.une grosse vague.

93. Les vagues ne sont pas nécessairement régulières et leur force peut varier; il faut donc adapter votre méthode aux conditions existantes. Une bonne façon de traverser les vagues consiste à faire asseoir la moitié des passagers d.un côté du radeau et l.autre moitié en face d.eux, de l.autre côté du radeau. Lorsqu.une grosse vague déferle, la moitié des passagers doivent ramer (pagayer) vers le large jusqu.à ce que le radeau soit sorti de la crête de la vague, puis l.autre moitié doit ramer (pagayer) en direction de la terre jusqu.à la prochaine vague déferlante.

94. Si le vent est fort et que la vague est grosse, le radeau doit atteindre une vitesse maximale pour traverser rapidement la crête de la vague qui déferle sans tourner ni chavirer. Il faut éviter, dans le mesure du possible, de croiser une grosse vague au moment où elle se brise.

95. Si les vagues sont de hauteur moyenne et qu.il n.y a pas de vent ou que celui-ci souffle vers la terre, vous devez empêcher que le radeau ne passe sur une vague à une trop grande vitesse et ne retombe brutalement après avoir dépassé la crête de la vague. Si la vague fait chavirer le radeau, essayez de vous y agripper et d.avancer avec lui.

96. Au moment où le radeau approche de la plage, essayez de surfer sur la crête d.une grosse vague. Ramez ou pagayez très fort et avancez aussi loin que vous le pouvez sur la plage. Attendez pour sauter du radeau qu.il ait touché terre, puis sortez rapidement et tirez-le sur la plage.

97. Si vous avez le choix, ne mettez pas pied à terre la nuit. Si vous avez de bonnes raisons de croire que les lieux sont habités, tenez-vous à l.écart de la plage, signalez votre présence et attendez que ces habitants viennent vous chercher.

98. Si vous croisez de la glace de mer, débarquez uniquement sur les grandes plaques stables ou sur la banquise. Évitez les icebergs, qui peuvent basculer, et les petites plaques de glace ainsi que celles qui ont visiblement commencé à fondre. Servez-vous des avirons et de vos mains pour empêcher le radeau de frotter contre le bord de la glace. Sortez le radeau de l.eau et placez le à bonne distance du bord. Il pourra peut-être vous servir d.abri. Vous devez le tenir gonflé et prêt à flotter. Une plaque de glace peut se rompre à tout moment.

NAGER VERS LE RIVAGE

99. Si vous ne pouvez atteindre le rivage en radeau et que vous devez vous y rendre à la nage, enfilez vos chaussures et au moins une épaisseur de vêtement. Utilisez la nage indienne ou la brasse pour économiser vos forces.

100. Si la vague n.est pas trop forte, surfer sur le dos d.une petite vague en nageant dans le même sens qu.elle vers le rivage. Plongez à faible profondeur juste avant que la vague ne brise.

101. Par fortes vagues, nagez vers le rivage en restant dans le creux des vagues. lorsqu.une grosse vague approche, faites-lui face et plongez sous l.eau. Une fois la vague passée, nagez vers le rivage dans le creux qui la sépare de la vague suivante. Si vous êtes pris par le ressac d.une grosse vague, poussez contre le fond ou nagez vers la surface et progressez vers le rivage de la façon indiquée ci-dessus.

102. Si vous devez accoster dans une zone rocheuse, tentez de trouver un endroit où les vagues montent sur les rochers. Évitez les zones où les vagues se fracassent en projetant une écume blanche. Approchez-vous lentement à la nage. Vous aurez besoin de toutes vos forces pour vous agripper aux rochers. Pour limiter les blessures, il est préférable, d.être entièrement habillé et de porter des chaussures.

103. Après avoir choisi l.endroit où vous accosterez, progressez dans les brisants en suivant une grosse vague. En position assise, placez-vous face au rivage en gardant les pieds devant vous, de 60 à 90 cm (2 à 3 pieds) plus bas que la tête. Cette position vous permettra d.amortir l.impact avec vos pieds lorsque vous toucherez le fond ou frapperez des roches ou des récifs submergés. Si vous n.atteignez pas le rivage derrière la vague que vous aviez choisie, nagez en vous aidant de vos mains seulement. À l.approche de la vague suivante, reprenez la position assise, les pieds devant. Répétez cette man.uvre jusqu.à ce que vous touchiez le fond.

104. Les eaux sont plus calmes après un secteur peuplé d.algues. Tirez avantage de cette végétation. Ne tentez pas de nager entre les algues, mais contentez-vous de vous traîner audessus en vous agrippant aux algues pour avancer.

105. Traversez un récif corallien ou rocheux de la même façon que vous aborderiez un rivage rocheux. Gardez les deux pieds rapprochés et les genoux légèrement fléchis, détendez-vous et adoptez une position assise dans le but d.amortir l.impact contre les récifs.

RÉCUPÉRATION OU SAUVETAGE

106. Dès que vous voyez une équipe de sauvetage s.approcher pour vous récupérer, que ce soit un bateau, un navire, un hélicoptère ou un avion, dégagez rapidement les cordages (lignes de pêche ou de dessalement) et autre matériel pouvant s.emmêler pendant les man.uvres de sauvetage. Attachez tous les objets et articles pouvant se déplacer dans le radeau. Abaissez les voiles, le taud et la tente pour faciliter votre récupération en toute sécurité. Après avoir attaché tous les articles, mettez votre casque si vous l.avez encore. Gonflez complètement votre gilet de sauvetage. À moins de recevoir d.autres instructions, restez à bord du radeau et déposez tout votre équipement, à l.exception des gilets de sauvetage. S.ils sont en mesure de le faire, des sauveteurs descendront pour vous venir en aide. N.oubliez pas qu.il est très important de suivre toutes les instructions transmises par l.équipe de sauvetage.

107. Si la récupération par hélicoptère est effectuée sans autre assistance, vous devez au

préalable prendre les mesures qui suivent :

a. Assujettir tout l.équipement pouvant se déplacer dans le radeau, dans le sac d.équipement de survie ou dans les pochettes de l.embarcation.

b. Déployer l.ancre flottante, les poches de stabilisation et le sac d.équipement.

c. Dégonfler partiellement le radeau et le remplir d.eau.

d. Détacher le conteneur de survie largable du harnais du parachute.

e. Saisir la poignée du radeau et rouler hors du radeau.

f. Laisser le câble ou le dispositif de récupération se coucher à la surface de l.eau.

g. Ne pas lâcher la poignée du radeau avant de tenir le dispositif de récupération dans l.autre main.

h. S.attacher correctement à ce dispositif, en évitant de le mêler aux cordages du radeau.

i. Signaler à l.opérateur du treuil de levage de vous remonter

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 18:29

MESURES PARTICULIÈRES PAR TEMPS FROID

19. Si vous vous retrouvez en mer par temps froid, vous devez prendre les mesures qui suivent :

a. Revêtir une combinaison étanche. Si vous n.en avez pas, vous pouvez enfiler les vêtements supplémentaires que vous avez sous la main et, de préférence, des vêtements amples et confortables.

b. Prendre soin de ne pas écorcher le radeau avec des souliers ou des objets pointus. Garder la trousse de réparation à portée de la main.

c. Installer le pare-vent, le taud et la tente protégeant des embruns. d. Essayer de garder le plancher du radeau au sec. Y étendre les bâches ou les vêtements disponibles pour réaliser une certaine isolation contre la température de l.eau.

e. Rapprocher les passagers les uns des autres pour qu.ils se réchauffent et effectuer périodiquement quelques mouvements pour maintenir la circulation sanguine. Étendre une voile, un parachute ou une bâche supplémentaire pour aider les membres du groupe à conserver un maximum de chaleur.

f. Donner des vivres supplémentaires, si vous en avez suffisamment, aux personnes souffrant du froid.

20. L.hypothermie peut entraîner la mort et demeure le plus grand danger lorsque vous êtes immergé en eaux froides. Les premiers signes d.une hypothermie apparaissent assez rapidement en eaux froides, étant donné les faibles qualités isolantes des vêtements mouillés et le déplacement, sous la poussée de l.eau, de la couche d.air immobile entourant normalement l.organisme. À la même température, le taux de déperdition calorique dans l.eau est environ 25 fois plus élevé que dans l.air. La figure 16-7 indique le temps de survie approximatif d.une personne dans l.eau.

Température de l.eau Temps de survie

21,0 à 15,5 oC (70 à 60 oF) 12 heures

15,5 à 10,0 oC (60 à 50 oF) 6 heures

10,0 à 4,5 oC ( 50 à 40 oF) 1 heure

4,5 oC (40 oF) et moins moins de 1 heure

Note : Le port d.une combinaison étanche peut élever les temps de survie susmentionnés jusqu.à un maximum de 24 heures.

Figure 16-7 : Temps de survie en eaux froides

21. Votre meilleure protection contre les effets d.une immersion en eaux froides est de monter à bord d.un radeau, de rester au sec et d.isoler votre organisme de la surface froide du fond du radeau. Si vous ne pouvez prendre ces mesures de protection, le port d.une combinaison étanche prolongera considérablement votre temps de survie. Ne pas oublier de garder la tête et le cou hors de l.eau, et de bien les protéger de l.eau froide lorsque la température est inférieure à 19 °C. Le port d.un gilet de sauvetage augmente le temps de survie escompté, tout comme l.adoption d.une position appropriée du corps dans l.eau accroît les chances de survie.

MESURES PARTICULIÈRES PAR TEMPS CHAUD

22. Si vous vous retrouvez en mer par temps chaud, vous devez prendre les mesures qui suivent :

a. Installer un taud ou une tente qui vous protégera du soleil et prévoir une ventilation suffisante de l.abri ainsi aménagé.

b. Vous couvrir de manière à protéger des coups de soleil la plus grande surface possible devotre corps. Si vous avez de la crème solaire, en étendre sur tous les membres exposés.Les paupières, l.arrière des oreilles et le haut du cou brûlent facilement au soleil.

MANOEUVRE DU RADEAU

23. La plupart des radeaux des forces armées peuvent satisfaire aux besoins en matière de protection personnelle, de transport, d.évasion et de camouflage.

NOTE

Avant de monter à bord de n.importe quel radeau, vous devez retirer votre gilet de sauvetage et l.attacher solidement à vos vêtements, ou encore le fixer à votre embarcation. Vérifier que votre tenue ou votre équipement ne comporte aucun autre élément ou objet métallique ou tranchant pouvant endommager le radeau. Après vous être hissé sur le radeau, endossez de nouveau votre gilet de sauvetage.

Radeau monoplace

24. Le radeau 1 place, aussi appelé monoplace, est constitué d.une chambre de flottabilité principale. Si la bouteille de CO2 est inutilisable ou que le radeau fuit, il est possible de le gonfler en soufflant dans le dispositif buccal de gonflement.

25. La tente est un abri contre le froid, le vent et les embruns. Dans certains cas, elle assure aussi une isolation thermique. Le plancher isolé du radeau limite la conduction du froid, protégeant ainsi les passagers de l.hypothermie (figure 16-8).

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Figure 16-8 : Radeau monoplace muni d.une tente

26. Vous pouvez, pour vous déplacer plus facilement, gonfler ou dégonfler le radeau afin de profiter du vent ou du courant. La tente peut faire office de voile tandis que les poches de stabilisation servent à augmenter la résistance à l.avancement du radeau. L.ancre flottante Peut aussi être utilisée pour contrôler la vitesse et la direction du radeau.

27. Il existe des radeaux de couleur noire spécialement conçus pour les man.uvres en zones tactiques. Ces radeaux se confondent avec la mer. Vous pouvez les transformer davantage encore pour réussir une esquive ou une évasion : il suffit de les dégonfler partiellement pour réduire leur hauteur et assurer qu.ils passent plus facilement inaperçus.

28. Un filin d.amarrage relie le parachutiste (le survivant) tombé à la mer au radeau monoplace. Le survivant, vous en l.occurrence, doit gonfler le radeau dès qu.il touche l.eau. Vous ne devez pas nager jusqu.au radeau, mais plutôt le ramener à vous en tirant sur le filin. Il est possible que le radeau flotte à l.envers sur l.eau. Vous pouvez le redresser en vous approchant du côté où se trouve la bouteille de CO2 et en le retournant sur lui-même. La tente doit demeurer dans le radeau afin de bien dégager les poignées d.embarquement. Vous devez ensuite suivre les instructions fournies dans la note, sous la rubrique Man.uvre du radeau, pour monter à bord (figure 16-9).

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Figure 16-9 : Comment monter dans un radeau monoplace

29. Si vous êtes blessé au bras, la meilleure façon d.embarquer est de vous placer dos au bout étroit du radeau, de le pousser sous vos fesses pour ensuite vous allonger sur le dos. Une autre manière de se hisser sur le radeau est d.enfoncer le bout étroit sous un genou, pour ensuite s.allonger sur le ventre (figure 16-10).

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Figure 16-10 : Autres façons de monter dans un radeau monoplace

30. Par grosse mer, il peut être plus facile d.agripper le bout étroit du radeau et, penché vers l.avant, de battre des pieds et de se hisser sur le radeau. Une fois à plat ventre dans le radeau, vous devez déployer et ajuster l.ancre flottante. Pour vous asseoir, il vous faudra peut-être détacher une des extrémités du siège et rouler de ce côté. Vous pouvez ensuite ajuster la tente. Il existe deux variantes du radeau monoplace, dont le modèle amélioré équipé d.une tente gonflable et d.un plancher assurant une isolation supplémentaire. La tente vous tiendra bien au chaud et au sec par temps froid, et elle vous protégera du soleil par temps chaud (figure 16-11).

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Figure 16-11 : Radeau monoplace, avant et après le gonflement de la tente

Radeau 7 places

31. Certains avions multiplaces transportent un radeau 7 places faisant partie du conteneur de survie largable (figure 16-12). Ce type de radeau peut se gonfler à l.envers; il vous faudra alors le redresser avant d.embarquer. Manipuler toujours le radeau du côté où se trouve la bouteille de CO2 afin d.éviter les blessures lorsque le radeau se retournera. Vous devez vous placer face au vent de façon à ce que l.action de ce dernier vous aide à le redresser, et agripper les poignées au fond du radeau pour le retourner et ensuite monter à bord (figure 16-13).

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Figure 16-12 : Radeau 7 places

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Figure 16-13 : Méthode de redressement d.un radeau

32. Vous pouvez vous servir de la série de poignées qui forme l.échelle d.accès si quelqu.un d.autre retient le côté opposé du radeau. Si vous êtes seul, tirez profit du vent en vous plaçant dos à lui afin qu.il maintienne le radeau sur l.eau. Suivez alors les instructions fournies dans la note figurant sous la rubrique Man.uvre du radeau. Agrippez solidement une dame de nage et une poignée d.accès, battez des pieds pour vous pencher vers l.avant et hissez-vous en poussant avec vos jambes et en tirant avec vos bras. Si vous êtes affaibli ou blessé, il faudra peut-être dégonfler partiellement le radeau pour réussir à monter à bord (figure 16-14).

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Figure 16-14 : Comment monter à bord d.un radeau 7 places

33. À l.aide de la pompe à main, regonflez au besoin les chambres de flottabilité et le banc transversal de manière qu.ils demeurent bien fermes. Vous ne devez toutefois pas gonfler le radeau de façon excessive.

Radeau 20 ou 25 places

34. Certains avions multiplaces sont équipés de radeaux à 20 ou 25 places (figures 16-15 et 16-16). Ils sont rangés dans des compartiments accessibles à même le fuselage de l.avion ou dans des caissons spécialement conçus pour les radeaux. Certains se déploient automatiquement à partir du cockpit, d.autres doivent être mis à l.eau à la main. Quelle que soit la méthode utilisée, les radeaux de sauvetage sont prêts à embarquer des passagers dès qu.ils touchent l.eau. Un conteneur d.équipement de survie est relié au radeau par un filin de récupération. La chambre principale du radeau doit être gonflée à l.aide d.une pompe manuelle. Il est préférable de passer directement de l.avion au radeau 20 ou 25 places; toutefois, si ce n.est pas possible, vous devez procéder de la façon qui suit :

a. S.approcher de la rampe d.embarquement.

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Figure 16-15 : Radeau 20 places

b. Retirer votre gilet de sauvetage et l.attacher solidement de manière qu.il flotte derrière vous.

c. Saisir les poignées d.accès, battre des jambes pour vous pencher vers l.avant et pousser avec les jambes en tirant avec les bras jusqu.à ce que vous soyez enfin à bord.

35. Vous aurez moins de difficultés à embarquer dans un radeau partiellement dégonflé. Pour ce faire, vous devez vous placer près du radeau et de la rampe d.embarquement, saisir la plus haute des poignées et faire passer une jambe au centre de la rampe, comme si vous montiez à cheval (figure 16-17).

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Figure 16-16 : Radeau 25 places

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Figure 16-17 : Embarquement dans un radeau 20 places

36. Une fois à bord du radeau, vous devez immédiatement mettre en fonction la bride de compensation pour empêcher que le radeau ne se dégonfle entièrement s.il est percé (figure 16-18).

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Figure 16-18 : Embarquement dans un radeau multiplaces

37. Utiliser la pompe pour regonfler, au besoin, les chambres de flottabilité et l.anneau central du radeau. Ces compartiments devraient être gonflés et bien ronds, sans être trop tendus.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 23:17
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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 10:38

CHAPITRE 16

SURVIE EN MER

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1. C.est probablement en mer que vous ferez face aux conditions de survie les plus difficiles. La survie à court ou à long terme dépend alors, d.une part, des vivres et de l.équipement dont vous disposez, et, d.autre part, de votre ingéniosité. Pour survivre, vous devez tirer profit de toutes les ressources qui s.offrent à vous.

2. L.eau recouvre environ 75 pour cent de la surface de la Terre, dont près de 70 pour cent sont constitués de mers et d.océans. Vous pouvez par conséquent supposer que vous traverserez, un jour ou l.autre, de vastes plans d.eau. Le risque que l.avion ou le navire à bord duquel vous montez soit endommagé au cours d.une tempête ou par suite d.une collision, d.un incendie ou d.une guerre ne peut être totalement écarté.

SECTION 1

ACCIDENT EN PLEINE MER

3. Après avoir survécu à un accident en pleine mer, vous devez composer avec les vagues et le vent. Il se peut que vous soyez aussi exposé à un froid ou à une chaleur intense. Pour éviter que ces conditions environnementales ne deviennent de graves problèmes, vous devez aussi rapidement que possible prendre certaines mesures de précaution. Vous devez tirez profit de ce qui vous entoure pour vous protéger des éléments naturels, de la chaleur, de l.humidité et d.un froid extrême.

4. Se protéger des éléments naturels ne répond toutefois qu.à l.un de nos besoins essentiels. Il faut aussi trouver de la nourriture et de l.eau potable. Ce n.est qu.en satisfaisant ces trois besoins vitaux que vous éviterez les problèmes physiques et psychologiques graves. Vous devez cependant savoir comment traiter divers problèmes de santé pouvant être associés à la situation particulière dans laquelle vous vous trouvez.

MESURES DE PRÉCAUTION

5. Votre survie en mer dépend surtout de trois facteurs :

a. votre connaissance et votre habileté à utiliser l.équipement de secours dont vous disposez,

b. vos aptitudes particulières et votre capacité d.en tirer profit pour faire face aux dangers auxquels vous êtes confrontés,

c. votre volonté de survivre.

6. Lorsque vous montez à bord d.un navire ou d.un avion, vérifiez quel équipement de secours a été embarqué, à quel endroit il se trouve et de quoi il se compose exactement. Trouvez, par exemple, combien de gilets de sauvetage et de canots ou de radeaux de sauvetage ont été emportés. Où se trouvent-ils à bord? Quel type d.équipement de secours a été stocké dans les radeaux? Quelle quantité d.eau, de nourriture et de médicaments y trouverez-vous? Pour combien de personnes ont-ils été conçus?

7. Si vous êtes responsable d.autres membres d.équipage à bord, assurez-vous de savoir exactement où ils se trouvent et à quel endroit ils peuvent vous trouver.

AVION COULÉ EN MER

8. Si l.avion dans lequel vous êtes monté est coulé en mer, vous devez prendre les mesures qui suivent dès votre sortie de l.avion. Que vous soyez dans l.eau ou dans un radeau de sauvetage, vous devez :

a. vous éloigner aussitôt que possible et vous placer devant l.avion, par rapport à la direction d.où vient le vent, mais demeurer à proximité jusqu.à ce que celui-ci ait disparu sous l.eau,

b. vous éloigner des nappes de combustible flottant à la surface de l.eau, pour éviter les brûlures si celui-ci prend feu,

c. essayer de trouver d.autres survivants.

9. La zone de l.accident et tout son voisinage font habituellement l.objet de recherches pour retrouver le plus grand nombre de survivants possible. Les personnes manquant à l.appel peuvent être inconscientes et flotter entre deux eaux. L.illustration 16-1 montre la marche à suivre en vue d.un sauvetage.

10. La meilleure technique pour récupérer une personne tombée à la mer consiste à lui lancer un gilet de sauvetage fixé à une corde. On peut également envoyer, depuis le radeau de sauvetage, un nageur (le sauveteur) qui se déplacera avec une bouée de sauvetage préalablement reliée au radeau par une corde, bouée qui supportera son poids pendant la man.uvre. Cette façon de procéder aidera le sauveteur à préserver ses forces au cours du sauvetage. La méthode la moins acceptable consiste à envoyer un nageur sans bouée de sauvetage, mais relié par une corde, pour tenter de récupérer un survivant. Quelle que soit la situation, le nageur doit porter un gilet de sauvetage. De plus, le sauveteur ne doit en aucun cas sous-estimer la force d.une personne succombant à la panique après s.être retrouvée à l.eau. Le sauveteur doit s.approcher du survivant avec beaucoup de prudence pour éviter d.être blessé.

11. En s.approchant par l.arrière d.un survivant en détresse, le sauveteur élimine une bonne part des risques de recevoir un coup de pied, d.être égratigné ou d.être empoigné par la personne à la mer. Il doit se placer directement derrière la personne à qui il vient en aide et saisir la courroie dorsale arrière de son gilet de sauvetage. Il pourra ensuite revenir au radeau à la nage indienne en traînant le survivant récupéré.

12. Si vous vous retrouvez à l.eau, regagnez un canot ou un radeau aussi vite que possible. S.il n.y a pas d.embarcation de sauvetage, essayez de trouver un débris flottant de grandes dimensions pour vous y agripper. Détendez-vous; une personne qui sait comment se détendre dans l.eau de mer risque peu de se noyer. La flottabilité naturelle du corps vous maintiendra au moins le dessus de la tête hors de l.eau, mais il vous faudra effectuer certains mouvements pour garder le visage au-dessus de l.eau.

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Figure 16-1 : Sauvetage d.un homme à la mer

13. Flotter sur le dos vous aidera à économiser vos forces. Étendez-vous sur le dos, et étirez vos bras et vos jambes dans l.eau en courbant le dos. En inspirant et en expirant l.air de façon régulière, vous maintiendrez votre visage hors de l.eau en tout temps et vous pourrez peut-être même dormir durant de brèves périodes dans cette position. Votre tête sera partiellement submergée, mais votre visage ne le sera pas. Si vous ne pouvez flotter sur le dos ou si la mer est trop mauvaise, reposez-vous en plongeant le visage sous l.eau comme le montre l.illustration 16-2.

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Figure 16-2 : Position permettant de flotter

14. Voici les styles de nage les plus recommandés en situation de survie :

a. La nage en chien. Ce style de nage est très utile pour une personne entièrement vêtue ou portant un gilet de sauvetage. Bien qu.elle n.assure pas une progression très rapide, elle permet de conserver une grande partie de son énergie.

b. La brasse. Ce style de nage permet de se déplacer sous l.eau par grosse mer ou encore de s.éloigner de nappes de combustible ou de débris. C.est probablement la nage la plus appropriée pour parcourir une grande distance : elle vous permet d.économiser votre énergie et de progresser à une vitesse raisonnable.

c. La nage indienne. C.est une nage de repos intéressante parce qu.elle exige l.emploi d.un seul bras pour conserver son élan et maintenir sa flottabilité.

d. Le dos crawlé. Cette nage est aussi une excellente nage de repos. Elle détend les muscles auxquels les autres styles de nage font appel. C.est la nage la plus recommandée si une explosion sous l.eau vous semble probable.

15. Si vous vous trouvez à proximité d.un produit pétrolier enflammé à la surface de l.eau :

a. Débarrassez-vous de vos souliers et, s.il vous maintient à la surface de l.eau, de votre gilet de sauvetage.

b. Bouchez-vous le nez, puis fermez les yeux et la bouche, et plongez rapidement sous l.eau.

c. Nagez aussi loin que possible sous l.eau avant de refaire surface pour prendre une respiration.

d. Avant de refaire surface pour respirer, déplacez avec vos mains tout fluide enflammé hors de la zone où vous désirez sortir la tête. Une fois la zone

débarrassée des flammes, vous pouvez refaire surface et prendre quelques respirations. Essayez de vous placez dos au vent avant de respirer.

e. Redescendez sous l.eau, les pieds en premier, et continuez en suivant ces instructions jusqu.à ce que vous vous soyez éloigné des flammes.

16. Si vous êtes entouré de produits pétroliers non enflammés, conservez la tête le plus haut possible hors de l.eau pour empêcher tout contact de ces produits avec vos yeux. Attachez votre gilet de sauvetage à votre poignet et utilisez-le comme un radeau.

17. Avec un gilet de sauvetage, vous pourrez vous maintenir à la surface de l.eau durant une période indéfinie; vous devez, dans un tel cas, demeurer immobile et vous mettre en position fœtale (position HELP pour Heat Escaping Lessening Posture) pour conserver votre chaleur corporelle le plus longtemps possible. Le corps humain perd environ 50 pour cent de sa chaleur par la tête; c.est pourquoi il est important de garder la tête hors de l.eau. Les autres parties du corps responsables d.une perte de chaleur élevée sont le cou, les côtés et l.aine. La position fœtale, ou position en chien de fusil, est illustrée à la figure 16-3.

18. Vous devez procéder comme suit si vous êtes à bord d.un radeau :

a. Vérifier la condition physique de toutes les personnes à bord. Donner les premiers soins à celles qui en ont besoin, le cas échéant. Prendre des pilules contre le mal de mer, si vous en avez. Pour une efficacité maximale, laisser fondre cette pilule sous la langue. Les médicaments contre le mal de mer existent également sous forme d.injections et de suppositoires. Les vomissements, qu.ils soient attribuables au mal de mer ou à d.autres malaises, augmentent les risques de déshydratation.

NOTE

Si votre gilet de sauvetage n.est pas gonflé, conservez-le.

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Figure 16-3 : Position fœtale

b. Tenter de récupérer tous les éléments utiles qui flottent à la surface de l.eau . les vivres, les gourdes, les cruches isolantes et autres récipients; les vêtements; les coussins de siège; les parachutes; et toute autre chose pouvant vous être utile. Assujettir les éléments récupérés à l.intérieur ou à l.extérieur du radeau. Vérifier que ces éléments ne présentent aucune arête vive pouvant crever le radeau.

c. Si vous voyez d.autres radeaux à la mer, vous devez vous relier les uns aux autres, par des cordages, en laissant entre vous environ 7,5 m de distance. Vous devez vous tenir prêts à vous rapprocher si vous voyez ou entendez un avion. L.équipage de l.avion repérera plus facilement vos radeaux si vous dérivez à proximité les uns des autres.

d. N.oubliez pas qu.une opération de sauvetage en mer exige la collaboration de tous. Vous devez utiliser tous les dispositifs de signalisation visuels ou électroniques à votre portée pour indiquer votre présence et prendre contact avec les équipes de sauvetage. Vous pouvez, par exemple, fixer un drapeau ou un élément fait d.un matériau réfléchissant sur un aviron et le brandir aussi haut que possible pour attirer l.attention.

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Figure 16-4 : Gonflement d.un radeau 20 places

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Figure 16-5 : Ancre flottante

e. Repérer la radio de secours et la mettre en marche. Les instructions concernant son mode de fonctionnement figurent sur l.appareil. Utiliser l.émetteur-récepteur de secours seulement si vous croyez probable qu.un avion ami survole la région. f. Préparer les autres dispositifs de signalisation en vue d.une utilisation immédiate. En territoire ennemi, éviter d.utiliser un dispositif de signalisation qui alertera l.ennemi. Si toutefois vous êtes dans une situation désespérée, vous devrez peut-être signaler votre présence à l.ennemi pour réussir à survivre.

g. Examiner l.état du radeau pour savoir s.il est correctement gonflé et s.il y a des fuites ou des zones endommagées. Vérifier que les chambres de flottabilité principales sont fermement gonflées (bien arrondies) sans être trop tendues (figure 16-4). Vérifier le gonflement du radeau régulièrement. L.air prend de l.expansion sous l.effet de la chaleur; vous devez par conséquent laisser sortir une certaine quantité d.air par temps très chaud et en ajouter lorsque la température baisse.

h. Nettoyer soigneusement le radeau de façon à le débarrasser de tout combustible. Les produits pétroliers affaibliront les matériaux dont il est fabriqué et sépareront les surfaces réunies par des joints collés.

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Figure 16-6 : Réglage de l.ancre flottante

i. Jeter l.ancre flottante à la mer ou improviser une ancre de cape avec le caisson du radeau, l.écope ou un paquet de vêtements enroulés. Une ancre flottante aide à ne pas s.éloigner de l.endroit de l.accident, ce qui facilitera votre localisation par les équipes de sauvetage si vous avez transmis votre position. Sans ancre flottante, votre radeau peut dériver de plus de 160 km par jour, ce qui diminue vos chances d.être retrouvés. Vous pouvez ajuster l.ancre flottante de manière qu.elle agisse comme ancre de retenue pour ralentir votre progression sous l.action du courant ou comme un moyen de vous déplacer à la faveur du courant. Cet ajustement consiste à déployer ou à refermer le cône de l.ancre flottante. Entièrement déployée, l.ancre flottante (figure 16-5) agit telle une ancre de cape et vous maintient à faible distance de votre position initiale. Une fois refermée, l.ancre forme un cône qui oppose davantage de résistance au courant et fait avancer le radeau dans la même direction que ce courant.

j. Vous devez aussi régler l.ancre flottante de façon qu.elle se trouve au creux d.une vague lorsque le radeau est au sommet de la vague précédente (figure 16-6).

k. Enrouler un tissu autour du cordage de l.ancre flottante pour l.empêcher d.user le radeau par frottement. L.ancre contribue aussi à maintenir le radeau face au vent et aux vagues.

l. Par gros temps, installer rapidement le taud ou la tente, qui vous protégera aussi des embruns. Dans un radeau à 20 places, laisser la tente montée en tout temps. Essayer de garder votre radeau aussi sec que possible et de répartir uniformément le poids en tout temps. Tous les passagers doivent demeurer assis et les plus lourds doivent se regrouper au centre.

m. Évaluer calmement tous les aspects de la situation et déterminer ce que vous et vos compagnons devez faire pour assurer votre survie. Répertorier les réserves d.eau potable, la nourriture et les pièces d.équipement dont vous disposez ainsi que les articles normalement étanches à l.eau qui pourraient être altérés par l.eau salée. Font partie de ce groupe les boussoles, les montres, le sextant, les allumettes et les briquets. Rationner la nourriture et l.eau.

n. Attribuer une tâche à chacune des personnes à bord : par exemple la collecte de l.eau, l.approvisionnement en nourriture, la vigie, l.opération de la radio, l.écopage et la transmission de signaux.

o. Tenir un journal. Consigner la dernière position relevée par le navigateur, l.heure et la date de l.accident, le nom et la condition physique des membres d.équipage et le calendrier de rationnement. Noter aussi les vents, la température, la direction de la houle, l.heure du lever et du coucher du soleil, et divers autres paramètres de navigation.

p. Si vous vous retrouvez en eaux ennemies, vous devez prendre des mesures de

sécurité particulières pour ne pas être repérés, notamment ne pas vous déplacer durant le jour; mouiller l.ancre flottante et attendre la tombée du jour avant de

NOTE

La vigie doit être relevée par un autre passager toutes les deux heures. Garder en tête, et rappeler aux autres personnes à bord, que la coopération est un des principaux facteurs de réussite en situation de

ramer ou de hisser une voile; vous efforcer de diminuer votre hauteur dans le radeau et vous couvrir en exposant le côté bleu de la toile de camouflage. Vous devez vous assurer que le navire ou l.avion que vous apercevez est neutre ou ami avant d.attirer son attention. Si l.ennemi vous repère et s.apprête à vous faire prisonnier, vous devez aussitôt détruire le journal, la radio, le matériel de navigation, les cartes, les dispositifs de signalisation et les armes à feu. Sauter ensuite par-dessus bord et plonger sous l.eau si l.ennemi ouvre le feu.

q. Décider s.il vaut mieux rester sur place ou tenter de vous déplacer. Essayer de répondre aux questions qui suivent : « Quels paramètres ont été transmis avant l.accident?

Les équipes de sauvetage connaissent-elles votre position?

La connaissez-vous en ce moment?

La température est-elle favorable aux opérations

de recherche? Est-il probable que d.autres navires ou d.autres avions croisent à l.endroit où vous vous trouvez? Combien de jours vos rations d.eau et de nourriture vous permettront-elles de survivre? »

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Published by seth-survivalisme - dans Habitat
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 09:24

SECTION 7

ABRIS

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47. Le type d.abri que vous pouvez construire dépend de votre environnement et de l.équipement que vous transportez avec vous. On peut construire un abri aussi bien en région boisée ou en rase campagne que dans les zones nues. Ce sont les régions boisées qui se prêtent le mieux à la construction d.abris. Alors que les zones nues n.offrent qu.un seul matériau de construction, la neige, les régions boisées fournissent du bois de construction et du bois de chauffage et permettent de se dissimuler et de se protéger contre le vent.

48. Pour construire des abris de glace ou de neige, il faut généralement des outils comme une scie à glace ou un couteau à neige. Il faut aussi beaucoup de temps et d.énergie pour construire ce type d.abri. Veillez à la bonne ventilation des abris clos, en particulier si vous avez l.intention d.y faire un feu. Dans la mesure du possible, bloquez l.entrée de l.abri, de façon que la chaleur ne puisse s.en échapper ni le vent s.y engouffrer. Utilisez pour ce faire un sac à dos ou un bloc de neige. Ne construisez pas votre abri plus grand que nécessaire, vous réduirez ainsi l.espace à chauffer. Par temps froid, l.erreur fatale consiste à construire un abri si vaste qu.il favorise la déperdition plutôt que la conservation de la chaleur corporelle. Veillez à ce que la surface de l.abri soit restreinte.

49. Ne dormez jamais à même le sol. Étendez des branches de pin, de l.herbe ou une autre matière isolante sur le sol, pour l.empêcher d.absorber votre chaleur corporelle.

50. Éteignez toujours le poêle ou la lampe avant de vous endormir. La présence d.un feu qui se consume dans un abri non ventilé peut entraîner une intoxication par le monoxyde de carbone. Le monoxyde de carbone est un ennemi sournois. Il est incolore et inodore. Toute flamme nue peut produire du monoxyde de carbone. Vérifiez toujours que la ventilation est suffisante. Même dans un abri bien ventilé, il arrive qu.une combustion incomplète soit responsable d.une intoxication par le monoxyde de carbone. Généralement, la victime ne présente aucun symptôme. L.inconscience et la mort peuvent survenir sans avertissement. Il arrive toutefois, dans certains cas, que le sujet ressente une pression au niveau des tempes, ait une sensation de brûlure aux yeux, des maux de tête, un pouls fort, ou éprouve de la somnolence ou des nausées. Le seul signe visible d.une intoxication par le monoxyde de carbone est la coloration rouge cerise des tissus des lèvres, de la bouche et de l.intérieur des paupières. Si vous présentez l.un de ces symptômes, sortez immédiatement à l.air frais.

51. Il existe plusieurs types d.abris de fortune qui peuvent être construits ou utilisés rapidement. Beaucoup utilisent la neige en guise de matériau isolant.

NOTE

Dans les froids extrêmes, évitez d.utiliser des structures métalliques, par exemple le fuselage d.un avion, en guise d.abri. Le métal évacuerait à l.extérieur de l.abri le peu de chaleur que vous réussiriez à

CAVERNE CREUSÉE DANS LA NEIGE

52. La caverne creusée dans la neige (figure 15-4) est un excellent abri en raison des propriétés isolantes de la neige. Rappelez-vous que la construction de ce type d.abri demande du temps et de l.énergie, et risque de vous faire transpirer. Vous devez d.abord trouver un amoncellement de neige d.environ 3 m dans lequel vous pourrez creuser. Pendant la construction de l.abri, assurez-vous que le plafond est voûté, ce qui accroît sa résistance et facilite l.écoulement de la neige fondue le long des parois. La surface sur laquelle vous dormirez doit être surélevée par rapport à l.entrée. Faites en sorte qu.elle soit séparée des murs de la caverne ou creusez un petite tranchée entre la surface de couchage et le mur. Vous éviterez ainsi que la neige, en fondant, vous mouille ou mouille votre équipement. Il est particulièrement important de construire une surface de couchage s.il existe une bonne source de chaleur dans la caverne. Vérifiez que le toit est suffisamment élevé pour vous permettre de vous asseoir sur cette surface. Fermez l.entrée avec un bloc de neige ou d.autres matériaux et utilisez la surface plus basse de l.entrée pour préparer les repas. Les murs et le plafond doivent avoir au moins 30cm d.épaisseur. Installez un puits de ventilation. Si vous ne trouvez pas d.amoncellement de neige assez volumineux pour y creuser une caverne, vous pouvez avoir recours à une variante qui consiste à entasser de la neige jusqu.à formation d.une butte suffisamment grosse pour y creuser.

TRANCHÉE DANS LA NEIGE

53. Ce type de construction (figure 15-4) permet de trouver refuge en dessous du niveau de la neige et du vent et d.utiliser les propriétés isolantes de la neige. Si la neige est tassée là où vous vous trouvez, coupez des blocs de neige et faites-en une couverture. Si c.est impossible, utilisez un poncho ou un autre matériau. Ne prévoyez qu.une seule entrée et utilisez un bloc de neige ou un sac à dos en guise de porte.

ABRI COMPOSÉ DE BLOCS DE NEIGE ET D.UN PARACHUTE

54. Utilisez des blocs de neige pour construire les parois et un parachute en guise de couverture (figure 15-4). Si les chutes de neige sont abondantes, vous devrez déneiger régulièrement la couverture en toile de parachute pour l.empêcher de s.affaisser.

MAISON DE NEIGE OU IGLOO

55. Dans certaines régions, les autochtones ont souvent recours à ce type de construction (figure 15-4) comme abri de chasse et de pêche. C.est un bon abri, mais il faut un certain entraînement pour arriver à le construire. Il faut en outre se trouver dans une région où il est possible de couper des blocs de neige et avoir l.équipement voulu pour le faire (scie ou couteau à neige).

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Figure 15-4 : Maisons de neige

ABRI EN APPENTIS

56. La méthode de construction de cet abri est la même que dans les autres types d.environnement; il est toutefois recommandé d.entasser de la neige autour de l.abri pour mieux l.isoler (figure 15-5).

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Figure 15-5 : Abri en appentis fait de matériaux naturels

ABRI FORMÉ D.UN ARBRE TOMBÉ

57. Pour construire cet abri, trouvez un arbre tombé et creusez la neige qui se trouve dessous (figure 15-6). À cet endroit, la couche neigeuse ne sera pas épaisse. Si vous devez enlever des branches à .intérieur, utilisez-les pour tapisser le sol.

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Figure 15-6 : Abri formé d.un arbre tombé

ABRI CREUSÉ DANS LA NEIGE AU PIED D.UN ARBRE

58. Creusez la neige sous un gros arbre qui vous paraît convenable. La fosse devra être moins rofonde à proximité de la base de l.arbre. Utilisez les branches coupées pour tapisser l.abri et un tapis de sol comme couverture, de façon que la neige qui recouvre l.arbre ne tombe pas à l.intérieur de l.abri. Si l.abri est bien construit, vous pouvez avoir une visibilité de 360 degrés (figure 5-12, chapitre 5).

RADEAU DE SAUVETAGE POUR 20 PERSONNES

59. C.est le radeau de sauvetage standard qui se trouve à bord des appareils de l.Armée de l.air américaine dans les opérations de survol maritime. Vous pouvez vous en faire un abri. Toutefois, ne laissez pas de grandes quantités de neige s.accumuler sur la couverture. Installé en zone découverte, ce type d.abri peut en outre être facilement repéré par un aéronef survolant les lieux.

SECTION 8

FEU

60. Le feu est d.une importance cruciale par temps froid. Il permet non seulement de préparer les aliments, mais aussi de se tenir au chaud et de faire fondre la neige ou la glace pour obtenir de l.eau. C.est en outre une grande source de réconfort sur le plan psychologique, car il vous aide à envisager votre situation avec un peu plus de sérénité.

61. Utilisez les techniques décrites au chapitre 7 pour préparer et allumer votre feu. Si vous êtes en territoire ennemi, rappelez-vous que la fumée, l.odeur et la lumière dégagées par le feu risquent de révéler votre présence. La lumière est réfléchie par les arbres ou les rochers environnants, aussi même une lumière indirecte est-elle source de danger. Par temps froid et calme, la fumée s.élève en général verticalement, ce qui en fait une véritable balise pendant le jour; la nuit, toutefois, l.odeur de la fumée est moins perceptible. Lorsque le temps est plus doux, en particulier en région boisée, la fumée rampe généralement sur le sol; elle est donc moins visible pendant le jour, mais son odeur se propage plus facilement.

62. Si vous vous trouvez en territoire ennemi, coupez les branches maîtresses les plus basses d.un arbre, plutôt que l.arbre en entier, pour obtenir du bois de chauffage. Les arbres tombés sont faciles à repérer du haut des airs.

63. Tous les types de bois sont combustibles, mais certains font plus de fumée que d.autres. Les conifères, par exemple, qui renferment de la résine et du goudron, produisent une fumée plus abondante et plus foncée que les arbres à feuilles caduques.

64. Dans les hautes régions montagneuses de l.Arctique, les matériaux pouvant servir de combustibles sont rares. Vous trouverez peut-être de l.herbe et de la mousse, mais très peu. La quantité de combustible disponible augmente à mesure que l.altitude diminue. Vous trouverez peut-être des saules arbustifs et de petites épinettes rabougries au-delà de la limite des arbres. Sur la glace de mer, il semble n.y avoir pas le moindre combustible. Le bois flotté ou les corps gras pourraient être les seuls combustibles à la portée d.un survivant sur les côtes dénudées des régions arctique et subarctique.

65. Voici les combustibles qui sont abondants dans la zone de végétation :

a. On trouve facilement des épinettes dans les régions intérieures. Comme l.épinette est un conifère, elle dégage beaucoup de fumée lorsqu.elle brûle au printemps et en été. Toutefois, elle dégage très peu de fumée vers la fin de l.automne et en hiver.

b. Le mélèze laricin est lui aussi un conifère. Dans la famille du pin, il est le seul à perdre ses aiguilles en automne. On risque alors de le confondre avec une épinette morte, mais ses branches dénudées sont porteuses de nombreux bourgeons et cônes. Le bois du mélèze laricin fait beaucoup de fumée lorsqu.il

brûle, il est donc idéal à des fins de signalisation.

c. Les bouleaux sont des arbres à feuilles caduques qui se consument rapidement et produisent beaucoup de chaleur, comme s.ils étaient imbibés d.huile ou de pétrole. Les bouleaux poussent généralement à proximité des cours d.eau et des lacs, mais on en trouve parfois en petit nombre en terrain plus élevé et à distance de l.eau.

d. Le saule et l.aulne poussent dans les régions arctiques, habituellement dans les zones marécageuses ou à proximité des cours d.eau et des lacs. Leur bois brûle rapidement et produit beaucoup de chaleur, mais peu de fumée.

66. La mousse séchée, l.herbe et le saule arbustif sont d.autres matériaux qui peuvent servir de combustibles. On en trouve habituellement en abondance dans la toundra (plaine rase dépourvue d.arbres), à proximité des cours d.eau. Il est possible de ralentir la combustion et d.accroître l.efficacité du combustible en réunissant ensemble ou en tordant les herbes ou d.autres types de végétation arbustive, de manière à former une grosse masse solide.

67. Si vous avez à votre disposition du carburant ou de l.huile provenant d.un véhicule ou d.un avion accidenté, utilisez-les comme combustibles. Laissez le carburant entreposé dans le réservoir, et ne retirez la quantité dont vous avez besoin qu.au fur et à mesure. L.huile congèle à des températures extrêmement basses, il est donc recommandé de l.extraire du véhicule ou de l.aéronef pendant qu.elle est encore chaude, à la condition qu.il n.y ait aucun risque d.explosion ou d.incendie. Si vous n.avez aucun contenant, laissez l.huile se vidanger sur la neige ou la glace. Recueillez-la ensuite au gré de vos besoins.

MISE EN GARDE

Par temps très froid, il faut éviter de mettre la peau en contact avec du pétrole, de l.huile ou des lubrifiants. L.état liquide de ces produits est trompeur, car ils peuvent provoquer des gelures.

68. Il est facile de faire brûler avec une allumette certains produits à base de plastique, comme les cuillers pour repas individuels, les visières de casques, le logement des visières et le caoutchouc mousse alvéolé. Ces produits brûleront aussi pendant suffisamment longtemps pour aider à allumer un feu. Une cuillère en plastique, par exemple, mettra environ 10 minutes à se consumer.

69. Dans les régions très froides, il n.est pas sans danger d.utiliser un feu, que ce soit pour se réchauffer ou pour cuire les aliments. Ainsi :

a. Il arrive que le feu se consume sous la surface du sol pour refaire surface dans les environs. Il est donc déconseillé d.allumer un feu trop près d.un abri.

b. Dans les abris de neige, la chaleur excessive fera fondre la couche isolante de neige qui peut également vous servir de camouflage.

c. Il y a risque d.intoxication par le monoxyde de carbone si l.on allume un feu à l.intérieur d.un abri mal ventilé.

d. Une personne désireuse de se réchauffer ou de sécher ses vêtements risque de se montrer imprudente et de brûler ou de roussir ses vêtements ou son équipement.

e. En fondant, la neige qui sert de couverture risque de vous mouiller, de vous enterrer, vous et votre équipement, et éventuellement d.éteindre le feu.

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Figure 15-7 : Feu/poêle pour cuire les aliments

70. Règle générale, il convient d.utiliser un certain type de poêle et un petit feu pour cuire les aliments. Le poêle de fortune de la figure 15-7 convient tout particulièrement dans l.Arctique. Il est facile à fabriquer, au moyen d.une boîte en fer blanc, et il aide à conserver le combustible. La chaleur dégagée par un lit de braises brûlantes est idéale pour la cuisson des aliments. Pour que les braises se disposent de façon uniforme, il faut entrecroiser le bois de chauffage. Une simple perche appuyée sur un bâton à extrémité fourchue permet aussi de maintenir un contenant à cuisson au-dessus d.un feu.

71. Une chandelle fournit à elle seule suffisamment de chaleur pour réchauffer un abri clos. En territoire ennemi, un petit feu de la taille d.une main d.homme convient parfaitement. Il demande très peu de combustible, mais produit énormément de chaleur et est suffisamment chaud pour réchauffer des liquides.

SECTION 9

EAU

72. Les sources d.eau sont abondantes dans les régions arctiques et subarctiques. La provenance de l.eau et la façon de l.obtenir varient selon l.endroit et la saison de l.année.

73. Dans les régions arctique et subarctique, les sources d.eau sont plus salubres qu.ailleurs en raison des conditions climatiques et environnementales. Il est cependant recommandé de toujours purifier l.eau avant de la consommer. Pendant les mois d.été, les lacs d.eau douce, les ruisseaux, les étangs, les rivières et les sources sont autant de sources naturelles d.eau. L.hiver, l.eau des étangs et des lacs peut être un peu stagnante, mais elle est tout de même utilisable. Les eaux courantes des ruisseaux, des rivières et des sources bouillonnantes sont généralement potables.

74. L.eau de surface brunâtre que l.on trouve dans la toundra en été est une autre bonne source d.approvisionnement. Il peut toutefois s.avérer nécessaire de filtrer l.eau avant de la purifier.

75. Pour obtenir de l.eau, vous pouvez faire fondre de la glace d.eau douce et de la neige. Attendez toutefois qu.elles soient complètement fondues avant de les porter à la bouche. En tentant de faire fondre dans votre bouche la glace ou la neige, vous risqueriez de perdre votre chaleur corporelle et de subir des lésions internes dues au froid. En mer, si vous vous trouvez à proximité de la banquise, vous pouvez faire fondre cette ancienne eau de mer pour obtenir de l.eau. En effet, la salinité de la glace de mer diminue avec le temps. Ce type de glace est reconnaissable à ses coins arrondis et sa couleur bleuâtre.

76. Vous pouvez avoir recours à votre chaleur corporelle pour faire fondre la neige. Mettez la neige dans un sac à eau que vous installerez entre vos couches de vêtements. C.est un procédé qui prend du temps, mais auquel on peut avoir recours lors des déplacements ou en l.absence de feu.

77. Si vous pouvez faire fondre de la glace ou de la neige, choisissez de préférence la glace. Une tasse de glace donne plus d.eau qu.une tasse de neige. La glace fond en outre plus vite que la neige. Vous pouvez faire fondre la glace ou la neige dans un sac à eau, un sac à ration individuelle, une boîte en fer blanc ou un récipient improvisé placés à proximité d.un feu. Mettez d.abord une petite quantité de glace ou de neige dans le contenant, puis ajoutez-en à mesure que la glace ou la neige fond.

78. On peut également mettre de la glace ou de la neige dans un sac en matière poreuse suspendu près d.un feu. Il faut alors installer un récipient sous le sac pour recueillir l.eau. 79. Par temps froid, ne buvez pas trop de liquides avant d.aller au lit. Vous vous exposerez davantage au froid et dormirez moins bien si vous devez vous extraire de votre sac de couchage bien chaud en pleine nuit pour aller uriner.

80. Une fois que vous aurez réussi à vous procurer de l.eau, gardez-la près de vous pour éviter qu.elle ne congèle de nouveau. Évitez en outre de remplir votre gourde à ras bords. L.eau gèlera moins facilement si elle peut ballotter dans le contenant.

SECTION 10

NOURRITURE

81. Il y a plusieurs sources de nourriture dans les régions arctique et subarctique. Encore une fois, la nature de ces aliments . poisson, animal, oiseau ou plante . et la facilité avec laquelle on peut se les procurer dépendent de la période de l.année et de l.endroit où l.on se trouve.

POISSONS

82. Pendant les moins d.été, on trouve facilement du poisson et d.autres formes de vie aquatique dans les eaux côtières, les cours d.eau et les lacs. Utilisez les techniques décrites au chapitre 8 pour attraper du poisson.

83. Les eaux côtières de l.Atlantique Nord et du Pacifique Nord sont riches en poissons et fruits de mer. On trouve facilement des crevettes, des buccins, des palourdes, des huîtres et des crabes. Dans les régions où l.amplitude de la marée est très marquée, les crustacés et les coquillages sont abondants à marée basse. Creusez le sable des battures. Examinez les cuvettes de marée et les récifs du littoral. Dans les zones où l.amplitude de la marée est minime, il arrive souvent que la tempête rejette des crustacés et des coquillages sur la grève.

84. Les oeufs de l.oursin, qui vit dans les eaux entourant les îles Aléoutiennes et le sud de l.Alaska, sont d.excellents aliments. Recherchez les oursins dans les cuvettes de marée. Pour briser la coquille, placez-la entre deux pierres. Les oeufs sont d.un jaune vif.

85. Les poissons et les .ufs de poissons des eaux du Nord sont pour la plupart comestibles. La chair du requin du Groenland et les .ufs des chabots font exception.

NOTE

Ne gaspillez pas du combustible pour faire fondre de la glace ou de la neige lorsqu.il est possible d.obtenir de l.eau potable d.autres sources.

86. Les bivalves, comme les palourdes et les moules, ont généralement un goût plus agréable que les coquillages ressemblant à des escargots, comme les bigorneaux et les buccins.

87. L.holoturie (ou concombre de mer) est un autre animal marin comestible. À l.intérieur de son corps, cinq longs muscles blancs ont un goût qui rappelle celui de la palourde.

88. Au début de l.été, l.éperlan fraye dans la zone de déferlement. Il est si abondant qu.on peut parfois le récolter avec les mains.

89. Au milieu de l.été, on trouve souvent des .ufs de hareng sur les algues. Les longues algues brunes en forme de rubans appelées laminaires et d.autres algues de plus petite taille qui poussent parmi les rochers du littoral sont également comestibles.

ANIMAUX DE LA BANQUISE

90. L.ours polaire est présent dans pratiquement toutes les régions côtières arctiques, mais rarement à l.intérieur des terres. Évitez-le autant que possible, car c.est le plus dangereux des ours. C.est un chasseur adroit et infatigable, doté d.une bonne vision et d.un odorat exceptionnel. Si vous devez tuer un ours polaire pour vous nourrir, approchez-le avec prudence. Visez le cerveau; logée ailleurs, il est rare que la balle tue l.animal. Il faut toujours cuire la viande d.ours polaire avant de la consommer.

91. La viande de phoque est l.une des meilleures viandes disponibles. Vous devrez toutefois faire preuve d.une habileté remarquable pour vous approcher d.un phoque assez près pour le tuer. Au printemps, les phoques lézardent souvent sur la glace à proximité de leur trou d.air. Ils lèvent cependant la tête toutes les 30 secondes environ, guettant leur ennemi, l.ours polaire.

92. Pour approcher un phoque, procédez comme les Inuits : tenez-vous à distance sous le vent, puis approchez-vous prudemment pendant qu.il dort. S.il bouge, arrêtez-vous et imitez les mouvements du phoque en vous étendant à plat sur la glace et en bougeant la tête de haut en bas tout en agitant légèrement le corps. Approchez-vous du phoque en vous présentant de profil et en gardant les bras collés contre le corps de façon à ressembler le plus possible à un phoque. À proximité du trou d.air, la glace est généralement lisse et inclinée, aussi le phoque risque-t-il de glisser à l.eau au moindre mouvement. Essayez donc de vous approcher à une distance de 22 à

MISE EN GARDE

La moule noire, mollusque courant dans le Grand Nord, pourrait être toxique en toute saison. Les toxines que l.on trouve parfois dans les tissus de cette moule sont aussi dangereuses que la strychnine.

MISE EN GARDE

Ne mangez jamais le foie de l.ours polaire, car il contient de la vitamine A en concentration toxique. 45 m du phoque et de le tuer instantanément (visez le cerveau). Tentez ensuite d.atteindre le phoque avant qu.il ne glisse dans l.eau. En hiver, un phoque mort flottera généralement à la surface de l.eau, mais il est difficile de l.en retirer.

93. Évitez que la graisse et la peau du phoque n.entrent en contact avec une écorchure ou une lésion cutanée. Vous risqueriez de souffrir du « doigt du chasseur de phoque », réaction caractérisée par un .dème important des mains.

94. Rappelez-vous que là où il y a des phoques, il y a habituellement des ours polaires et qu.il est déjà arrivé que ces derniers poursuivent et tuent des chasseurs de phoques.

95. On trouve des porcs-épics dans les régions subarctiques méridionales, là où il y a des arbres. Les porcs-épics se nourrissent d.écorce; si vous trouvez des troncs d.arbre dont l.écorce a été arrachée, il y a probablement des porcs-épics dans les environs.

96. Les lagopèdes, les hiboux et chouettes, les geais du Canada, les tétras et les corbeaux sont les seuls oiseaux qui demeurent dans l.Arctique pendant l.hiver. Ils sont rares au nord de la limite des arbres. Les lagopèdes, les hiboux et les chouettes sont aussi bons à manger que les autres gibiers à plumes. Les corbeaux sont trop maigres pour qu.il vaille la peine de les attraper. Les lagopèdes, qui changent de couleur selon l.environnement, sont difficiles à repérer. Les lagopèdes des rochers se déplacent par paires, et il est facile de s.en approcher. Les lagopèdes des saules vivent parmi les bouquets de saules dans les terres basses. Ils se regroupent en larges bandes, et on peut facilement les prendre au piège. Pendant les mois d.été, tous les oiseaux de l.Arctique ont une période de mue pendant laquelle ils sont incapables de voler et sont faciles à attraper. Utilisez l.une des techniques décrites au chapitre 8 pour les attraper.

97. Il est recommandé de dépouiller et de dépecer le gibier pendant qu.il est encore chaud. Si vous n.avez pas le temps de dépouiller le gibier, retirez-en au moins les entrailles, les glandes à musc et les organes génitaux avant de le conserver. Si le temps le permet, coupez la viande en portions utilisables que vous congèlerez séparément de façon à pouvoir prélever la quantité dont vous aurez besoin. N.enlevez jamais la graisse des animaux, sauf dans le cas du phoque. Pendant l.hiver, le gibier gèle très rapidement s.il est laissé à l.extérieur. Pendant l.été, vous pouvez le conserver dans un trou creusé dans la glace souterraine.

PLANTES

98. Bien que les plantes poussent en grand nombre dans la toundra pendant les mois d.été, elles sont toutes de petite taille comparativement à celles des climats plus chauds. Le saule et le bouleau de l.Arctique, par exemple, sont des arbustes plutôt que des arbres. On trouvera ci-après une liste de certaines des plantes alimentaires que l.on peut trouver dans les régions arctique et subarctique (se reporter à l.annexe B pour une description de ces plantes).

PLANTES ALIMENTAIRES DE L.ARCTIQUE

• ronce arctique

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• saule arctique

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• raisin d.ours

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• canneberge (commune)

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• camarine (noire)

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• pissenlit

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• claytonie

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• épilobe (à feuilles étroites)

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• lichen d.Islande

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• populage (des marais)

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• lichen du caribou

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• lichen tripe-de-roche

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• nénuphar

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Figure 15-8 : Plantes ailimentaires de l.Arctique

99. Certaines plantes qui poussent dans les régions arctique et subarctique sont toxiques (voir l.annexe C). Ne consommez que les plantes que vous savez comestibles. Dans le doute, ayez recours au Test universel de comestibilité, décrit au chapitre 9, figure 9-5.

SECTION 11

DÉPLACEMENTS

100. À titre de survivant ou de fugitif dans une région arctique ou subarctique, vous ferez face à de nombreux obstacles. L.endroit où vous vous trouverez et l.époque de l.année détermineront la nature de ces obstacles et les dangers inhérents à ceux-ci. Dans vos déplacements, respectez les règles suivantes :

a. Évitez de vous déplacer pendant un blizzard.

b. Soyez prudent lorsque vous vous engagez sur une mince couche de glace. Allongez-vous sur le sol pour répartir votre poids et rampez.

c. Traversez les cours d.eau lorsque le niveau de l.eau est au plus bas. Sous l.action normale du gel et du dégel, le niveau d.un cours d.eau peut varier de 2 à 2,5 m par jour. Cette variation peut se produire à tout moment de la journée, selon la distance qui sépare le cours d.eau d.un glacier, la température et le type de terrain.

Tenez compte de ce facteur lorsque vous décidez de bivouaquer près d.un cours d.eau.

d. L.air limpide de l.Arctique rend difficile l.évaluation des distances; le plus souvent, on sous-évalue les distances plutôt que l.inverse.

e. Ne vous déplacez pas dans des conditions de « voile blanc ». L.absence de teintes contrastantes ne permet pas d.évaluer la nature du terrain.

f. Traversez toujours les ponts de neige perpendiculairement à l.obstacle qu.ils enjambent. Vérifiez la solidité du pont en piquant la neige devant vous du bout d.un bâton ou en vous servant d.un piolet. Répartissez votre poids en rampant ou en portant des raquettes ou des skis.

g. Bivouaquez tôt afin d.avoir tout le temps voulu pour bâtir un abri.

h. Pensez que les rivières gelées ou non sont des voies de déplacement. Il arrive toutefois que dans certaines rivières apparemment gelées, la glace soit molle ou absente par endroits, ce qui rend très difficiles, voire impossibles, les déplacements à pied, en ski ou en traîneau.

i. Portez des raquettes si le sol est recouvert de neige. Il est difficile de se déplacer dans 30 cm de neige ou plus. Si vous n.avez pas de raquettes, fabriquez-vous en une paire avec du bois de saule, des bandes de tissu, du cuir ou tout autre matériau approprié.

101. Il est presque impossible de se déplacer sans raquettes ou sans skis lorsque la neige est profonde. Lorsque vous allez à pied, vous laissez des traces bien nettes pour tout poursuivant. Si vous devez marcher dans une épaisse couche de neige, évitez les cours d.eau : la neige, par son action isolante, pourrait avoir empêché l.eau de geler. Sur un terrain accidenté, évitez les endroits qui présentent des risques d.avalanche. Lorsque vous traversez une telle région, faites le tôt le matin. Sur les arêtes, la neige s.accumule du côté sous le vent formant des saillies appelées corniches. Ces corniches dépassent souvent de beaucoup l.arête; elles peuvent s.effondrer lorsqu.on y met le pied.

SECTION 12

LA MÉTÉO

102. Plusieurs signes permettent de prédire les changements météorologiques.

VENT

103. Pour connaître la direction du vent, laissez tomber quelques feuilles ou des brins d.herbe, ou observez la cime des arbres. La direction du vent vous permet de prédire le type de temps qu.il fera bientôt. Des sautes de vent indiquent une instabilité atmosphérique et un changement probable du temps.

NUAGES

104. Les nuages prennent des formes et des aspects qui varient. Une connaissance générale des nuages et des conditions atmosphériques qui leur sont associées peut vous aider à prédire le temps. Voir .annexe G à ce sujet.

ÉLÉVATION DE LA FUMÉE

105. Une fumée qui s.élève en une mince colonne est annonciatrice de beau temps, alors qu.une fumée qui s.élève à peine ou qui « s.aplatit » est signe de mauvais temps.

OISEAUX ET INSECTES

106. Les oiseaux et les insectes volent plus près du sol lorsque l.air est lourd et chargé d.humidité, c.est alors signe qu.il y a risque de pluie. La plupart des insectes deviennent plus actifs avant une tempête, mais chez les abeilles, un regain d.activité annonce le retour du beau temps.

ZONE DE BASSE PRESSION

107. Des vents imperceptibles ou qui se déplacent lentement et un air lourd et humide signalent souvent une zone de basse pression (dépression). Ce phénomène annonce du mauvais temps qui durera probablement plusieurs jours. On peut « entendre » et « sentir » une dépression. L.air humide et immobile accentue davantage les odeurs de la nature que des conditions de haute pression. Les sons sont également plus nets; ils se déplacent plus loin dans des conditions de basse pression que dans des conditions de haute pression.

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Published by seth-survivalisme - dans Habitat
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 07:42

CHAPITRE 15

SURVIE PAR TEMPS FROID

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1. La survie par temps froid est l.un des défis les plus difficiles à relever. Rappelez-vous que le froid peut être un adversaire aussi redoutable qu.un soldat ennemi. Chaque fois que vous vous aventurez au froid, vous devez vous mesurer aux éléments. Mais une connaissance élémentaire de l.environnement, une bonne planification et un équipement adéquat peuvent vous permettre d.avoir le dessus. L.absence d.un ou de plusieurs de ces facteurs compromettra d.autant la survie. N.oubliez pas que la température hivernale est extrêmement variable. Préparez-vous à faire face au blizzard même par temps clair et ensoleillé.

2. Le froid menace bien davantage la survie qu.on ne pourrait le croire. Il altère la capacité de réflexion et la volonté d.agir du sujet, qui n.a plus qu.une idée en tête, se réchauffer. Le froid est un ennemi sournois; comme il engourdit le corps et l.esprit, il affaiblit la volonté de survivre. Au froid, on perd facilement de vue son objectif ultime : survivre.

SECTION 1

RÉGIONS ET LIEUX FROIDS

3. Les régions froides comprennent les zones arctique et subarctique et leurs zones limitrophes. Environ 48 % de la masse continentale totale de l.hémisphère boréal peut être considérée comme appartenant à une région froide, en raison de l.influence déterminante de la température de l.air. Les courants océaniques contribuent au refroidissement de la température et, sous leur influence, de vastes régions appartenant normalement à la zone tempérée peuvent se retrouver en zone froide pendant la période hivernale. L.altitude est un autre facteur déterminant qui doit être pris en considération dans la définition des régions froides.

4. Dans ces régions, on distingue deux types d.environnement froid : le froid humide et le froid sec. La connaissance de l.environnement auquel appartient votre zone d.opérations influera sur la planification et l.exécution d.une opération par temps froid.

FROID HUMIDE

5. Lorsque la température moyenne est égale ou supérieure à -10 ºC au cours d.une période de 24 heures, on est en présence d.un froid humide. Cette condition climatique est caractérisée par un gel pendant les heures les plus froides de la nuit et un dégel pendant le jour. Les températures sont alors plus élevées, mais le terrain est généralement très mou en raison de la présence de neige mouillée et de boue. Il importe alors de vous protéger contre l.humidité du sol et contre la pluie verglaçante et la neige mouillée.

FROID SEC

6. On est en présence d.un froid sec lorsque la température moyenne demeure en-dessous de -10 oC au cours d.une période de 24 heures. Même si, dans cet environnement, la température est de beaucoup inférieure à la normale, il n.est pas nécessaire de lutter contre le gel et le dégel. Dans ces conditions, vous devez augmenter le nombre de couches intérieures de vêtements pour vous protéger contre des températures pouvant descendre aussi bas que .60 ºC. Lorsqu.en plus il vente, la situation devient extrêmement dangereuse.

SECTION 2

REFROIDISSEMENT ÉOLIEN

7. Dans les régions froides, le refroidissement éolien contribue à accroître le danger. On entend, par refroidissement éolien, l.effet de l.air en mouvement sur la peau exposée. Par exemple, une température de -10 ºC conjuguée à un vent de 27,8 km/h (15 n.uds) équivaudrait, en tenant compte du refroidissement éolien, à une température de -23 ºC. À la figure 15-1, on trouve les facteurs de refroidissement éolien pour différentes températures et vitesses du vent.

8. Il ne faut pas oublier que l.on est exposé à un déplacement d.air analogue au vent si l.on fait du ski, on court, on se laisse traîner sur des skis par un véhicule ou on travaille à proximité d.un aéronef produisant un souffle aérodynamique.

SECTION 3

PRINCIPES DE BASE DE LA SURVIE PAR TEMPS FROID

9. Il est plus difficile dans un environnement froid que dans un environnement chaud de combler vos besoins de base, c.est-à-dire trouver de l.eau, de la nourriture et un abri. Même si ces besoins sont comblés, vous devez également porter des vêtements conférant une bonne protection et avoir la volonté de survivre. Cette volonté de survivre est aussi importante que la satisfaction des besoins de base. Il est arrivé, dans le passé, que des individus ayant la formation et l.équipement voulus n.aient pas réussi à survivre par temps froid parce que cette volonté leur faisait défaut. En revanche, d.autres personnes dont la formation et l.équipement laissaient davantage à désirer s.en sont tirées grâce à leur détermination.

10. L.U.S. Army offre aujourd.hui un vaste éventail de pièces d.équipement et de vêtements destinés aux températures rigoureuses. Les unités spécialisées peuvent avoir accès à des produits nouveaux et légers, comme les sous-vêtements en polypropylène, les vêtements d.extérieur et les bottes en GORE-TEX et d.autre équipement spécial. Rappelez-vous toutefois que vos anciens vêtements vous garderont au chaud si vous respectez certaines règles de protection contre le froid. Si vous disposez de vêtements composés des plus récentes fibres, portez-les, mais si tel n.est pas le cas, veillez à ce que tous vos vêtements soient entièrement composés de laine, à l.exception peut-être d.un coupe-vent.

11. Vous devez non seulement porter suffisamment de vêtements pour vous protéger contre le froid, mais également savoir comment tirer profit au maximum de la chaleur qu.ils vous procurent. Par exemple, veillez à avoir la tête couverte en tout temps. Entre 40 et 45 % de la chaleur corporelle peut être éliminée par la tête lorsque celle-ci est exposée, et ces pertes sont encore plus importantes lorsque le cou, les poignets et les chevilles ne sont pas couverts. Ces régions du corps sont d.excellents radiateurs de chaleur et ne sont guère protégées par une couche de graisse isolante. Le cerveau est très sensible au froid et ne peut supporter qu.un très faible refroidissement. Étant donné que la tête est très irriguée par les vaisseaux sanguins, dont la plupart sont superficiels, vous risquez de perdre facilement de la chaleur si vous ne portez pas de couvre-chef.

 

 

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Figure 15-1 : Tableau de l.indice de refroidissement éolien

12. Voici les quatre principes de base à respecter pour demeurer au chaud :

a. Porter des vêtements propres.

b. Éviter d.avoir trop chaud.

c. Porter plusieurs épaisseurs de vêtements amples.

d. Garder les vêtements secs.

13. Porter des vêtements propres. C.est un principe important en tout temps pour des raisons d.hygiène et de confort, mais particulièrement en hiver, sur le plan thermique. Des vêtements encrassés et souillés de graisse perdent leurs propriétés isolantes. La chaleur corporelle s.échappe en effet plus facilement à travers des vêtements dont les poches d.air sont écrasées ou obstruées.

14. Éviter d.avoir trop chaud. Quand on a trop chaud, on transpire, et les vêtements absorbent l.humidité. On perd ainsi de la chaleur de deux façons : l.humidité diminue les propriétés isolantes des vêtements, et l.évaporation de la transpiration entraîne un refroidissement du corps. Modifiez votre habillement de manière à ne pas transpirer. Pour ce faire, entrouvrez votre parka ou votre veste, enlevez une couche de vêtements intérieurs, vos grosses mitaines ou le capuchon de votre parka, ou encore changez de couvre-chef. Le rafraîchissement de la tête et des mains suffit pour dissiper le surplus de chaleur.

15. Porter plusieurs épaisseurs de vêtements amples. Le port de vêtements et de chaussures serrés entrave la circulation sanguine et favorise les lésions dues au froid. Le volume d.air emprisonné entre les couches de vêtements se trouve en outre réduit, de même que ses propriétés isolantes. Il est préférable de porter plusieurs couches de vêtements légers plutôt qu.une seule couche épaisse de vêtements, car l.air emprisonné entre les couches accroît l.isolation. De plus, on peut ainsi enlever ou ajouter des vêtements au besoin pour éviter d.avoir trop chaud ou pour se réchauffer.

16. Garder les vêtements secs. Par temps froid, les couches intérieures de vêtements peuvent devenir trempées de transpiration, tandis que la couche extérieure, si elle n.est pas imperméable, peut être mouillée par la neige et le givre fondus par la chaleur corporelle. Il est préférable que le revêtement extérieur des vêtements soit imperméable. Dans la mesure du possible, portez des vêtements extérieurs imperméables qui vous permettent de rester au sec, malgré la neige et le givre. Avant d.entrer dans un abri chauffé, brossez vos vêtements pour en enlever la neige et le givre. Malgré toutes les précautions, il n.est pas toujours possible d.éviter d.être mouillé, et il pourrait alors être difficile de faire sécher vos vêtements. Pendant vos déplacements, accrochez vos mitaines et vos chaussettes mouillées à votre sac à dos. Le vent et le soleil réussiront parfois à les faire sécher malgré le froid. Vous pouvez aussi placer vos mitaines et vos chaussettes humides, dépliées, près de votre corps pour qu.elles sèchent à son contact. Au campement, on peut pendre les vêtements humides à l.intérieur de l.abri, à proximité du plafond, en utilisant une corde à linge ou des supports improvisés. Il est également possible de faire sécher chaque vêtement en le tenant près d.un feu à ciel ouvert. Les vêtements de cuir doivent sécher lentement. S.il n.existe pas d.autre façon de sécher vos bottes, placez-les entre l.étoffe extérieure et la doublure de votre sac de couchage. La chaleur de votre corps aidera à sécher le cuir.

17. Un épais sac de couchage en duvet est un élément essentiel de l.équipement de survie par temps froid. Veuillez à ce que le duvet demeure sec, car il perd beaucoup de ses propriétés isolantes s.il est mouillé. En l.absence d.un sac de couchage, on peut en improviser un à partir de tissu de parachute ou d.un autre tissu semblable et de matériaux naturels secs, comme des feuilles, des aiguilles de pin ou de la mousse. Placez les matériaux secs entre deux couches du tissu.

18. Voici d.autres éléments essentiels à la survie : un couteau, des allumettes imperméables dans un contenant étanche muni, de préférence, d.un silex, un compas solide, une carte, une montre, un tapis de sol et une couverture imperméables, une lampe de poche, des jumelles, des verres fumés, des rations d.urgence riches en matières grasses, des outils pour la cueillette de nourriture et des signaux d.urgence.

19. Rappelez-vous qu.un environnement glacial peut être impitoyable et choisissez avec soin le bon équipement de survie. Si vous avez des doutes concernant l.efficacité d.une pièce d.équipement que vous n.avez jamais utilisée, essayez-la d.abord dans un milieu contrôlé avant de partir à l.aventure. Après avoir choisi les outils essentiels à votre survie, ayez soin de ne pas les perdre dans un environnement de froid extrême.

SECTION 4

HYGIÈNE

20. Même s.il est difficile et désagréable de se laver par temps froid, il ne faut pas négliger de le faire. Une bonne hygiène prévient des problèmes cutanés qui pourraient s.aggraver.

21. Il est parfois possible de prendre un bain de neige. Prenez une poignée de neige et lavez vous aux endroits où la sueur et l.humidité s.accumulent, soit sous les aisselles et entre les jambes, puis essuyez-vous. Dans la mesure du possible, lavez-vous les pieds chaque jour et enfilez des chaussettes propres et sèches. Changez de sous-vêtements au moins deux fois par semaine. Si vous ne pouvez laver vos sous-vêtements, enlevez-les, secouez-les et aérez-les pendant une heure ou deux.

22. Lorsque vous logez dans un abri qui a déjà servi, inspectez votre corps et vos vêtements chaque soir à la recherche de poux et, en cas d.infestation, utilisez de la poudre insecticide, si vous en avez. Sinon, pendez vos vêtements au froid, puis battez-les et brossez-les. Vous éliminerez ainsi les poux, mais pas les lentes.

23. Si vous vous rasez, faites-le le soir, afin de donner à la peau le temps de se rétablir avant de l.exposer aux éléments.

SECTION 5

CONSIDÉRATIONS MÉDICALES

24. La température centrale corporelle d.un sujet en bonne santé demeure assez stable, soit à 37 °C (98,6 °F). Étant donné que la tête et les membres sont moins protégés par du tissu adipeux que le tronc, leur température varie et peut demeurer inférieure à la température centrale.

25. Votre corps dispose d.un mécanisme de contrôle qui lui permet de maintenir sa température constante malgré les variations de la température extérieure. Trois facteurs modifient cet équilibre thermique : la production de chaleur, la perte de chaleur et l.évaporation. C.est la différence entre la température du corps et celle de l.environnement qui détermine la production de chaleur. Le corps dissipe plus facilement la chaleur qu.il ne la produit. La transpiration aide à maintenir une température constante. Une abondante transpiration permet d.éliminer au fur et à mesure la chaleur produite par un effort physique intense.

26. Le corps produit de la chaleur quand il frissonne. Ce phénomène provoque aussi une fatigue qui finit par faire chuter la température corporelle. La circulation de l.air autour du corps a un effet sur la perte de chaleur. On a déjà calculé qu.un homme nu exposé à de l.air immobile à une température d.environ 0 °C peut maintenir sa température corporelle constante s.il frissonne autant qu.il le peut. Mais il ne peut frissonner indéfiniment.

27. On sait en outre qu.un homme au repos portant le maximum de vêtements conçus pour le climat arctique peut maintenir sa température interne constante à des températures bien en deçà du point de congélation. Pour résister longtemps à des conditions de froid extrême, il devra toutefois se mettre à bouger ou à frissonner.

SECTION 6

TROUBLES DUS AU FROID

28. Il importe avant tout de prendre les mesures voulues pour prévenir les blessures et les maladies. Toutefois, si ces efforts ont échoué, il faut traiter toute blessure ou maladie dès son apparition afin d.éviter qu.elle ne s.aggrave. Pour se garder en bonne santé, il faut savoir reconnaître les signes et les symptômes des troubles dus au froid et avoir recours au système de binôme. Voici les troubles dus au froid dont vous pouvez être atteint.

L.HYPOTHERMIE

29. Il y a hypothermie lorsque le corps perd de la chaleur à un rythme plus rapide qu.il n.en génère, ce qui entraîne un abaissement de la température corporelle. L.hypothermie peut survenir lorsque le corps est exposé au froid ou mouillé brusquement à la suite d.une chute dans un lac ou après avoir été arrosé de carburant ou d.un autre liquide.

30. Le symptôme initial est le frisson. Ce frisson peut augmenter au point de devenir incontrôlable et d.entraver la capacité du sujet de prendre soin de lui-même. Les premiers signes apparaissent quand la température centrale (rectale) descend en dessous de 35,5 °C (96 °F).

Lorsqu.elle descend entre 35 et 32 °C (95 à 90 °F), on observe de la léthargie, un jugement irrationnel et un faux sentiment de chaleur; entre 32 et 30 °C (90 à 86 °F) et moins, on observe une rigidité musculaire, le sujet devient inconscient et ses signes vitaux sont imperceptibles. Quand la température centrale descend en dessous de 25 °C (77 °F), la mort est imminente.

31. Pour traiter une personne souffrant d.hypothermie, il faut réchauffer tout le corps. Si possible, immergez d.abord la région du tronc seulement dans de l.eau chauffée entre 37,7 et 43,3 °C (100 à 110 °F).

32. Un des moyens les plus rapides de réchauffer l.intérieur du corps consiste à administrer des lavements d.eau tiède. C.est toutefois une méthode peu pratique en situation de survie. Une autre méthode consiste à installer la victime dans un sac de couchage déjà réchauffé en compagnie d.une autre personne dont la température est normale; toutes deux doivent être nues.

33. Si la victime est consciente, faites-lui boire des liquides chauds et sucrés. Le miel ou le dextrose sont de bonnes sources de calories. Si vous n.en avez pas, utilisez du sucre, du cacao ou tout autre sucre soluble.

34. Deux situations dangereuses peuvent se présenter lors du traitement de l.hypothermie : un réchauffement trop rapide et un choc post-traitement. Un réchauffement trop rapide peut provoquer des problèmes circulatoires qui se manifesteront par de l.insuffisance cardiaque. Le choc post-traitement est une baisse subite de la température corporelle centrale qui survient au moment où la victime est retirée du bain d.eau tiède. La cause probable en est le retour veineux des membres vers le tronc à la reprise de la circulation. Le réchauffement du tronc et la stimulation de la circulation périphérique diminueront le choc post-traitement. L.immersion du tronc dans un bain d.eau tiède demeure le meilleur traitement, s.il est possible de le faire.

GELURE

35. La gelure est une lésion due à la congélation des tissus. Lorsqu.elle est superficielle, elle ne touche que la peau, qui devient d.un blanc crayeux. Une gelure profonde s.étend en dessous

MISE EN GARDE

Le réchauffement de la totalité du corps dans un bain d.eau tiède doit se faire uniquement dans un centre de traitement médical, à cause du risque accru d.arrêt cardiaque ou de choc.

MISE EN GARDE

Si elle y demeure trop longtemps, la personne placée dans le sac de couchage avec la victime pourra également souffrir d.hypothermie.

MISE EN GARDE

Ne tentez pas de faire boire une personne inconsciente.

de la surface de la peau. Les tissus deviennent solides et rigides. Les pieds, les mains et les surfaces exposées du visage sont particulièrement vulnérables aux gelures.

36. En groupe, la meilleure façon de prévenir les gelures est le système de binôme. Examinez souvent le visage de votre camarade et demandez-lui d.en faire autant. Si vous êtes seul, couvrez régulièrement votre nez et le bas de votre visage avec votre main gantée.

37. Les conseils pratiques suivants devraient vous aider à garder votre chaleur et à prévenir les gelures lorsqu.il fait extrêmement froid ou que vous ne portez pas des vêtements adéquats :

a. Visage. Activez la circulation en contractant et en ridant la peau, un peu comme si vous faisiez des grimaces. Réchauffez votre visage avec vos mains.

b. Oreilles. Agitez et remuez les oreilles. Réchauffez-les avec vos mains.

c. Mains. Bougez vos mains à l.intérieur de vos gants. Réchauffez-les en les mettant en contact avec votre corps.

d. Pieds. Bougez vos pieds et remuez les orteils à l.intérieur de vos bottes.

38. Une diminution de la sensibilité des mains et des pieds est un signe de gelure. Si cette perte de sensibilité est de courte durée, la gelure est probablement superficielle. Autrement, considérez qu.il s.agit d.une gelure profonde. En présence d.une gelure superficielle, réchauffez votre visage et vos oreilles avec vos mains ou vos mitaines. Mettez les mains sous les aisselles. Appuyez vos pieds contre le ventre de votre camarade. Une gelure profonde, qui dégèle puis gèle de nouveau, entraîne des lésions trop sévères pour être prises en charge par une personne n.ayant pas une formation médicale. On trouve à la figure 15-2 des conseils et des mises en garde concernant les gelures.

Ce qu.il faut faire Ce qu.il ne faut pas faire

• Vérifier régulièrement que l.on n.a pas de gelures.

• Frotter la lésion avec de la neige.

• Réchauffer les gelures superficielles. • Boire des boissons alcoolisées.

• Éviter que les zones atteintes ne gèlent de nouveau.

• Fumer.

• Tenter de dégeler une gelure profonde en l.absence de soins médicaux.

Figure 15-2 : Les gelures . conseils et mises en garde

PIED DES TRANCHÉES ET PIED D.IMMERSION

39. Ces troubles sont attribuables à une exposition des pieds à l.eau ou à l.humidité, pendant un grand nombre d.heures ou de jours, à une température légèrement inférieure au point de congélation. Les symptômes caractéristiques sont des fourmillements, des picotements, un engourdissement et de la douleur. Au début, la peau est blanchâtre et a un aspect humide, pâteux et ratatiné. À mesure que le mal évolue et que les lésions s.installent, la peau devient rouge, puis prend une coloration bleuâtre ou noirâtre. Les pieds sont froids, enflés et ont un aspect cireux. La marche devient pénible, et l.on éprouve une sensation de lourdeur et d.engourdissement dans les pieds. Ce sont principalement les nerfs et les muscles qui sont lésés, mais la gangrène est possible. Dans les cas extrêmes, on observe une nécrose des tissus et il arrive que le pied ou la jambe doive être amputé. La meilleure mesure de prévention consiste à garder les pieds au sec. Apportez des chaussettes supplémentaires dans un sac imperméable. On peut faire sécher des chaussettes humides en les gardant en contact avec le thorax (le dos ou la poitrine). Lavez-vous les pieds et mettez des chaussettes sèches tous les jours.

DÉSHYDRATATION

40. Par temps froid, vos nombreuses couches de vêtements peuvent vous empêcher de réaliser que votre organisme se déshydrate. Vos lourds vêtements absorbent l.humidité qui s.évapore dans l.air. Vous devez boire de l.eau pour remplacer celle qui a été perdue. Vos besoins en eau sont aussi importants dans un environnement froid que dans un environnement chaud (chapitre 13). Pour vérifier si vous commencez à souffrir de déshydratation, observez la couleur de votre urine sur la neige. Si la neige devient jaune foncé lorsque vous urinez, c.est un signe de déshydratation; il faut alors compenser les pertes liquidiennes. Si la neige est jaune pâle ou ne prend aucune coloration, vous n.avez pas à vous inquiéter.

DIURÈSE ACCRUE PAR LE FROID

41. Le froid augmente le débit urinaire. Il entraîne en outre des pertes hydriques qui doivent être compensées.

COUP DE SOLEIL

42. La peau exposée n.est pas à l.abri des coups de soleil, même lorsque la température de l.air est inférieure au point de congélation. La neige, la glace et l.eau réfléchissent sous tous les angles les rayons du soleil en direction des régions sensibles de la peau, comme les lèvres, les narines et les paupières. La peau exposée au soleil brûle plus rapidement à haute altitude qu.à basse altitude. Appliquez une crème anti-solaire ou du protège-lèvre sur votre visage lorsque vous êtes au soleil.

CÉCITÉ DES NEIGES

43. C.est la réflexion des rayons ultraviolets du soleil sur une surface couverte de neige qui est responsable de ce problème. Les symptômes associés à la cécité des neiges sont une sensation de poussière dans l..il, une douleur à l.intérieur et au-dessus des yeux, qui est exacerbée par le mouvement des globes oculaires, une rougeur et un larmoiement des yeux ainsi que des maux de tête intensifiés par une exposition continue à la lumière. L.exposition prolongée aux rayons UV peut entraîner des lésions oculaires permanentes. Le traitement de la cécité des neiges consiste à se bander les yeux jusqu.à ce que les symptômes disparaissent.

44. Il est possible de prévenir la cécité des neiges en portant des lunettes de soleil. Si vous n.en avez pas, utilisez les moyens du bord. Coupez des languettes dans un morceau de carton, de bois mince, d.écorce ou d.autres matières disponibles (figure 15-3). Appliquez de la suie sous vos yeux, cela vous aidera à réduire la réverbération et l.éblouissement.

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Figure 15-3 : Lunettes de soleil improvisées

CONSTIPATION

45. Il est très important de vous soulager lorsque vous en avez besoin et de ne pas tarder à le faire à cause du froid. Vous risquez de souffrir de constipation si vous n.allez pas à la selle au besoin, si vous mangez des aliments déshydratés, ne buvez pas suffisamment de liquides et avez des habitudes alimentaires irrégulières. Bien que la constipation ne soit pas un état invalidant, elle est une source de malaise. Consommez au moins 2 litres d.eau en plus des 2 à 3 litres que vous consommez normalement chaque jour et, dans la mesure du possible, mangez des fruits et d.autres aliments qui ramollissent les selles.

PIQÛRES D.INSECTES

46. Les piqûres d.insectes risquent de s.infecter si on les gratte constamment. Les mouches peuvent transmettre toutes sortes de germes pathogènes. Pour prévenir les piqûres d.insectes, utilisez un insectifuge, un filet et portez des vêtements appropriés. Le lecteur trouvera de l.information sur les piqûres d.insectes au chapitre 11, et des renseignements sur leur traitement au chapitre 4.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:41

CHAPITRE 14

SURVIE DANS LES RÉGIONS TROPICALES

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1. La plupart des gens considèrent les tropiques comme une énorme forêt tropicale impénétrable, au travers de laquelle il faut se frayer un chemin à la machette et où le danger est omniprésent. Mais en réalité, plus de la moitié des terres des zones tropicales sont cultivées d.une façon ou d.une autre.

2. La débrouillardise sur le terrain, la capacité d.improviser et l.application des principes de survie augmenteront vos chances de vous tirer d.affaire. Ne soyez pas effrayé de vous trouver seul dans la jungle, car la peur se transformera en une panique qui aura pour effet de vous épuiser, ce qui diminuera vos chances de survie.

3. La jungle est un milieu propice au développement de nombreuses espèces de plantes et d.animaux, y compris de microbes pathogènes et de parasites qui se multiplient à un rythme alarmant. La nature, par contre, vous fournira l.eau et les aliments dont vous aurez besoin ainsi qu.une multitude de matériaux pour vous construire un abri.

4. Depuis des millénaires, les aborigènes vivent de la chasse et de la cueillette dans la jungle. Un étranger devra cependant s.adapter aux conditions du milieu et à l.activité incessante que suppose la survie dans les régions tropicales.

SECTION 1

LE CLIMAT TROPICAL

5. Les régions tropicales et subtropicales se caractérisent par des températures élevées, des pluies abondantes et une humidité accablante, sauf dans les zones de haute altitude. Dans les basses terres, des variations de température de moins de 10 oC sont plutôt rares. On constate plus souvent des écarts de plus de 35 oC. Il arrive souvent que de la glace se forme la nuit dans les zones situées à plus de 1 500 m d.altitude. La pluie a pour effet de rafraîchir le temps, mais dès qu.elle cesse, la température monte en flèche.

6. Les pluies sont abondantes et s.accompagnent souvent d.éclairs et de tonnerre. Le couvert forestier est soudainement martelé par une pluie intense qui transforme de simples filets d.eau en torrents déchaînés et qui fait monter le niveau des rivières. La pluie cesse aussi subitement qu.elle a commencé. Des orages violents peuvent également s.abattre sur les zones tropicales, généralement vers la fin de l.été.

7. Des ouragans, des cyclones et des typhons se développent en mer et viennent balayer les terres en engendrant des raz de marée qui dévastent tout sur leur passage. Pour établir votre campement, choisissez un endroit qui ne risque pas d.être inondé. Les vents dominants ne sont pas les mêmes en hiver qu.en été. Pendant la saison sèche, il pleut une fois par jour, tandis que la saison de la mousson se caractérise par une pluie constante. En Asie du Sud-Est, les vents provenant de l.océan Indien amènent la mousson, mais lorsque les vents arrivent de la masse continentale chinoise, cette région reste sèche.

8. Sous les tropiques, le jour et la nuit sont de durée égale. La nuit tombe rapidement et le jour se lève tout aussi subitement.

SECTION 2

TYPES DE JUNGLES

9. La jungle n.est pas la même partout. Il existe en effet différents types de zones tropicales :

a. la forêt tropicale humide;

b. la jungle secondaire;

c. la forêt semi-sempervirente et la forêt de mousson;

d. le maquis et la forêt épineuse;

e. la savane;

f. la mangrove;

g. le marais d.eau douce.

LA FORÊT TROPICALE HUMIDE

10. Dans la forêt tropicale humide, le climat varie très peu. Ces forêts s.étendent sur tout l.équateur, dans les bassins amazonien et congolais, dans certains régions de l.Indonésie et dans de nombreuses îles du Pacifique. Au cours d.une année, ces zones reçoivent jusqu.à 3,5 m de pluie qui tombe de façon régulière. Les températures varient d.environ 32 °C le jour à 21 °C la nuit.

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Figure 14-1 : Les cinq strates de végétation de la forêt tropicale humide

11. Ce type de jungle comporte cinq strates de végétation (figure 14-1). Dans les espaces sauvages non altérés par l.homme, les arbres poussent à partir des racines-contreforts et peuvent atteindre quelque 60 m. Sous cette strate, des arbres de plus petite taille forment un couvert si dense que le sol ne reçoit presque aucune lumière. Les jeunes arbres, sous eux, tentent de capter la lumière, et des masses de lianes s.enroulent autour d.eux et grimpent vers le soleil. Des fougères, de la mousse et des plantes herbacées poussent au travers d.un épais tapis de feuilles, tandis que de nombreuses variétés de champignons croissent sur les feuilles et les troncs d.arbres qui jonchent le sol.

12. Comme le sol de la jungle ne reçoit pratiquement aucune lumière, il ne recèle que peu de buissons. Cette jungle se traverse donc facilement. Par contre, la végétation compacte limite la visibilité à environ 50 m. Dans ce type de jungle, il est facile de se désorienter et il serait extrêmement difficile de vous repérer en avion.

LA JUNGLE SECONDAIRE

13. La jungle secondaire ressemble beaucoup à la forêt tropicale humide. Une végétation abondante aux endroits où la lumière du soleil parvient jusqu.au sol caractérise ce type de forêt. Cette végétation pousse généralement le long des rivages, aux abords de la jungle et dans les zones défrichées par l.homme. Lorsque les espaces cultivés sont abandonnés, la jungle reprend rapidement ses droits, et on voit apparaître une masse de plantes emmêlées. On peut même parfois trouver des plantes comestibles cultivées dans cette épaisse végétation.

LA FORÊT SEMI-SEMPERVIRENTE ET LA FORÊT DE MOUSSON

14. Les caractéristiques de la forêt semi-sempervirente américaine et africaine correspondent à celles de la forêt de mousson asiatique, à savoir :

a. la cime des arbres de ces forêts forme deux strates arborescentes distinctes. Les arbres dont la cime forme l.étage supérieur mesurent en moyenne de 18 à 24 m; ceux de l.étage inférieur mesurent généralement entre 7 et 13 m;

b. ces arbres ont un diamètre moyen de 0,5 m;

c. ils perdent leurs feuilles pendant la saison sèche.

15. À l.exception du sagoutier, du nipa et du cocotier, on retrouve les mêmes plantes comestibles dans ces régions que dans la forêt tropicale humide.

16. Ces types de forêts se retrouvent dans certaines parties de la Colombie et du Venezuela et dans le bassin amazonien d.Amérique du Sud. Elles croissent également dans certaines régions côtières du sud-est du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique en Afrique, dans le nord-est de l.Inde, dans la majeure partie de la Birmanie, de la Thaïlande, de l.Indochine, de Java et dans certaines régions d.autres îles indonésiennes en Asie.

LE MAQUIS ET LA FORÊT ÉPINEUSE

17. Voici les principales caractéristiques du maquis et de la forêt tropicale épineuse :

a. ces forêts connaissent une saison sèche très marquée;

b. les arbres sont dépourvus de feuilles durant la saison sèche;

c. le sol est nu, à l.exception de quelques touffes de plantes; on n.y retrouve généralement pas d.herbes;

d. les plantes épineuses sont prédominantes;

e. de nombreux feux s.y déclarent.

18. Le maquis et la forêt épineuse croissent sur la côte ouest du Mexique, dans la péninsule du Yucatan, au Venezuela et au Brésil; sur la côte nord-ouest et au centre de l.Afrique; en Asie, au Turkestan et en Inde.

19. Durant la saison sèche, il est difficile de trouver des plantes alimentaires. Elles sont cependant beaucoup plus abondantes pendant la saison des pluies.

LA SAVANE TROPICALE

20. Voici les principaux traits caractéristiques de la savane :

a. elle se situe dans les zones tropicales de l.Amérique du sud et de l.Afrique;

b. elle ressemble à un vaste pré herbu avec des arbres très éloignés les uns des autres;

c. la savane a souvent un sol de couleur rougeâtre;

d. il y pousse des arbres dispersés qui ont souvent l.air rabougri et noueux, comme les pommiers. Des palmiers y poussent également.

21. En Amérique du Sud, les zones de savane se retrouvent au Venezuela, au Brésil et dans les Guyanes. Sur le continent africain, la savane occupe certaines zones dans le sud du Sahara (centre-nord du Cameroun et du Gabon et sud du Soudan), au Bénin, au Togo, dans la majeure partie du Nigéria, dans le nord-est du Zaïre, dans le nord de l.Ouganda, dans l.ouest du Kenya, dans certaines parties du Malawi et de la Tanzanie, dans le sud du Zimbabwe, au Mozambique et dans l.ouest de Madagascar.

LA MANGROVE

22. La mangrove croît dans les marais des zones côtières soumises à l.action des marées. Les palétuviers qui la composent peuvent atteindre 12 m de haut et leurs racines emmêlées font obstacle aux déplacements. Dans ce type de marais, la visibilité est généralement très mauvaise et les déplacements sont extrêmement difficiles. Parfois, on y rencontre des cours d.eau navigables qui forment des chenaux dans les marais, mais on doit généralement les traverser à pied.

23. On retrouve des mangroves en Afrique occidentale, à Madagascar, en Malaisie, dans les îles du Pacifique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, et à l.embouchure du Gange, en Inde. Celles qui sont situées à l.embouchure de l.Orénoque et de l.Amazone ainsi qu.à l.embouchure des rivières de Guyane sont formées de boue et comptent des arbres qui offrent très peu d.ombre. On y observe des marées qui peuvent atteindre jusqu’à 12 m.

24. Les mangroves peuvent vous sembler hostiles. Il suffit de penser aux sangsues, aux insectes, aux crocodiles et aux caïmans qui y habitent. Évitez les animaux dangereux qui les peuplent.

25. Dans la mesure du possible, essayez d.éviter les mangroves. Lorsqu’elles présentent des chenaux, il est possible de les traverser en radeau.

LES MARAIS D.EAU DOUCE

26. Les marais d.eau douce se trouvent généralement dans les basses terres intérieures. Ils se caractérisent par une concentration de sous-bois épineux, de roseaux et d.herbes de même que par la présence de quelques petits palmiers nuisant à la visibilité et aux déplacements. Ces marais sont souvent parsemés d.îlots où vous pourrez rester au sec. La faune y est très abondante.

SECTION 3

LES DÉPLACEMENTS DANS LA JUNGLE

27. Avec de la pratique, vous arriverez à vous déplacer efficacement dans les épais sous-bois et dans la jungle. Pour éviter les coupures et les égratignures, portez un pantalon et une chemise à manches longues.

28. Pour vous déplacer aisément, vous devrez vous exercer à « regarder la forêt d.un .il différent », c.est-à-dire que vous devez non pas vous concentrer sur les buissons et les arbres qui sont immédiatement devant vous, mais plutôt porter votre regard au loin pour trouver les passages naturels qui se dessinent dans le feuillage. Il s.agit en fait de regarder « au travers » de la jungle. Arrêtez-vous à l.occasion et accroupissez-vous pour scruter le tapis forestier. Vous pourriez ainsi y découvrir des pistes de gibier que vous pourrez suivre.

29. Dans la forêt dense ou la jungle, il importe de rester alerte et d.avancer lentement, d.un pas régulier. Arrêtez-vous périodiquement pour écouter et vous orienter. À l.aide d.une machette, frayez-vous un chemin dans la végétation dense, mais ne coupez rien inutilement. Vous éviterez ainsi de vous fatiguer trop rapidement. Dans la jungle, le son se propage sur de longues distances. Or, pour réduire le bruit lorsque vous coupez des plantes grimpantes à l.aide d.une machette, portez le coup vers le haut. Servez-vous d.un bâton pour écarter la végétation. Ce bâton vous permettra également d.éloigner les fourmis, les araignées et les serpents qui risquent de vous piquer ou de vous mordre. Lorsque vous devez gravir une pente, ne vous agrippez pas aux buissons, ni aux plantes grimpantes; ils peuvent être couverts d.épines irritantes.

30. Dans la jungle, de nombreux animaux suivent les mêmes pistes. Ces pistes sont sinueuses et se croisent, mais elles mènent souvent vers un point d.eau ou une clairière. Si ces pistes sont orientées dans la direction où vous voulez aller, suivez-les.

31. Dans bon nombre de pays, les câbles des réseaux électriques et téléphoniques traversent, sur de longues distances, des zones peu habitées. Généralement, les emprises de ces réseaux sont suffisamment dégagées pour qu.on puisse s.y déplacer facilement. Lorsque vous empruntez ces corridors, soyez aux aguets en approchant des transformateurs et des stations de relais. En territoire ennemi, ces installations peuvent être surveillées par des gardes.

CONSEILS CONCERNANT LES DÉPLACEMENTS

Établissez votre position initiale aussi rigoureusement que possible afin de préciser la trajectoire générale que vous allez suivre. Si vous ne disposez pas d.une boussole, utilisez une méthode d.orientation adaptée aux circonstances.

Faites provision d.eau et de matériel.

Déplacez-vous toujours dans la même direction, mais pas nécessairement en ligne droite.

Évitez les obstacles. En territoire ennemi, dissimulez-vous et tirez parti des abris naturels.

Avancez en douceur dans la jungle. Évitez le contact avec la végétation, vous risquez de nombreuses coupures et éraflures. Tournez plutôt les épaules, jouez des hanches, courbez le corps, ralentissez ou accélérez le pas, au besoin, pour manœuvrer dans le sous-bois.

Figure 14-2 : Conseils concernant les déplacements

SECTION 4

PREMIÈRES CONSIDÉRATIONS

32. Sous le couvert très dense de la végétation tropicale, vos chances d.être secouru sont moindres que si vous étiez dans toute autre situation de survie. Vous devrez probablement vous déplacer pour atteindre un lieu sûr.

33. Si vous êtes victime d.un écrasement d.avion, les articles les plus importants que vous devez prendre avec vous avant de quitter les lieux sont une machette, une boussole, une trousse de premiers soins ainsi qu.un parachute ou toute autre pièce de tissu pouvant vous protéger des moustiques et vous servir d.abri.

34. Protégez-vous de la pluie, du soleil et des insectes des tropiques. Les moustiques porteurs de la malaria et d.autres insectes sont une réelle menace pour la santé. Il importe donc de vous protéger contre les piqûres.

35. En quittant le site d.écrasement, prenez soin de faire des encoches sur les arbres ou de marquer votre route. Servez-vous d.une boussole. Sachez dans quelle direction vous vous déplacez.

36. Sous les tropiques, la plus petite des égratignures peut s.infecter rapidement et constituer une menace pour votre santé. Traitez sans tarder toute blessure, même mineure.

SECTION 5

COMMENT SE PROCURER DE L.EAU

37. Même si l.eau se trouve en abondance dans la plupart des régions tropicales, vous aurez peut-être de la difficulté à vous en procurer. Il se pourrait que l.eau que vous trouvez ne soit pas bonne à boire. Les lianes, les racines et les palmiers contiennent de l.eau. On peut également tirer de l.eau de la condensation. Les animaux vous mèneront parfois vers un point d.eau. On peut tirer une eau presque limpide d.un ruisseau ou d.un lac boueux en creusant un trou dans un sol sablonneux à environ un mètre de la berge. L.eau s.infiltrera ainsi dans le trou. Vous devez cependant purifier l.eau ainsi obtenue.

LES ANIMAUX : UNE INDICATION DE LA PRÉSENCE DE L.EAU

38. Les animaux sont souvent une indication qu.il y a de l.eau à proximité, car la plupart doivent s.abreuver régulièrement. Les animaux qui broutent, comme le cerf, se tiennent généralement près de l.eau et boivent habituellement au lever et au coucher du soleil. Les pistes d.animaux convergentes conduisent souvent à un point d.eau. Les animaux carnivores n.indiquent pas avec certitude la présence d.eau. Ces derniers peuvent tirer l.eau dont ils ont besoin des animaux qu.ils mangent et sont capables de se priver d.eau pendant de longues périodes.

39. Les oiseaux aussi peuvent vous mener vers une source d.eau. Ceux qui se nourrissent de graines, comme les passereaux et les pigeons, restent généralement près d.un point d.eau. Ils s.abreuvent au lever et au coucher du soleil. S.ils volent en ligne droite et à faible altitude, c.est qu.ils se dirigent vers l.eau. Après avoir bu, ils sont repus et voltigent d.un arbre à l.autre, faisant de fréquentes pauses. Ne vous fiez pas aux oiseaux aquatiques pour trouver de l.eau. Ils volent sur de longues distances sans s.arrêter. Les faucons, les aigles et autres oiseaux de proie tirent de leurs victimes le liquide dont ils ont besoin pour subsister. Leur présence ne signifie pas nécessairement qu.il y a de l.eau à proximité.

40. La présence d.insectes, d.abeilles en particulier, est un signe pouvant annoncer la présence d.eau. Les abeilles restent presque toujours à l.intérieur d.un rayon de six kilomètres de leur nid ou de leur ruche. Vous êtes presque assuré de trouver une source d.eau à l.intérieur de ce rayon. Les fourmis ont également besoin d.eau. Si vous apercevez une colonne de fourmis qui montent le long d.un tronc d.arbre, sachez qu.elles se dirigent généralement vers un petit réservoir d.eau. On peut retrouver de tels réservoirs même dans les zones arides. La plupart des espèces de mouches restent à moins de 100 m d.une source d.eau, particulièrement la mouche maçonne.

41. En suivant les traces laissées par les êtres humains, vous arriverez généralement à un puits, un trou d.eau ou un bassin. Ils sont peut-être couverts de broussailles ou de roches pour réduire l.évaporation de l.eau. N.oubliez pas de remettre cette couverture en place après avoir pris de l.eau.

L.EAU PROVENANT DES PLANTES

42. Les plantes, notamment les lianes, les racines et les palmiers, sont de bonnes sources d.eau.

Les lianes

43. Les lianes présentant une écorce rugueuse et les tiges d.environ cinq centimètres d.épaisseur peuvent contenir de l.eau. Vous devez apprendre à reconnaître, parmi les diverses espèces, celles qui contiennent de l.eau potable. La sève de certaines espèces peut être vénéneuse. Les lianes vénéneuses produisent une sève collante et laiteuse, tandis que celles qui ne sont pas dangereuses produisent une sève claire et transparente. Comme certaines espèces de lianes peuvent provoquer une irritation cutanée, il est recommandé de laisser le liquide couler dans votre bouche, plutôt que de porter la plante à vos lèvres. De préférence, utilisez un contenant. Pour tirer de l.eau d.une liane, reportez-vous à la méthode décrite au chapitre 6.

Les racines

44. En Australie, certains arbres appelés water tree, desert oak et bloodwood ont des racines qui affleurent à la surface du sol. Déterrez ces racines et coupez-les en morceaux de 30 cm de long. Enlevez l.écorce et sucez l.eau qu.elles contiennent ou pelez-les jusqu.à la pulpe et pressez-les au-dessus de votre bouche.

Les palmiers

45. L.arbre à buri, le cocotier et le nipa contiennent tous un liquide sucré excellent à boire. Pour extraire ce liquide, ramenez vers le bas une tige qui porte des fleurs et coupez-en l.extrémité. Si vous enlevez une mince tranche de cette tige toutes les 12 heures, le liquide se renouvellera et vous pourrez en recueillir près d.un litre par jour. Comme le nipa produit ses rejetons à la base, vous n.aurez pas à grimper. Cependant, vous devrez peut-être grimper aux arbres matures d.autres espèces pour trouver des tiges en fleurs. Le lait des noix de coco a une forte teneur en eau, les noix mûres peuvent contenir un puissant laxatif. Évitez donc de boire de grandes quantités de ce lait, car vous risqueriez de vous déshydrater.

L.EAU PROVENANT DE LA CONDENSATION

46. Les racines contenant de l.eau seront parfois trop difficiles à déterrer. Il pourrait être plus facile de laisser une plante produire de l.eau sous forme de condensation. Pour ce faire, attachez un sac de plastique transparent autour d.une branche feuillue. L.eau contenue dans les feuilles s.évaporera et se condensera à l.intérieur du sac. On peut également obtenir de l.eau par condensation en plaçant de la verdure dans un sac de plastique, qui servira de condenseur solaire

(voir chapitre 6).

SECTION 6

LA NOURRITURE

47. Sous les tropiques, la nourriture est généralement abondante. Pour vous procurer des aliments d.origine animale, suivez la méthode décrite au chapitre 8.

48. Outre ces aliments, vous devrez compléter votre régime avec des plantes comestibles. Les meilleurs endroits pour cueillir ces plantes sont les rivages des ruisseaux et des rivières. Vous trouverez une abondante végétation partout où la lumière du soleil pénètre dans la jungle, mais les rivages sont peut-être plus accessibles.

49. Si vous êtes faible, ne dépensez pas votre énergie à grimper aux arbres, ni à les abattre pour trouver votre nourriture. Il y a près du sol des sources d.aliments plus aisément accessibles. Ne ramassez que les aliments dont vous avez besoin, car sous un climat tropical, ils se gâtent rapidement. Laissez les fruits sur leur plant. Ne les cueillez que lorsque vous en aurez besoin et mangez-les frais.

50. Vous pouvez choisir parmi une liste quasi illimitée de plantes comestibles. À moins de pouvoir identifier ces plantes avec certitude, vous auriez avantage à vous en tenir, au début, au palmier, au bambou et aux fruits courants. Les plantes alimentaires les plus courantes sont énumérées dans la liste ci-dessous. Vous trouverez des descriptions détaillées ainsi que des photos à l.annexe B.

PLANTES ALIMENTAIRES DE LA ZONE TROPICALE

• Arbre à pain (Artocarpus incisa)

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• Bambou (diverses espèces)

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• Bananier (Musa spp.)

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• Ben (Moringa pterygosperma)

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• Bignay (Antidesma bunius)

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• Canne à sucre (Saccharum officinarum)

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• Caryote brûlante (Caryota urens)

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• Cocotier (Cocos nucifera)

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• Cognassier du Bengale (Aegle marmelos)

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• Figuier sauvage (Ficus spp.)

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• Igname (Dioscorea spp.)

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• Lis d’eau (Nymphaea odorata)

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• Lotus (Nelumbo spp.)

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• Manguier (Mangifera indica)

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• Manioc (Manihot utillissima)

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• Nipa (Nipa fruticans)

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PLANTES ALIMENTAIRES DE LA ZONE TROPICALE

• Palmier à sucre (Arenga pinnata)

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• Papayer (Carica papaya)

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• Plaqueminier (Diospyros virginiana)

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• Pomme-cannelle (Annona squamosa)

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• Riz sauvage (Zizania aquatica)

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• Rotin (Calamus spp.)

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• Sagoutier (Metroxylon sagu)

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• Sterculia (Sterculia foetida)

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• Taro (Colocasia et Alocasia spp.)

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Figure 14-3 : Plantes ailimentaires de la zone tropicale

SECTION 7

LES PLANTES VÉNÉNEUSES

51. Les plantes vénéneuses des régions tropicales ne sont pas, en proportion, plus nombreuses que leurs équivalents dans n.importe quelle autre région du monde. Cependant, il peut sembler que la plupart des plantes tropicales sont vénéneuses en raison de leur très grande concentration dans certaines zones tropicales. Voir annexe C.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 08:25

CHAPITRE 13

SURVIE DANS LE DÉSERT

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1. Pour survivre et tromper l’ennemi dans les régions arides ou désertiques, il faut comprendre l’environnement auquel vous aurez à faire face et vous préparer en conséquence. Vous devez déterminer quels sont vos besoins en équipement, les tactiques que vous utiliserez ainsi que les répercussions de l’environnement sur vous et vos tactiques. Votre survie dépendra de votre connaissance du terrain, des éléments climatiques de base, de votre capacité de composer avec ces éléments et de votre volonté de survivre.

SECTION 1

LE TERRAIN

2. Dans la plupart des régions arides, on trouve plusieurs types de terrain. Les déserts comportent les cinq types de terrain suivants :

a. Terrains montagneux (haute altitude).

b. Plateaux rocheux.

c. Dunes de sable.

d. Marécages salés.

e. Terrain inégal, accidenté (« djebel » ou « oued »).

3. Dans le désert, le terrain rend les déplacements difficiles et exigeants. Il est extrêmement difficile de s’orienter puisque les points de repère sont très rares. Les endroits cachés et à l’abri peuvent être très limités; par conséquent, on est toujours exposé à l’ennemi.

LES DÉSERTS DE MONTAGNES

4. Les déserts de montagnes se caractérisent par des chaînes ou des régions éparses de collines ou de montagnes nues séparées par des bassins secs et plats où peuvent surgir de manière abrupte ou graduelle des élévations pouvant atteindre plusieurs milliers de mètres au-dessus du niveau de la mer. Les pluies, peu fréquentes, tombent la plupart du temps sur les terres hautes, et leurs eaux ruissellent rapidement sous forme de crues éclairs. Ces eaux de crue, qui creusent des rigoles profondes et des ravins, déposent sable et gravier sur le bord des bassins. L’eau s’évapore rapidement, laissant la terre aussi nue qu’avant, bien que certains végétaux puissent y pousser pendant une courte période. S’il s’accumule suffisamment d’eau dans le bassin pour compenser la vitesse à laquelle l’eau s’évapore, on peut y voir apparaître des lacs peu profonds comme le Grand Lac Salé de l’Utah ou la mer Morte. La plupart de ces lacs ont une teneur élevée en sel.

LES DÉSERTS DE PLATEAUX ROCHEUX

5. Les déserts de plateaux rocheux ont un relief plutôt faible, entrecoupé de grandes étendues planes présentant des affleurements rocheux ou de grandes quantités de roche brisée à la surface ou près de celle-ci. On peut y trouver des vallées érodées aux parois escarpées, appelées des oueds au Moyen-Orient et des canyons ou arroyos aux États-Unis et au Mexique. Ces vallées au fond plat peuvent sembler propices comme lieux de rassemblement, mais les plus étroites peuvent devenir des endroits extrêmement dangereux pour les hommes et le matériel à cause des crues éclairs qui suivent les pluies. Le plateau du Golan est un bon exemple de désert de plateau rocheux.

LES DÉSERTS DE SABLE OU DE DUNES

6. Les déserts de sable ou de dunes sont de vastes étendues plates couvertes de sable blanc ou de gravier. Le terme « étendues plates » n’est pas des plus exacts puisque certaines zones peuvent présenter des dunes de sable d’une hauteur de plus de 300 m s’étendant sur 16 à 24 km. La praticabilité d’un tel terrain dépend de la pente au vent ou sous le vent des dunes ainsi que de la texture du sable. Par contre, d’autres zones peuvent s’étendre sans aucune dénivellation sur 3 000 m et plus. La végétation peut être inexistante ou se composer de broussailles atteignant jusqu’à deux mètres de hauteur. On trouve des exemples de ce type de désert en bordure du Sahara, dans la partie vide du désert d’Arabie, dans certaines régions de la Californie et du Nouveau-Mexique ainsi que dans le Kalahari en Afrique du Sud.

LES MARÉCAGES SALÉS

7. Les marécages salés sont des zones plates, désolées, parfois ponctuées de touffes d’herbes, mais sans aucune autre forme de végétation. On les trouve dans des zones arides où l’eau de pluie s’est accumulée, et a laissé, après évaporation, des dépôts importants de sels alcalins et d’eau à forte teneur en sel. L’eau y est trop salée pour qu’on puisse la boire; une croûte de 2,5 à 30 cm la recouvre.

8. Les zones arides abritent des marécages salés de plusieurs centaines de kilomètres carrés. On y trouve habituellement de nombreux insectes dont la majorité piquent. Évitez les marécages salés. Ce type de terrain est très corrosif pour les bottes, les vêtements et la peau. Le Chatt Al-Arab, qui longe la frontière entre l’Iran et l’Iraq, en est un bon exemple.

LE TERRAIN ACCIDENTÉ

9. Toutes les zones arides comportent du terrain accidenté ou très inégal. Les orages érodent le sable fin et creusent des canyons dans le sol. Les dimensions d’un oued (lit d’un cours d’eau temporaire) peuvent varier de 3 m de largeur et 2 m de profondeur à plusieurs centaines de mètres de largeur et de profondeur, et la direction qu’il emprunte varie autant que sa largeur et sa profondeur. Il tourne et retourne, formant un genre de dédale. Un oued peut vous protéger et vous cacher, mais ne l’empruntez pas comme voie de passage parce que le sol y est très accidenté.

SECTION 2

LES FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX

10. En une zone aride, les chances de survivre et de déjouer l’ennemi dépendent de vos connaissances et de votre niveau de préparation. Déterminez quel équipement vous sera nécessaire pour affronter les conditions environnementales qui vous attendent, les tactiques que vous entendez utiliser ainsi que l’impact de l’environnement sur ces tactiques et sur vous-même.

11. En milieu désertique, il faut tenir compte de sept facteurs environnementaux différents :

a. la faible pluviosité;

b. le fort ensoleillement et la chaleur intense;

c. les grands écarts de température;

d. la végétation clairsemée;

e. la forte teneur en minéraux de la surface du sol;

f. les tempêtes de sable;

g. les mirages.

LA FAIBLE PLUVIOSITÉ

12. En zone aride, la faible pluviosité est le facteur environnemental le plus évident. Certains déserts reçoivent moins de 10 cm de pluie par année. Cette pluie forme des torrents de courte durée qui ruissellent rapidement à la surface du sol. On ne peut pas survivre longtemps sans eau dans le désert à cause de la température élevée. En situation de survie, vous devez avant tout connaître la quantité d’eau dont vous disposez et savoir où sont les autres sources d’eau.

LE FORT ENSOLEILLEMENT ET LA CHALEUR INTENSE

13. Toutes les zones arides connaissent un fort ensoleillement et une chaleur intense. La température de l’air peut atteindre 60 oC (140 oF) pendant la journée. La chaleur augmente à cause du rayonnement solaire direct, du vent chaud, de la réverbération des rayons solaires (sur le sable) et du transfert de chaleur par conduction à cause du contact direct avec le sable et le roc du désert (figure 13-1).

14. Dans le désert, la température du sable et du roc dépasse en moyenne de 16 à 22 oC (de 30 à 40 oF) celle de l’air. Par exemple, si température de l’air s’élève à 43 oC (110 oF), celle du sable pourrait être de 60 oC (140 oF).

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Figure 13-1 : Types d’apport de chaleur

15. Un rayonnement solaire et une chaleur intenses accroissent les besoins de l’organisme en eau. Pour conserver vos liquides organiques et votre énergie, vous devrez trouver un abri de manière à vous exposer le moins possible à la chaleur du jour. Marchez la nuit pour utiliser moins d’eau. 16. Les postes radio et l’équipement fragile directement exposés aux rayons solaires intenses tombent en panne.

LES GRANDS ÉCARTS DE TEMPÉRATURE

17. Dans les zones arides, le mercure peut atteindre 55 oC le jour et baisser jusqu’à 10 oC la nuit. Après la tombée du jour, la température chute rapidement et quiconque n’est pas chaudement vêtu ou ne peut pas bouger beaucoup aura très froid. Les soirées et les nuits fraîches sont les meilleurs moments pour travailler ou se déplacer. Si vous prévoyez vous reposer pendant la nuit, un chandail de laine, des sous-vêtements longs et un bonnet de laine vous seront extrêmement utiles.

LA VÉGÉTATION CLAIRSEMÉE

18. Dans les zones arides, la végétation est clairsemée. Il est donc difficile de s’y mettre à l’abri et de dissimuler ses déplacements. Pendant le jour, de larges zones de terrain s’offrant à la vue peuvent être facilement surveillées par l’ennemi.

19. Si vous voyagez en territoire hostile, appliquez les principes du camouflage :

a. cachez-vous ou trouvez refuge dans des oueds où on trouve des broussailles épaisses et à l’abri de la vue oblique;

b. tenez-vous dans l’ombre des broussailles, des rochers et des affleurements rocheux, la température y étant de 11 à 17 oC inférieure à celle de l’air;

c. recouvrez les objets qui reflètent la lumière du soleil.

20. Avant de vous déplacer, examinez le secteur afin d’y découvrir des sites où vous pourrez vous cacher et vous abriter. Il sera difficile d’évaluer la distance. Dans l’étendue dénudée du désert, on évalue en général les distances à environ un tiers de leur valeur réelle; autrement dit, ce qui nous semble être à 1 km se trouve en fait à 3 km.

LA FORTE TENEUR EN MINÉRAUX DU SOL

21. Dans toutes les régions arides il existe des zones où le sol de surface contient beaucoup de minéraux (borax, sel, alcali et chaux). Les matières en contact avec ce sol s’usent rapidement, et l’eau dans ces secteurs est extrêmement dure et imbuvable. Le fait d’imbiber votre uniforme de cette eau pour vous rafraîchir pourrait provoquer une éruption cutanée. On trouve un exemple de ce genre d’eau et de sol chargé de sel dans la région du Grand Lac Salé, dans l’Utah. La végétation y étant rare, voire inexistante, il est difficile de s’y mettre à l’abri. Évitez ces zones si possible.

LES TEMPÊTES DE SABLE

22. Les tempêtes de sable (vents chargés de sable) sont fréquentes dans la majorité des déserts. Le Seistan, un vent du désert d’Iran et d’Afghanistan, peut souffler sans arrêt pendant 120 jours d’affilée. En Arabie Saoudite, les vents soufflent en moyenne à une vitesse de 4 km/h, mais peuvent atteindre de 110 à 130 km/h en début d’après-midi. Prévoyez de grosses tempêtes de sable et de poussière au moins une fois la semaine.

23. Le plus grand danger serait de vous perdre dans un tourbillon de sable. Portez des lunettes à coques étanches et couvrez-vous la bouche et le nez. Si vous ne trouvez aucun abri naturel, marquez la direction dans laquelle vous devez avancer, étendez-vous par terre et attendez la fin de la tempête.

24. La poussière et le sable poussés par le vent brouillent les transmissions radio. Soyez donc prêts à utiliser d’autres moyens de signalisation comme des pièces pyrotechniques, des miroirs ou des panneaux, si possible.

LES MIRAGES

25. Les mirages sont des phénomènes optiques causés par la réfraction de la lumière à travers l’air échauffé par le soleil qui monte des surfaces sablonneuses et rocheuses. On en observe fréquemment dans le désert. Sous leur effet, les objets situés à 1,5 km ou plus semblent bouger.

26. Cet effet de mirage complique la tâche lorsqu’on tente d’identifier un objet éloigné. Il rend flou le contour des choses au loin, si bien qu’on a l’impression d’être entouré d’une étendue d’eau où les élévations forment autant d’îles.

27. À cause de l’effet de mirage, il est difficile de déceler une cible, d’évaluer les distances et de voir les objets clairement. Toutefois, il suffit de s’élever (à 3 m ou plus du niveau du sol environnant) au-dessus de la couche d’air surchauffé pour contrer l’effet de mirage. Les mirages compliquent la navigation au sol parce qu’ils rendent floues les particularités naturelles. On peut examiner la région à l’aube, au crépuscule ou au clair de lune, au moment où l’effet de mirage est fort peu probable.

28. En zone désertique, la luminance est plus intense qu’ailleurs. Lorsque la lune brille, la visibilité est généralement excellente, le vent tombe, la diffusion atmosphérique et l’éblouissement disparaissent. On peut voir les lumières, les feux à éclats rouges ainsi que les phares masqués de très loin. Le bruit s’entend à une grande distance.

29. Quand la nuit est sombre, par contre, la visibilité est très mauvaise et il est extrêmement dangereux de se déplacer. Vous pourriez vous perdre, faire une chute dans un ravin ou tomber par inadvertance sur l’ennemi. Tout déplacement par une telle nuit n’est faisable que si vous possédez une boussole et si vous avez passé la journée dans un abri à vous reposer, à observer et à mémoriser le terrain, et à choisir votre route.

SECTION 3

LE BESOIN D’EAU

30. Depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’armée américaine se préparait à intervenir en Afrique du Nord, la question de l’homme et de l’eau dans le désert a généré beaucoup d’intérêt et de confusion. À un certain moment, les dirigeants de l’armée américaine ont cru que l’on pouvait conditionner les hommes à consommer moins d’eau en réduisant progressivement leur approvisionnement en eau pendant leur entraînement. C’est ce qu’on appelait la discipline de l’eau. On a compté des centaines de victimes de la chaleur.

31. Pour survivre dans le désert, il faut bien comprendre la relation entre l’activité physique, la température de l’air et la consommation d’eau. L’organisme a besoin d’une quantité d’eau donnée pour maintenir un niveau d’activité donné à une température donnée. Par exemple, une personne qui accomplit un travail difficile au soleil à 43 oC a besoin de 19 litres d’eau par jour, à défaut de quoi sa capacité de prendre des décisions et d’exécuter ses tâches efficacement décroîtront rapidement.

32. La température normale du corps humain est de 36,9 oC (98,6 oF). L’organisme rejette la chaleur en trop (se rafraîchit) par la transpiration. Plus la température du corps est élevée, que ce soit à cause du travail, de l’exercice ou de la température ambiante, plus on transpire. Plus on transpire, plus on perd de l’humidité. La transpiration est la principale cause de la perte d’eau. Si on cesse de transpirer quand la température de l’air est élevée et que l’on travaille beaucoup ou que l’on fait beaucoup d’exercice physique, il en résultera rapidement un coup de chaleur. C’est une situation urgente qui requiert une attention médicale immédiate.

33. La figure 13-2 indique les besoins quotidiens en eau pour divers niveaux d’effort. Si vous comprenez bien la manière dont la température de l’air et l’activité physique affectent les besoins en eau, vous pourrez tirer le maximum de l’eau dont vous disposez. Ainsi donc, vous pouvez prendre les mesures suivantes :

a. Trouver un endroit ombragé; ne pas rester en plein soleil.

b. Éviter le contact direct avec le sol chaud.

c. Limiter ses déplacements.

d. Ne pas laisser évaporer la transpiration. Porter son uniforme au complet, tee-shirt

y compris. Dérouler ses manches jusqu’au poignet, se couvrir la tête et protéger son cou au moyen d’un foulard ou d’un autre article semblable. Cela protège le corps du vent chaud et des rayons directs du soleil. Les vêtements absorbent la sueur et la maintiennent contre la peau de manière à tirer avantage de son effet refroidissant. Si l’on demeure à l’ombre bien tranquille, entièrement vêtu, la bouche fermée, sans parler et en respirant par le nez, on peut réduire considérablement ses besoins en eau.

e. Ne pas manger si vous n’avez que peu d’eau. La digestion exige de l’eau. Par conséquent, la consommation d’aliments utilise de l’eau dont on a besoin pour se rafraîchir.

34. Il ne faut pas se fier à la soif pour juger de ses besoins en eau; on comblerait ainsi uniquement les deux tiers de ses besoins quotidiens en eau. Pour prévenir ce genre de déshydratation « volontaire », on peut procéder comme suit :

a. si la température est inférieure à 38 oC, boire 0,5 litre d’eau à l.heure;

b. si la température est supérieure à 38 oC, boire 1 litre d’eau à l.heure.

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Figure 13-2 : Besoins quotidiens en eau pour trois niveaux d’activité

35. Le fait de boire de l’eau à intervalles réguliers aide à conserver la fraîcheur au corps et à réduire la transpiration. Même lorsqu’on n’a pas beaucoup d’eau, boire constamment de l’eau à petites gorgées garde au frais et réduit la perte d’eau par transpiration. Il faut conserver les liquides organiques en réduisant ses activités dans la chaleur du jour. Ne rationnez pas l’eau!

Vous auriez de bonnes chances de le regretter.

SECTION 4

LES TROUBLES CAUSÉS PAR LA CHALEUR

36. En tant que survivant, vous courez le risque d’être victime de la chaleur, par suite d’une blessure, du stress et du manque de pièces d’équipement critiques. Ci-dessous figurent les principaux types de troubles causés par la chaleur ainsi que le traitement s’appliquant à chacun lorsque l’eau est rare et qu’on ne dispose d’aucune aide médicale.

LES CRAMPES DE CHALEUR

37. La perte de sel due à une transpiration excessive provoque des crampes de chaleur. Elles se manifestent par des spasmes musculaires, de modérés à aigus, aux jambes, aux bras ou à l’abdomen, et peuvent tout d’abord prendre la forme de légères douleurs musculaires. Il faut alors cesser toute activité, s’installer à l’ombre et boire de l’eau. Si vous ne reconnaissez pas les premiers symptômes et que vous poursuivez vos activités, vous éprouverez de violentes crampes et de la douleur. Le traitement à donner est le même que pour l’épuisement par la chaleur, ci-dessous.

L’ÉPUISEMENT PAR LA CHALEUR

38. Une perte importante d’eau et de sel de l’organisme entraîne l’épuisement par la chaleur. Les symptômes sont : mal de tête, confusion, irritabilité, transpiration excessive, faiblesse, étourdissements, crampes et peau blême, moite et froide. Étendez tout de suite la personne atteinte à l’ombre, sur une civière ou une installation semblable, à environ 45 cm au-dessus du sol, détachez ses vêtements, aspergez-la d’un peu d’eau et éventez-la. Faites-lui aussi faire boire un peu d’eau toutes les trois minutes et assurez-vous qu’elle demeure calme et qu’elle se repose.

LE COUP DE CHALEUR

39. C’est un trouble grave causé par la chaleur et attribuable à une perte extrême d’eau et de sel ainsi qu’à l’impossibilité pour l’organisme de se rafraîchir. La personne atteinte peut mourir si elle n’est pas immédiatement rafraîchie. Les symptômes sont les suivants :

absence de transpiration, peau chaude et sèche, mal de tête, étourdissements, pouls rapide, nausées et vomissements ainsi que confusion menant à la perte de conscience. Dès le malade amené à l’ombre, étendez-le sur une civière ou une installation semblable, à environ 45 cm au-dessus du sol, détachez ses vêtements, versez sur lui de l’eau (même polluée ou saumâtre) et éventez-le. Massez-lui les bras, les jambes et le corps. S’il reprend conscience, faites-lui boire un peu d’eau toutes les trois minutes.

SECTION 5

LES PRÉCAUTIONS

40. En situation de survie et d’évasion dans le désert, il est peu probable que vous ayez avec vous du personnel infirmier ou des fournitures médicales pour traiter les malaises causés par la chaleur. Soyez donc particulièrement prudent à cet égard. Reposez-vous pendant la journée et travaillez le soir et la nuit, quand le temps est plus frais. Utilisez le système de binôme pour surveiller les signes de malaise causé par la chaleur et observez les directives suivantes :

a. assurez-vous d’indiquer à quelqu’un où vous allez et quand vous prévoyez être de retour;

b. soyez à l’affût des signes de malaises causés par la chaleur. Si quelqu’un se dit fatigué ou s’il s’éloigne du groupe, il peut être victime d’un tel malaise;

c. buvez de l’eau au moins une fois l’heure;

d. mettez-vous à l’ombre pour vous reposer mais ne vous couchez pas directement sur le sol;

e. n’enlevez pas votre chemise et ne travaillez pas pendant la journée;

f. vérifiez la couleur de votre urine. Une couleur pâle indique que vous buvez suffisamment d’eau, une couleur foncée indique le contraire.

SECTION 6

LES DANGERS DU DÉSERT

41. La survie dans le désert comporte plusieurs dangers uniques en leur genre, notamment les insectes, les serpents, les plantes à épines et les cactus, l’eau contaminée, les coups de soleil, les irritations des yeux et le stress dû au climat.

42. Les insectes de presque tous les types abondent dans le désert. Les humains, source d’eau et de nourriture, attirent les poux, les acariens, les guêpes et les mouches. Ces parasites sont très désagréables et peuvent propager des maladies. Les vieux bâtiments, les ruines et les cavernes sont des lieux de prédilection pour les araignées, les scorpions, les mille-pattes, les poux et les acariens. Ces endroits les protègent des éléments et attirent d’autres espèces sauvages. Soyez donc extrêmement prudent si vous choisissez un tel endroit pour vous mettre à l’abri. Portez toujours des gants dans le désert. Ne posez jamais la main où que ce soit sans tout d’abord examiner l’endroit. Inspectez d’abord du regard l’endroit où vous prévoyez vous asseoir ou vous étendre. Lorsque vous vous levez, secouez et inspectez vos bottes et vos vêtements.

43. Toutes les régions désertiques abritent des serpents; ceux-ci habitent les ruines, les villages autochtones, les dépotoirs, les cavernes et les affleurements rocheux qui offrent de l’ombre. Il ne faut jamais marcher pieds nus ou traverser ces endroits sans d’abord vérifier s’il s’y trouve des serpents. Surveillez où vous mettez les mains et les pieds. La plupart du temps, les personnes mordues par un serpent l’ont été parce qu’elles avaient posé le pied dessus ou qu’elles

l’avaient manipulé. Évitez les serpents; si vous en voyez un, éloignez-vous.

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Published by seth-survivalisme - dans Habitat
17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 07:22

SECTION 2

TYPES D’ABRIS

9. Cherchez un site en fonction du type d’abri ou de protection dont vous avez besoin.

Posez-vous aussi les questions suivantes :

a. Combien de temps et d’effort faut-il pour le construire?

b. Cet abri me protégera-t-il adéquatement des éléments (soleil, vent, pluie, neige)?

c. Ai-je les outils nécessaires pour le construire? Sinon, puis-je utiliser des outils

improvisés?

d. Ai-je le type et la quantité de matériaux nécessaires pour le construire?

10. Pour répondre à ces questions, vous devez savoir comment construire divers types d’abris

et quels matériaux sont nécessaires pour leur construction.

ABRI « PONCHO » EN APPENTIS

11. La construction de cet abri en appentis ne demande que peu de temps et de matériel (figure 5-1). Il vous faut un poncho, 2 à 3 m de corde ou de suspentes de parachute, trois piquets d’environ 30 cm de longueur et deux arbres (ou deux perches) écartés de 2 à 3 m. Avant de choisir les arbres ou l’emplacement des perches, vérifiez la direction du vent et assurez-vous que votre abri en appentis sera bâti dos au vent.

12. Pour construire un abri en appentis :

a. Escamotage du capuchon du poncho : serrez le lacet, roulez le capuchon dans le sens de la longueur, pliez le rouleau en trois et attachez-le avec le lacet de serrage.

b. Coupez la corde en deux et attachez la première moitié à l’.illet du coin d’un côté du poncho, et l’autre moitié à l’.illet du coin opposé.

c. Attachez à chaque corde, à environ 2,5 cm de l’.illet, un bâton pour l’égouttement de l’eau (d’environ 10 cm) qui empêchera la pluie de couler le long des cordes, puis dans l’abri. Attachez des bouts de ficelle (d’environ 10 cm de longueur) à chacun des .illets du rebord supérieur du poncho. Ainsi, l’eau s’écoulera le long de ces cordelettes au lieu de dégoutter dans l’abri.

d. Attachez les cordes à des arbres voisins (qui servent de montants), à peu près à la hauteur de la taille. Faites un noeud à détachement rapide avec un tour mort et deux demi-clefs.

e. Déployez le poncho et arrimez-le au sol à l’aide des piquets bien aiguisés, plantés dans le sol à travers les .œillets.

13. Si vous devez utiliser votre abri en appentis pendant plus d’une nuit, ou si vous croyez qu’il va pleuvoir, relevez le centre de l’abri en tendant une corde, dont une extrémité est attachée au capuchon du poncho et l’autre, à une branche au-dessus.

14. Vous pouvez aussi dresser un bâton sous le centre de l’abri, mais cette méthode limite l’espace de manoeuvre dans l’abri.

15. Pour une meilleure protection contre le vent et la pluie, placez des branches feuillues,votre sac à dos ou tout autre équipement approprié sur les côtés de l’abri.

16. Pour réduire les pertes de chaleur au contact du sol, recouvrez le fond de l’abri d’un isolant, par exemple des feuilles ou des aiguilles de pin.

17. Pour mieux vous cacher de l’ennemi, vous pouvez apporter deux modifications qui réduisent la visibilité de votre abri. Attachez d’abord les cordes aux arbres à la hauteur du genou plutôt qu’à celle de la taille. Ensuite, placez deux bâtons de la hauteur du genou dans les deux œillets du centre, sur les côtés de l’abri. Rabattez le poncho vers le bas et fixez-le au sol à l’aide de piquets bien aiguisés, comme ci-dessus.

NOTE

Au repos, vous pouvez perdre jusqu’à 80 pour cent de votre chaleur corporelle au contact du sol.

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Figure 5-1 : Abri « poncho » en appentis

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TENTE « PONCHO »

18. Cette tente à profil bas (figure 5-2) vous protège des éléments de deux côtés. Cependant, son espace utile et l’ouverture pour l’observation sont plus petits que dans l’abri en appentis, ce qui vous rend plus vulnérable en cas de détection par les ennemis. Pour monter cette tente, il vous faut un poncho, deux cordes de 1,5 à 2,5 m, six piquets bien aiguisés d’environ 30 cm de longueur et deux arbres éloignés de 2 à 3 m.

19. Montage de la tente :

a. Attachez le capuchon du poncho comme pour l’abri en appentis.

b. Attachez une corde de 1,5 à 2,5 m à l’.illet du centre, de chaque côté du poncho.

c. Attachez les autres bouts de ces cordes à deux arbres éloignés de 2 à 3 m, à peu près à la hauteur du genou, et tendez le poncho.

d. Étirez l’un des côtés du poncho et fixez-le au sol en plantant des piquets bien aiguisés à travers les .œillets.

e. Répétez la dernière étape pour l’autre côté.

20. Pour relever le milieu du toit, utilisez les mêmes méthodes que pour l’abri en appentis. Une autre méthode consiste à dresser un cadre triangulaire à l’extérieur, au-dessus du centre de la

tente (figure 5-3). Construisez-le avec deux bâtons de 90 à 120 cm de longueur, dont l’un a une extrémité fourchue. Attachez le lacet de serrage du capuchon au cadre de façon à soutenir le centre de la tente.

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Figure 5-2 : Tente « poncho » à toit retenu par une branche

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F« PARATIPI » À TROIS PERCHES

21. Si vous avez un parachute et trois perches et si la situation tactique le permet, construisez un paratipi. La construction de cet abri est facile et très rapide. Il vous protège des éléments et il peut servir à signaler votre présence en augmentant la visibilité d’une petite source lumineuse, par exemple un feu ou une chandelle. Cet abri est assez grand pour plusieurs personnes et leur équipement, et il peut servir pour s’abriter la nuit, ainsi que pour faire la cuisine et pour stocker du bois de chauffage.

22. Vous pouvez bâtir ce tipi avec la voilure, complète ou non, d’un parachute standard ou de secours. Avec un parachute standard, il vous faut trois perches de 3,5 à 4,5 m de longueur et d’environ 5 cm de diamètre.

23. Pour construire ce tipi (figure 5-4) : a. Disposez les perches parallèlement sur le sol et liez-les ensemble par une extrémité.

b. Dressez l’ensemble et écartez les perches de manière à former un trépied.

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Figure 5-3 : Tente « poncho » à cadre triangulaire

c. Pour renforcer la structure, ajoutez 5 ou 6 perches supplémentaires, sans les lier au trépied.

d. Déterminez la direction moyenne du vent et placez l’entrée à au moins 90 degrés par rapport à cette direction.

e. Étalez le parachute (plié en deux) derrière la structure et trouvez la drisse de l’extracteur située sur la partie supérieure (cheminée) de la voilure.

f. Accrochez la boucle de la drisse de l’extracteur à une extrémité d’une perche libre, et dressez cette perche contre le trépied de manière à ce que la cheminée de la voilure soit à la même hauteur que la corde qui lie les trois perches.

g. Tendez la moitié de la voilure repliée autour d’un côté de la structure, et tendez ensuite l’autre moitié dans la direction opposée.

h. Pour l’entrée, enroulez les rebords repliés de la voilure autour de deux perches libres. Vous pouvez placer ensuite ces perches côte à côte pour refermer l’entrée du tipi.

i. Rabattez les parties libres de la voilure à l’intérieur, sous les perches du tipi, pour faire le fond de l’abri.

j. Si vous voulez faire un feu à l’intérieur du tipi, laissez une ouverture de 30 à 50 cm au sommet pour la ventilation.

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Figure 5-4 : Paratipi à trois perches

 « PARATIPI » À UNE SEULE PERCHE

24. Pour construire ce modèle de tipi, il vous faut habituellement un morceau de voilure de  14 laizes, des piquets, une perche centrale solide, ainsi que l.âme d’une suspente et une aiguille. Coupez les suspentes en laissant des longueurs de 40 à 45 cm au bord de la bande latérale du bas de la voilure.

25. Pour construire ce tipi (figure 5-5) :

a. Choisissez un site et tracez au sol un cercle d’environ 4 m de diamètre.

b. Avec les bouts de suspente qui restent autour sur la bande latérale, fixez le tissu

du parachute au sol comme ci-dessous.

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Figure 5-5 : Paratipi à une seule perche

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c. Après avoir choisi l’emplacement de la porte, enfoncez un piquet et attachez-y solidement le premier bout de suspente.

d. Étirez le tissu du parachute jusqu’à la prochaine suspente, enfoncez un piquet en suivant le cercle tracé et attachez-y la suspente.

e. Continuez jusqu’à ce que toutes les suspentes soient attachées à des piquets.

f. En laissant un certain jeu, attachez la partie supérieure du tissu du parachute à la perche centrale à l’aide d’un bout de suspente que vous avez coupé précédemment et, par essais et erreurs, déterminez la hauteur à laquelle le tissu du parachute sera correctement tendu lorsque la perche centrale sera dressée.

g. Ensuite, éliminez le jeu en attachant solidement le tissu à la perche.

h. À l’aide d’une suspente (ou de l.âme que vous avez retirée), cousez ensemble les bordures des laizes, en laissant une ouverture de 1 à 1,2 m pour la porte.

« PARATIPI » SANS PERCHE

26. Utilisez les mêmes matériaux que pour le paratipi à une seule perche, sauf la perche centrale.

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Figure 5-6 : Paratipi sans perche

27. Pour construire ce tipi (figure 5-6) :

a. À la partie supérieure du tissu du parachute, attachez une suspente coupée à cette fin.

b. Lancez la suspente de façon à la faire passer par-dessus une branche d’arbre, et attachez-la au tronc de cet arbre.

c. En commençant par le côté opposé à la porte, placez un piquet sur un cercle de 3,5 à 4,3 m de diamètre tracé sur le sol.

d. Attachez la première suspente de la bande latérale du bas.

e. Continuez à enfoncer les piquets et à y attacher les suspentes.

f. Lorsque tout le bas du tissu est fixé en place, détachez la suspente de l’arbre, tendez le tissu du tipi en tirant sur la suspente et rattachez-la solidement à l’arbre.

ABRI INDIVIDUEL

28. On peut facilement construire un abri individuel avec un parachute et trois perches. Il faut une perche d’environ 4,5 m et deux autres d’environ 3 m.

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Figure 5-7 : Abri individuel

29. Pour construire cet abri (figure 5-7) :

a. Attachez la perche de 4,5 m à l’arbre, à peu près à la hauteur de la taille.

b. Placez les deux perches de 3 m sur le sol l’une à côté de l’autre, dans la même direction que la perche de 4,5 m.

c. Étendez la voilure repliée par-dessus la perche de 4,5 m de manière à laisser à peu près la même quantité de tissu pendre des deux côtés.

d. Rabattez le tissu non tendu à l’intérieur sous les perches de 3 m, et étalez-le au sol pour faire le fond.

e. Fixez au moyen de piquets les deux perches de 3 m, ou placez une barre d’espacement entre elles à l’entrée de l’abri, pour éviter qu’elles ne se déplacent vers l’intérieur.

f. Couvrir l’entrée avec le tissu non utilisé, s’il en reste.

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Figure 5-8 : Hamac « parachute »

30. Le tissu de parachute permet de construire un abri imperméable au vent et facile à réchauffer à cause de sa petite taille. Une seule chandelle, utilisée de façon judicieuse, suffit à maintenir un température confortable. Cependant, cet abri ne convient pas en cas de chute de neige, même légère, car il n’est pas assez rigide pour garder sa forme.

HAMAC « PARACHUTE »

31. Vous pouvez construire un hamac avec 6 à 8 laizes de voilure de parachute accrochées à deux arbres éloignés d’environ 4,5 m (figure 5-8).

ABRI EN APPENTIS IMPROVISÉ

32. Si vous êtes dans une région boisée où il y a assez de matériaux naturels, vous pouvez construire, sans outils ou avec seulement un canif, un abri en appentis avec les matériaux naturels disponibles (figure 5-9). Il faut plus de temps pour construire ce type d’abri, mais il vous protégera bien des éléments.

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Figure 5-9 : Abri en appentis en matériaux naturels, à mur réfléchissant la chaleur

33. Il vous faut deux arbres (ou perches verticales) espacés d’environ 2 m; une perche d’environ 2 m de longueur et de 2,5 cm de diamètre; de 5 à 8 perches d’environ 3 m de longueur et de 2,5 cm de diamètre (pièces transversales); des cordes ou des lianes pour attacher la pièce horizontale aux arbres, ainsi que des branches ou d’autres matières végétales souples pour façonner un treillis entre les pièces transversales.

34. Pour construire l’abri en appentis :

a. Attachez la perche de 2 m aux deux arbres, à une hauteur comprise entre celle de la taille et celle de la poitrine, de manière à former une barre horizontale. En l’absence d’arbres de taille appropriée, montez un portique à l’aide de bâtons fourchus, ou deux trépieds.

b. Placez une extrémité des pièces transversales (perches de 3 m) d’un côté de la barre horizontale. Comme pour tous les abris en appentis, il faut construire l’abri dos au vent.

c. Avec des branches et d’autres matières végétales souples, façonnez un treillis entre les pièces transversales.

d. En remontant de bas en haut comme pour la pose de bardeaux, recouvrez le treillis de branchages, de feuillages, d’aiguilles de pin ou d’herbes.

e. Amassez de la paille, des feuilles, des aiguilles de pin ou de l’herbe à l’intérieur de l’abri pour former une litière.

35. Par temps froid, pour augmenter le confort de votre abri, construisez un mur réfléchissant la chaleur (figure 5-9). Plantez 4 pieux de 1,5 m de longueur pour soutenir le mur et empilez des perches vertes l’une par-dessus l’autre contre ces pieux. Montez ainsi, de part et d’autre des pieux, deux rangs de perches empilées de manière à créer un espace que vous pouvez remplir de terre. Le mur ainsi rempli est non seulement renforcé, mais il réfléchit plus efficacement la chaleur. Liez les extrémités supérieures des pieux afin de consolider l’ensemble.

36. La construction d’un séchoir ne vous demandera que quelques minutes de plus. Coupez quelques perches de 2 cm de diamètre (leur longueur dépend de la distance entre la barre horizontale de l’abri et la partie supérieure du mur réfléchissant la chaleur). Placez une extrémité des perches contre la barre et l’autre, sur le dessus du mur. Attachez des pièces transversales de plus petit diamètre entre les perches. Vous pouvez maintenant sécher des vêtements, de la viande ou du poisson.

LIT SUR PILOTIS

37. En terrain marécageux ou dans tout lieu recouvert d’eau stagnante ou à sol mouillé de façon permanente, le lit sur pilotis (figure 5-10) vous préserve de l’humidité. Pour choisir un site approprié, il faut tenir compte de la météo, du vent, des marées et des matériaux disponibles.

38. Pour construire un lit sur pilotis :

a. Trouvez quatre arbres disposés en rectangle, ou coupez quatre perches (le bambou, s’il y en a, est le matériau idéal) et enfoncez-les profondément dans le sol de manière à obtenir une base rectangulaire assez grande et assez solide pour vous et votre équipement.

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Figure 5-10 : Lit sur pilotis

b. Coupez deux perches faisant la longueur de la base. Ces pièces, comme toutes les autres, doivent être assez robustes pour supporter votre poids.

c. Attachez ces deux perches aux arbres (ou aux pieux) de la base de manière à former deux barres horizontales. Déterminez la hauteur des barres au-dessus du sol ou de l’eau en fonction des marées ou des crues.

d. Coupez d’autres perches faisant la largeur de la base et attachez-les sur les barres horizontales.

e. Pour une litière confortable, recouvrez la partie supérieure du bâti de grandes feuilles ou d’herbes.

f. Construisez une plate-forme pour le feu en façonnant une couche d’argile, de limon ou de boue sur un coin du lit, et laissez sécher.

39. Vous pouvez construire un autre type d’abri pour vous protéger de l’eau ou du sol mouillé, qui utilise la même base rectangulaire que le lit sur pilotis. À l’intérieur d’un rectangle formé par des arbres (ou des pieux), empilez, dans le sens de la longueur, suffisamment de bâtons et de branches pour soutenir le cadre horizontal du lit à une hauteur suffisante au-dessus de l’eau.

ABRIS NATURELS

40. Essayez de repérer les abris naturels comme les cavernes, les crevasses entres les roches, les massifs de buissons, les petits creux dans le sol, les grosses roches du côté sous le vent des collines, les gros arbres à branches basses et les arbres abattus à grosses branches. Toutefois, pour le choix d’un abri naturel :

a. Évitez les lieux bas comme les ravins, les vallées étroites ou les lits des ruisseaux, qui sont plus froids que les lieux élevés parce que l’air froid plus dense s’y accumule la nuit. De plus, les terrains bas couverts de buissons épais abritent plus d’insectes.

b. Assurez-vous qu’il n’y a pas de serpents venimeux, de tiques et autres acariens, de scorpions ou de fourmis piqueuses.

c. Évitez les lieux menacés par des roches instables, des branches mortes, des noix de coco ou d’autres matériaux.

HUTTE DE DÉBRIS VÉGÉTAUX

41. Parce qu’il est chaud et facile à construire, cet abri est l’un des meilleurs. C’est un excellent choix si vous avez besoin d’un abri pour assurer votre survie.

42. Pour construire une hutte de débris végétaux (figure 5-11) :

a. Montez un trépied formé de deux courts pieux et d’une longue perche faîtière (formant l’arête supérieure), ou appuyez une extrémité de la perche faîtière sur une base robuste.

b. Attachez la perche faîtière aux pieux ou à un arbre à la hauteur de la taille (environ).

c. Des deux côtés de la perche, disposez, en oblique, de gros bâtons de manière à former les nervures de l’abri. Assurez-vous que l’espace intérieur est suffisant pour vous loger et que les parois sont assez inclinées pour que l’eau s’égoutte.

d. Disposez transversalement des branchages et du feuillage de manière à former un treillis avec les nervures, qui empêchera les matières isolantes (herbes, aiguilles de pin, feuilles) de tomber sur la litière en passant à travers les nervures.

e. Placez des débris végétaux légers et mous (secs si possible) par-dessus les nervures, de manière à obtenir une couche de matières isolantes aussi épaisse que possible (minimum 1 m).

f. Placez une couche de 30 cm d’épaisseur de matières isolantes à l’intérieur de l’abri.

g. À l’entrée, construisez une porte ou empilez des matières isolantes, que vous pouvez ramener vers vous de façon à boucher l’entrée lorsque vous êtes à l’intérieur.

h. Enfin, placez, par-dessus la couche de débris, des branches ou d’autres objets appropriés pour éviter que les grands vents n’emportent les matières isolantes.

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Figure 5-11 : Hutte de débris végétaux

ABRI CREUSÉ DANS LA NEIGE AU PIED D’UN ARBRE

43. Dans une région de conifères recouverte de neige, si vous avez une pelle ou un outil équivalent, vous pouvez creuser un abri dans la neige au pied d’un arbre (figure 5-12).

44. Pour construire cet abri :

a. Trouvez un arbre bien fourni dont les branches forment un toit.

b. Dans la neige autour de l’arbre, creusez une fosse circulaire du diamètre et de la profondeur voulus (ou creusez jusqu’au sol).

c. Tassez la neige sur les parois intérieures et autour du bord supérieur de la fosse de manière à constituer un mur d’appui.

d. Coupez des branches de conifères et installez-les au-dessus de la fosse pour améliorer la protection. Placez-en d’autres au fond de la fosse comme isolant.

45. Pour la construction d’autres abris en milieu arctique ou par temps froid, voir le chapitre 15.

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Figure 5-12 : Abri creusé dans la neige au pied d’un arbre

ABRI DE PLAGE

46. Cet abri vous protège du soleil, du vent, de la pluie et de la chaleur. Il est facile à construire avec des matériaux naturels.

47. Pour construire cet abri (figure 5-13) :

a. Ramassez du bois flotté ou d’autres matériaux naturels pour la toiture ou comme outils de creusage.

b. Choisissez un endroit situé au-dessus de la limite de la marée haute.

c. Creusez une tranchée orientée nord-sud avec ouverture au nord, de façon à réduire au minimum l’exposition au soleil, et suffisamment longue et large pour que vous puissiez vous y allonger confortablement.

d. Entassez le sable de manière à former un talus sur trois côtés de la tranchée. Plus le talus est haut, plus l’abri est spacieux.

e. Sur ce talus, placez des matériaux (bois flotté ou autres matériaux naturels) dans le sens de la largeur, de façon à former l’ossature et la couverture du toit.

f. Agrandissez l’entrée de l’abri en creusant le sable.

g. À l’aide de matériaux naturels comme de l’herbe ou des feuilles, construisez une litière dans l’abri.

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Figure 5-13 : Abri de plage

ABRIS EN ZONE DÉSERTIQUE

48. Dans un environnement aride, déterminez le temps, l’effort et les matériaux nécessaires pour la construction d’un abri. Si vous avez, par exemple, un poncho, une toile ou un parachute, utilisez-les pour construire votre abri en tirant parti des formations naturelles comme des affleurements rocheux, des monticules de sable ou des creux entre les dunes ou les rochers.

49. Utilisation des affleurements rocheux :

a. À l’aide de roches ou d’autres objets lourds, fixez en place l’un des pans de votre poncho (toile, parachute ou autre tissu) sur le rebord de l’affleurement.

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Figure 5-14 : Abri souterrain en zone désertique

b. Tendez et fixez en place l’autre extrémité de façon à obtenir la meilleure protection possible contre le soleil.

50. Dans une région sablonneuse :

a. Montez un talus de sable (ou choisissez le flanc d’une dune) de façon à ce qu’il forme l’un des côtés de votre abri.

NOTE

Si vous avez suffisamment de tissu, repliez-le en deux de manière à créer un espace de 30 à 45 cm entre les deux épaisseurs. Ce double toit isolant réduira la température dans l’abri.

b. À l’aide de sable ou d’objets lourds, fixez en place l’extrémité du tissu sur la partie supérieure du talus.

c. Tendez et fixez en place l’autre extrémité de façon à obtenir la meilleure protection possible contre le soleil.

51. Un abri souterrain (figure 5-14) peut réduire la température de 16 à 22 _C (30 à 40 _F)

au milieu de la journée. Toutefois, sa construction exige plus de temps et d’efforts que celle des

autres types d’abris. Étant donné que l’effort physique demandé cause la transpiration et augmente la déshydratation, construisez-le pendant que le soleil est bas.

52. Pour construire cet abri :

a. Trouvez un lieu bas ou un creux entre des dunes ou des rochers. Au besoin, creusez une tranchée de 45 à 60 cm de profondeur, dont la longueur et la profondeur sont suffisantes pour que vous puissiez vous y allonger confortablement.

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Figure 5-15 : Abri ouvert en zone désertique

b. Entassez le sable extrait de la tranchée de façon à former un talus sur trois côtés.

c. Pour entrer et sortir plus commodément, creusez plus profondément du côté de l’ouverture.

d. Recouvrez la tranchée avec votre tissu.

e. Fixez en place le tissu à l’aide de sable, de roches ou d’autres objets pesants.

53. S’il vous reste du tissu, vous pouvez réduire encore davantage la chaleur de midi à l’intérieur de l’abri en le tendant de 30 à 45 cm au-dessus du toit. Ce double toit abaisse la température de 11 à 22 ºC (20 à 40 ºF).

54. Vous pouvez aussi construire un autre modèle d’abri souterrain, qui est semblable sauf que tous les côtés sont ouverts au vent et à la circulation de l’air. Pour une meilleure protection, vous devez utiliser au moins deux couches de toile de parachute (figure 5-15). Le blanc est la couleur de choix pour réfléchir la chaleur, mais choisissez de préférence une couleur plus foncée pour la couche intérieure.

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Published by seth-survivalisme - dans Habitat