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  • : SETH Survivalisme
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  • : Avec la multiplication des risques naturels, conflictuels ou économiques, tout peut arriver à n’importe qui, n’importe quand et n’importe où. Pourtant même la pire des situations peut être surmontée si l’on a pris le temps de l’anticiper, d’y réfléchir, de chercher des solutions et des parades. Parcourez ces pages dans l’ordre chronologique, ou par thèmes, et découvrez comment faire face à une catastrophe. Ne soyez pas la victime, devenez le survivant !
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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 13:40

CHAPITRE 23

LA SURVIE DANS LES SITUATIONS DE DANGER TECHNOLOGIQUE

1. On peut maintenant faire face à des armes nucléaires, chimiques et biologiques sur les champs de bataille. Les faits récents en Afghanistan et au Cambodge, ainsi que dans d.autres zones de conflit ont démontré que l.utilisation des armes chimiques et biologiques (telles que les armes à base de mycotoxines) est une réalité. La doctrine de combat des pays membres de l.OTAN et du pacte de Varsovie couvre les armes nucléaires et chimiques. L.utilisation potentielle de ces armes amplifie les problèmes de survie en raison des graves dangers posés par les retombées radioactives ou la contamination résultant de la permanence des agents biologiques ou chimiques.

2. Il faut prendre des précautions particulières pour survivre à ces dangers technologiques. Les procédures de survie recommandées dans ce chapitre peuvent sauver la vie des personnes qui ont subi l.un ou l.autre des effets de la guerre nucléaire, chimique ou biologique. Ce chapitre représente une documentation qui permet de mieux comprendre la vraie nature de chaque type de danger. Une sensibilisation aux dangers, la connaissance de ce chapitre et l.exercice du bon sens devraient s.avérer des plus salutaires.

SECTION 1

ATTAQUE NUCLÉAIRE

3. Il faut se préparer à survivre dans un environnement nucléaire et apprendre comment réagir en cas de danger nucléaire.

EFFETS DES ARMES NUCLÉAIRES

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4. Les armes nucléaires ont des effets qui sont soit initiaux, soit résiduels. Les effets immédiats se produisent au voisinage de l.explosion et sont dangereux dans la première minute qui suit l.explosion. Les effets résiduels peuvent durer des jours ou des années et entraîner la mort. Les principaux effets initiaux sont le souffle et le rayonnement.

Souffle

5. Mouvement bref et rapide de l.air qui s.éloigne du centre de l.explosion; ce mouvement est accompagné d.une pression. Le souffle est suivi de vents violents. Il projette les débris et les personnes, provoque l.affaissement des poumons et la rupture de la membrane du tympan, entraîne l.effondrement des structures et peut causer la mort ou des blessures sur-le-champ par sa grande pression.

Rayonnement thermique

6. Chaleur et rayonnement lumineux émis par la boule de feu d.une explosion nucléaire. Le rayonnement lumineux est constitué de la lumière visible et des rayonnements ultraviolet et infrarouge. Le rayonnement thermique produit de vastes incendies, des brûlures cutanées et l.aveuglement.

Rayonnement nucléaire

7. Le rayonnement nucléaire se répartit entre le rayonnement initial et le rayonnement résiduel.

8. Le rayonnement nucléaire initial est constitué de rayons gamma intenses et de neutrons qui sont produits durant la première minute après l.explosion. Ce rayonnement peut causer des dommages considérables à toutes les cellules du corps. Les dommages causés par ce rayonnement peuvent entraîner des maux de tête, des nausées, des vomissements, de la  diarrhée, et même la mort, selon la dose de rayonnement reçue. Le principal problème dans la protection contre les effets du rayonnement initial est que l.on peut recevoir une dose de rayonnement létale ou incapacitante avant d.avoir pris toutes les mesures de protection. Les personnes exposées à des quantités létales de rayonnement initial peuvent avoir été tuées ou blessées mortellement par le souffle ou le rayonnement thermique.

9. Le rayonnement résiduel est le rayonnement produit après la première minute qui suit l.explosion. Son effet sur les personnes est plus grand que celui du rayonnement initial. Nous l.examinerons plus loin.

TYPES D.EXPLOSIONS NUCLÉAIRES

10. Il y a trois types d.explosions nucléaires : les explosions aériennes, les explosions de surface et les explosions souterraines. Le type de l.explosion influe directement sur les chances de survie. Les explosions souterraines se produisent sous la surface du sol ou de l.eau. Leurs effets restent localisés sous la surface ou dans la zone située au voisinage immédiat de l.endroit où la surface s.affaisse en formant un cratère au-dessus du point de l.explosion. Le danger de radioactivité d.une explosion souterraine est nul ou faible, à moins de pénétrer dans la zone du cratère même. Nous n.irons pas plus loin avec ce type d.explosion.

11. Une explosion aérienne se produit dans l.atmosphère au-dessus de la cible visée. Le rayonnement auquel la cible est soumise est maximum et ce type d.explosion est par  conséquent le plus dangereux pour ce qui est des effets nucléaires immédiats.

12. Les explosions de surface sont produites à la surface du sol ou de l.eau. Il en résulte de grandes quantités de retombées, avec de graves effets à long terme pour les personnes. Ce type d.explosion représente le plus grand danger.

BLESSURES CAUSÉES PAR UNE EXPLOSION NUCLÉAIRE

13. La plus grande partie des blessures causées par une explosion nucléaire résulte de l.effet initial de la détonation. Ces blessures sont classées en lésions par souffle, en brûlures et en radiolésions. On peut subir d.autres radiolésions en omettant de se protéger de façon appropriée contre les retombées. Les personnes se trouvant au voisinage d.une explosion nucléaire subiront probablement ces trois types de blessures.

Lésions par souffle


14. Les lésions par souffle causées par les explosions nucléaires ressemblent à celles qui sont causées par les armes explosives courantes. La pression de l.explosion peut provoquer l.affaissement des poumons et la rupture d.organes internes. Les débris projetés par l.explosion peuvent causer des blessures. Les débris volumineux peuvent causer des fractures aux membres ou des blessures internes massives. Sous la pression de l.explosion, les personnes peuvent être projetées à une grande distance et subir des blessures graves au moment de l.impact avec le sol ou avec d.autres objets. Un abri solide et une bonne distance de l.explosion sont la meilleure protection contre les lésions par souffle. Les blessures par souffle doivent être couvertes dès que possible pour empêcher le dépôt de poussières radioactives.

Brûlures

15. La chaleur et la lumière produites par la boule de feu de l.explosion nucléaire produisent des brûlures du premier, du deuxième ou du troisième degré. Il peut également y avoir un aveuglement, qui peut être permanent ou temporaire selon le degré d.exposition des yeux. Un abri solide et une bonne distance de l.explosion peuvent empêcher les brûlures. Les vêtements peuvent procurer une protection importante contre les brûlures. Couvrir la peau exposée autant que possible avant une explosion nucléaire. Les premiers soins sont les mêmes que pour les brûlures courantes. Couvrir les plaies ouvertes (deuxième ou troisième degré) pour empêcher le dépôt de particules radioactives. Laver les plaies avant de les couvrir.

Radiolésions

16. Les radiolésions sont causées par les neutrons et les rayonnements gamma, alpha et bêta. Les neutrons sont des particules très rapides et extrêmement pénétrantes qui détruisent les cellules. Le rayonnement gamma ressemble aux rayons X et est également un rayonnement très pénétrant. Durant la phase initiale constituée par la boule de feu d.une explosion nucléaire, les rayonnements gamma et neutroniques initiaux sont la menace la plus grave. Les rayons bêta et alpha sont des particules normalement associées aux poussières radioactives des retombées. Ce sont des particules peu pénétrantes et on peut facilement s.en protéger en prenant les précautions appropriées. Pour les symptômes des radiolésions, se rapporter au paragraphe Réactions corporelles au rayonnement ci-après.

RAYONNEMENT RÉSIDUEL

17. Le rayonnement résiduel est constitué par tout rayonnement émis après la première minute qui suit l.explosion nucléaire. Il est constitué du rayonnement induit et de retombées.

Rayonnement induit

18. Ce rayonnement est produit dans une zone d.intense radioactivité relativement peu étendue qui se trouve directement sous la boule de feu de l.explosion nucléaire. Le sol irradié dans cette zone restera fortement radioactif durant une période de temps très longue. Il faut éviter de pénétrer dans une zone de rayonnement induit.

Retombées

19. Les retombées sont constituées de particules radioactives de sol et d.eau, ainsi que de fragments d.armes. Dans une explosion de surface, ou quand la boule de feu d.une explosion nucléaire aérienne touche le sol, de grandes quantités de sol et d.eau sont vaporisées avec les fragments de la bombe et poussées vers le haut jusqu.à des altitudes de 25 000 m ou plus. Quand ces substances vaporisées se refroidissent, elles peuvent engendrer plus de 200 produits radioactifs différents. La matière vaporisée de la bombe se condense en minuscules particules radioactives qui sont transportées par le vent et retombent sur terre sous la forme de poussières radioactives. Les particules de retombées émettent des rayons alpha, bêta et gamma. Les rayons alpha et bêta sont relativement faciles à contrer et les rayons gamma résiduels sont beaucoup moins intenses que les rayons gamma émis durant la première minute qui suit l.explosion. Les retombées constituent le danger d’irradiation le plus important à moins d.avoir reçu une dose de rayonnement létale au moment de l.irradiation initiale.

RÉACTIONS CORPORELLES AU RAYONNEMENT

20. Les effets du rayonnement sur le corps humain peuvent en gros être classés en effets chroniques et en effets aigus. Les effets chroniques sont ceux qui surviennent plusieurs années après l.exposition au rayonnement. Les cancers et les défauts génétiques en sont des exemples. Les effets chroniques sont une préoccupation mineure en ce qui concerne la survie immédiate dans un environnement radioactif. À l.opposé, les effets aigus sont de première importance pour la survie. Certains effets aigus se manifestent quelques heures après l.exposition au rayonnement. Ils sont le résultat des dommages physiques directement causés aux tissus par le rayonnement. Le mal des rayons et les brûlures par rayonnement bêta sont des exemples d.effets aigus. Les symptômes du mal des rayons comprennent la nausée, la diarrhée, le vomissement, la fatigue, la faiblesse et la perte de cheveux. Les rayons bêta pénétrants produisent des radiolésions; les plaies ressemblent à celles causées par le feu.

Capacité de rétablissement

21. L.étendue des dommages corporels dépend principalement de la partie du corps qui a été exposé au rayonnement et de la durée de l.exposition, ainsi que de son aptitude à se rétablir. La capacité de rétablissement du cerveau et des reins est faible. Par contre, d.autres tissus (la peau et la moelle osseuse) ont une grande capacité de rétablissement. Généralement, une dose de 600 centigrays (cGy) pour le corps entier entraîne presque à coup sûr la mort. Si les mains seulement recevaient la même dose, l.état de santé global en souffrirait peu, mais les mains seraient très endommagées.

Dangers externes et internes

22. Une source de danger externe ou interne peut causer des dommages corporels. Les rayons gamma très pénétrants ou les rayons bêta moins pénétrants qui produisent des brûlures peuvent causer des dommages externes. L.introduction dans le corps de particules émettrices de rayons alpha ou bêta peut entraîner des dommages internes. Les sources externes produisent une irradiation corporelle et des brûlures de rayonnement bêta. Les sources internes irradient des organes critiques tels que le tube digestif, la glande thyroïde et les os. Une très petite quantité de matières radioactives peut endommager considérablement ces organes et d.autres organes internes. Les sources internes peuvent pénétrer dans le corps par la consommation d.eau ou de nourriture contaminées ou par absorption via des coupures ou des abrasions. Les matières qui pénètrent dans le corps par les voies respiratoires ne présentent qu.un danger mineur. On peut fortement réduire les sources de rayonnement interne par une bonne hygiène personnelle et une décontamination soignée des aliments et de l.eau.

Symptômes

23. Les symptômes des radiolésions comprennent la nausée, la diarrhée et le vomissement. La gravité de ces symptômes résulte de l.extrême sensibilité du tube digestif au rayonnement. La gravité des symptômes et leur vitesse d.apparition après l.exposition sont de bons indicateurs de l.ampleur des dommages d.irradiation. Les dommages du tube digestif peuvent provenir de sources de rayonnement externes ou internes.

PROTECTION CONTRE LES SOURCES DE RAYONNEMENT PÉNÉTRANT

EXTERNES

24. La connaissance des dangers d.irradiation discutés précédemment est très importante pour la survie dans une zone où il y a des retombées. Il est également primordial de savoir comment se protéger contre les rayonnements résiduels les plus dangereux, les rayonnements pénétrants d.origine externe.

25. Les moyens dont on dispose pour se protéger contre les rayonnements pénétrants d.origine externe sont le temps, la distance et le blindage. On peut réduire le niveau d.irradiation et accroître ses chances de survie en contrôlant la durée de l.exposition. Il faut également se placer le plus loin possible de la source de rayonnement. Finalement, on peut placer un matériau qui absorbe le rayonnement (blindage) entre soi et la source de rayonnement.

Le temps

26. Pour la survie, le temps est important de deux façons. D.abord, les doses de rayonnement sont cumulatives. Plus longue est l.exposition à une source radioactive, plus grande est la dose absorbée par la personne irradiée. Il est évident qu.il faut quitter une zone radioactive le plus tôt possible. Ensuite, la radioactivité décroît avec le temps. L.intensité de la radioactivité se mesure à l.aide de la période radioactive. Un élément radioactif se désintègre et perd la moitié de sa radioactivité dans un certain intervalle de temps. Empiriquement, la radioactivité décroît d.un facteur dix à chaque accroissement d.un facteur sept de l.intervalle suivant l.instant où le niveau du rayonnement a atteint son maximum. Par exemple, si dans une zone de retombées nucléaire l.intensité maximale du rayonnement était de 200 cGy par heure à la fin des retombées, cette intensité ne serait que de 20 cGy par heure après 7 heures et de 2 cGy par heure après 49 heures.

Même un observateur inexpérimenté peut comprendre que le danger des retombées est le plus grand immédiatement après la détonation et qu.il décroît rapidement après un intervalle relativement court. Les survivants doivent chercher à éviter les zones de retombées jusqu.à ce que la radioactivité ait baissé à un niveau sans danger. On peut augmenter ses chances de survie en évitant les zones de retombées jusqu.à ce que la plus grande partie de la radioactivité y soit disparue.

La distance

27. La distance procure une protection très efficace contre les rayons gamma pénétrants car l.intensité des rayons décroît proportionnellement au carré de la distance de la source. Par exemple, si la dose de rayonnement absorbée à 30 cm de la source est de 1 000 cGy, à 60 cm la dose absorbée n.est plus que de 250 cGy. Quand la distance double, l.intensité du rayonnement décroît par un facteur (0,5)2 ou 0,25. Cette règle est valide pour les sources de rayonnement concentrées se trouvant dans des aires peu étendues, mais devient plus difficile à appliquer dans les aires d.irradiation étendues telles que les zones de retombées.

Le blindage

28. Le blindage est la forme de protection la plus importante contre les rayonnements pénétrants. Des trois mesures de protection contre les rayonnements pénétrants, le blindage offre la plus grande protection et est la plus facile à utiliser dans des conditions de survie. Il constitue par conséquent la contre-mesure préférable.

29. S.il n.est pas possible d.utiliser un blindage, on utilisera les deux autres méthodes de protection dans la mesure du possible. Le blindage absorbe ou affaiblit les rayonnements pénétrants, ce qui réduit la quantité de rayonnement qui atteint le corps. Plus la densité du matériau de blindage est élevée, plus le blindage est efficace. Le plomb, le fer, le béton et l.eau sont d.excellents matériaux de blindage.

Questions médicales particulières

30. La présence de retombées dans la zone occupée nous oblige à modifier légèrement les procédures de premiers soins. Il faut couvrir toutes les plaies pour empêcher la contamination et bloquer le passage aux particules radioactives. Les brûlures par rayonnement bêta doivent d.abord être lavées, puis être traitées comme des brûlures ordinaires. Il faut prendre des  mesures particulières pour prévenir l.infection. Le corps sera extrêmement sensible aux infections à cause des changements biochimiques. Il faut soigneusement éviter les rhumes et les infections respiratoires. Une hygiène personnelle rigoureuse s.impose pour prévenir les infections. Il faut se couvrir les yeux avec des lunettes de protection improvisées pour empêcher la pénétration de particules.

ABRI

31. Comme nous l.avons mentionné précédemment, l.efficacité d.un matériau de blindage dépend de son épaisseur et de sa densité. Un matériau de blindage suffisamment épais réduira le rayonnement à un niveau négligeable.

32. La principale raison pour trouver et construire un abri est de se protéger le plus tôt possible contre les rayonnements de grande intensité des premières retombées gamma. Un délai de cinq minutes pour localiser l.abri est une bonne indication. La rapidité de la localisation est absolument essentielle. Sans abri, la dose reçue dans les premières heures dépassera celle reçue durant le reste de la semaine dans une zone contaminée. La dose reçue dans la première semaine dépassera la dose accumulée durant tout le reste d.une vie passée dans la même zone contaminée.

Matériaux de blindage

33. L.épaisseur nécessaire pour atténuer les rayons gamma des retombées est très inférieure à celle qui est nécessaire pour se protéger contre les rayons gamma initiaux. Les rayons des retombées ont beaucoup moins d.énergie que les rayons initiaux de la détonation nucléaire. Un blindage relativement mince peut procurer une protection adéquate contre les rayons dus aux retombées. La figure 23-1 donne une idée de l.épaisseur de divers matériaux qui est nécessaire pour réduire la transmission des rayons gamma résiduels de 50 pour cent.

Figure 23-1 : Épaisseur de la couche de demi-atténuation des rayons gamma de divers matériaux

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34. La règle de la couche de demi-atténuation est utile pour calculer l.absorption des rayons gamma par divers matériaux. Selon cette règle, si 5 cm de brique réduisent le niveau des rayons gamma de moitié, l.addition de 5 cm de brique (c.-à-d. d.une couche de demi-atténuation) réduira l.intensité de moitié encore une fois, c.-à-d. à un quart de l.intensité d.origine. Quinze centimètres réduiront l.intensité des rayons gamma à un huitième de l.intensité d.origine, 20 cm à un seizième, et ainsi de suite. Par conséquent, une intensité d.irradiation de 1 000 cGy par heure à l.extérieur serait réduite à 0,5 cGy à l.intérieur d.un abri protégé par un mètre de terre.

Abris naturels

35. Les terrains qui constituent des blindages naturels et permettent d.y construire des abris facilement sont des emplacements idéaux pour des abris d.urgence. Les fossés, ravins, affleurements rocheux et collines, ainsi que les berges des cours d.eau, en sont de bons exemples. Sur les terrains plats sans protection naturelle, on creusera un trou ou une tranchée.

Tranchées

36. Quand on creuse une tranchée, il faut se placer à l.intérieur de la tranchée aussitôt qu.elle est suffisamment large afin de se protéger une partie du corps et en n.exposer qu.une partie aux rayonnements. En rase campagne, essayer de creuser la tranchée en position couchée en empilant la terre soigneusement et uniformément autour de la tranchée. Si le terrain est plat, s.entourer d.un empilement de terre pour créer un blindage additionnel. Selon la condition du sol, la construction de l.abri peut prendre de quelques minutes à quelques heures. Plus le creusement est rapide, plus la dose de rayonnement reçue est faible.

Autres abris

37. Quoiqu.un abri souterrain couvert d.un mètre de terre ou plus offre la meilleure protection contre le rayonnement dû aux retombées, les structures inoccupées suivantes offrent ensuite la meilleure protection, par ordre décroissant :

a. Les caves et les tunnels recouverts de plus d.un mètre de terre.

b. Les caves-refuges ou les caves de garde.

c. Les ponceaux.

d. Les sous-sols ou les caves d.immeubles abandonnés.

e. Les immeubles abandonnés faits de pierre ou de boue.

Toits

38. Il n.est pas obligatoire de doter un abri d.un toit. On construira un toit seulement si les matériaux sont facilement accessibles et que la construction n.entraîne qu.une brève exposition à la contamination venant de l.extérieur. Si la construction nécessite une exposition prolongée aux rayonnements pénétrants, il est préférable de laisser l.abri sans toit. La seule fonction d.un toit est de réduire la dose de rayonnement reçue des retombées. À moins d.être épais, un toit est un blindage peu efficace.

39. On peut construire un toit simple au moyen d.un poncho fixé au sol avec de la terre, des pierres ou des rebuts provenant de l.abri. On peut enlever les grosses particules de terre et de débris du dessus du poncho en secouant celui-ci de l.intérieur à des intervalles rapprochés. Ce type de toit non seulement protégera les occupants contre les particules radioactives déposées à sa surface, mais augmentera la distance de la source des retombées et maintiendra la contamination au minimum dans l.air de l.abri.

Sélection de l.emplacement d.un abri et construction de l.abri

40. Pour réduire le temps d.exposition et, par conséquent, la dose reçue, on se rappellera les points suivants dans la sélection et la construction d.un abri :

a. Dans la mesure du possible, chercher un abri existant, même grossier, que l.on peut améliorer. S.il n.y en a pas, creuser une tranchée.

b. Creuser d.abord l.abri assez profondément pour obtenir une bonne protection, puis l.agrandir au besoin pour obtenir plus de confort.

c. Couvrir le dessus du trou ou de la tranchée avec tous les matériaux facilement disponibles et une épaisse couche de terre, si on peut le faire sans quitter l.abri. Bien qu.un toit et un camouflage soient tous deux désirables, il est probablement préférable de s.en passer plutôt que de s.exposer aux rayonnements présents à l.extérieur du trou.

d. Durant la construction de l.abri, se couvrir toutes les parties du corps avec un vêtement pour se protéger contre les brûlures par rayonnement bêta.

e. Nettoyer l.emplacement de l.abri de tout dépôt de surface en utilisant une branche ou tout autre objet jetable. Ce nettoyage doit éliminer les matériaux contaminés de l.aire qui sera occupée. L.aire nettoyée devrait s.étendre jusqu.à 1,5 m au moins au-delà du périmètre de l.abri.

f. Décontaminer tous les matériaux apportés dans l.abri. Ces matériaux comprennent le gazon ou le feuillage utilisé comme isolant ou matelas, ainsi que les vêtements extérieurs (particulièrement les chaussures). Si les conditions météorologiques le permettent, on peut retirer les vêtements fortement contaminés et les enfouir sous un pied de terre à l.une des extrémités de l.abri. On peut les récupérer plus tard au moment de quitter l.abri (après l.atténuation de la radioactivité). Si les vêtements sont secs, on peut les décontaminer en les battant ou en les secouant à l.extérieur de l.abri pour en éliminer la poussière radioactive. Utiliser de l.eau pour enlever le gros des particules de retombées; peu importe si elle est contaminée. Il suffit de tremper le matériau dans l.eau et de le secouer pour le débarrasser de l.excédent d.eau. Il ne faut pas le tordre car cela emprisonnerait les particules.

g. Si possible, et sans quitter l.abri, se laver le corps à grande eau avec du savon, même si l.eau disponible est contaminée. Cela éliminera la plus grande partie des particules radioactives dangereuses pouvant causer des brûlures par rayonnement bêta ou d.autres dommages. S.il n.y a pas d.eau, s.essuyer le visage ou tout autre partie exposée de la peau pour en enlever la poussière et la saleté contaminées. On peut s.essuyer le visage avec un bout d.étoffe propre ou une poignée de terre non contaminée. On peut obtenir de la terre non contaminée en grattant le sol jusqu.à une profondeur de quelques pouces.

h. Quand la construction de l.abri est terminée, s.étendre, se maintenir au chaud et dormir et se reposer autant que possible durant toute la durée du séjour dans l.abri.

i. En dehors des périodes de repos, se tenir occupé en planifiant les opérations futures, en étudiant les plans ou en rendant l.abri plus confortable et plus fonctionnel.

j. Ne pas paniquer en cas de nausée et de symptômes du mal des rayons. Le principal danger du mal des rayons est l.infection. Il n.y a pas de premiers soins pour le mal des rayons. On obtiendra une certaine protection contre les infections et on accélérera son rétablissement en se reposant, en buvant des liquides, en prenant des médicaments contre le vomissement et en s.alimentant. Même de petites doses de rayonnement peuvent causer des symptômes qui peuvent disparaître rapidement.

Durées d.exposition

41. On observera autant que possible les durées d.exposition suivantes pour éviter de recevoir des doses de rayonnement dangereux tout en faisant face aux problèmes de survie :

a. Un isolement complet de 4 à 6 jours après le dernier bombardement.

b. Une très brève exposition le troisième jour pour se procurer de l.eau est permise, mais la durée d.exposition ne doit pas dépasser 30 minutes.

c. Une exposition de 30 minutes au plus le septième jour.

d. Une exposition d.une heure au plus le huitième jour.

e. Les expositions de 2 à 4 heures du neuvième au douzième jour.

f. Les occupations normales, suivies de périodes de repos dans un abri protégé, à partir du treizième jour.

g. En toute circonstance, les expositions doivent être aussi brèves que possible. Seules les exigences impératives doivent être considérées comme des raisons valables pour s.exposer. Procéder chaque fois à une décontamination.

42. Les périodes ci-dessus ont été établies dans un souci de prudence. On peut quitter l.abri après une journée ou deux si la chose devient nécessaire. Veillez toutefois à ce que l.exposition soit aussi brève que possible.

APPROVISIONNEMENT EN EAU

43. Les sources d.eau disponibles dans une aire de retombées peuvent être contaminées. On réduira considérablement le danger d.ingérer les quantités nocives d.éléments radioactifs en attendant au moins 48 heures avant de boire de l.eau, quelle qu.en soit l.origine, pour permettre à la radioactivité de s.atténuer, et en choisissant la source d.eau la plus sûre possible.

44. Bien que plusieurs facteurs (la direction du vent, les précipitations, les sédiments) influeront sur le choix des sources d.eau, on fera bien d.observer les règles suivantes.

Les sources d.eau les plus sûres

45. Les eaux de sources, de puits ou autres eaux souterraines qui subissent un filtrage naturel sont les eaux les plus sûres. L.eau présente dans des tuyaux ou des contenants se trouvant dans des maisons ou des magasins abandonnés sera également exempte de particules radioactives. Cette eau est potable, mais il faut se protéger contre les bactéries qu.elle peut contenir.

46. La neige prélevée à 15 cm ou plus sous la surface durant une retombée est également une source d.eau sûre.

Ruisseaux et rivières

47. L.eau des ruisseaux et des rivières sera relativement exempte de retombées quelques jours après la dernière explosion nucléaire en raison de la dilution. Si possible, filtrer cette eau avant de la boire pour en éliminer les particules radioactives. La meilleure méthode de filtrage consiste à creuser des trous de sédimentation ou des bassins d.infiltration à côté d.une source d.eau. L.eau s.infiltrera latéralement dans le trou à travers le sol mitoyen, lequel servira de filtre et éliminera les particules de retombées contaminées qui se seront déposées dans la nappe d.eau d.origine. Cette méthode peut éliminer jusqu.à 99 pour cent de la radioactivité contenue dans l.eau. Il faut recouvrir l.ouverture du trou pour empêcher toute autre contamination. Un exemple de filtre à eau est illustré à la figure 6-9.

Eaux stagnantes

48. L.eau des lacs, piscines, étangs et autres masses d.eau stagnante sera probablement fortement contaminée, bien que la plupart des isotopes radioactifs lourds à longue durée de vie se déposeront au fond. Purifier cette eau par sédimentation. Remplir d.abord au trois quarts un seau ou un autre contenant profond avec l.eau contaminée. Prélever ensuite de la terre à une profondeur de 10 cm ou plus sous la surface et la remuer dans l.eau. Utiliser environ 2,5 cm de

terre pour 10 cm d.eau. Remuer l.eau jusqu.à ce que le maximum de particules de terre soit en suspension. Laisser le mélange reposer durant 6 heures au moins. En se déposant, les  particules de terre entraîneront au fond la plupart des particules de retombées en suspension et les recouvreront. On peut alors puiser l.eau propre. Purifier cette eau à l.aide d.un filtre.

Précaution additionnelle

49. Comme précaution additionnelle contre les maladies, traiter l.eau avec les comprimés de purification d.une trousse de survie ou la faire bouillir.

APPROVISIONNEMENT EN NOURRITURE

50. Bien qu.il soit difficile de trouver des aliments comestibles dans une zone contaminée par le rayonnement, le problème n.est pas impossible à résoudre. Il faut suivre quelques procédures particulières pour choisir et préparer des rations et des aliments locaux pour la consommation. Les rations de combat peuvent être consommées sans danger car elles ont un emballage. Compléter les rations avec toute nourriture trouvée lors des excursions hors de l.abri. La plupart des aliments transformés que l.on peut trouver dans les immeubles abandonnés peuvent être consommés sans danger après avoir été décontaminés. Ils s.agit des aliments en conserve et  des aliments emballés; les extraire de leur contenant ou de leur emballage ou les laver pour éliminer les particules de retombées. Ces aliments transformés comprennent également les aliments conservés dans un contenant fermé quelconque et les aliments stockés dans des aires protégées (telles que des caves), si on les lave avant de les consommer. Laver tous les contenants et les emballages avant de les manipuler pour prévenir toute contamination ultérieure.

51. Si l.on trouve peu d.aliments transformés, il peut s.avérer nécessaire d.avoir recours à des aliments locaux. Les sources de ces aliments sont les animaux et les plantes.

Les animaux comme sources d.aliments

52. Il faut supposer que tous les animaux, quels que soient leur habitat et leurs conditions de vie, ont été exposés aux radiations. Les effets des radiations sur les animaux sont semblables aux effets sur les humains. La plupart des animaux sauvages se trouvant dans une zone de  retombées vont probablement devenir malades ou mourir sous l.effet des radiations durant le premier mois qui suit une explosion nucléaire. Même si les animaux ont peut-être été atteints par les matériaux radioactifs nocifs, on peut et on doit les utiliser comme sources de nourriture dans des conditions de survie s.il n.y a pas d.autres aliments disponibles. Avec une préparation soignée et en suivant plusieurs principes importants, les animaux peuvent devenir des sources d.aliments sans danger.

53. D.abord, éviter de consommer un animal qui semble malade. L.animal peut souffrir d.une infection bactérienne causée par l.irradiation. La consommation de viande contaminée, même si celle-ci est bien cuite, peut causer une maladie grave et même la mort.

54. Écorcher les animaux soigneusement pour empêcher les particules radioactives qui se trouvent sur la peau ou la fourrure de pénétrer dans le corps. Ne pas consommer la viande qui est autour des os et des jointures car le squelette de l.animal contient plus de 90 pour cent de la radioactivité. Les autres muscles de l.animal sont toutefois bons à consommer. Avant de faire cuire la viande, la désosser en laissant une épaisseur de 3 mm de viande au moins sur les os. Jeter tous les organes internes (cœur, foie et rognons) car les radioactivités bêta et gamma ont tendance à s.y concentrer.

55. Toute la viande doit être bien cuite. À cette fin, la découper en tranches d.une épaisseur ne dépassant pas 13 mm avant de la faire cuire. Cela réduira le temps de cuisson et économisera l.énergie.

 

56. La contamination sera beaucoup plus grande chez les poissons et les animaux aquatiques que chez les animaux terrestres. Cela est également vrai pour les plantes aquatiques, particulièrement dans les zones côtières. N.utiliser des aliments d.origine aquatique qu.en cas d.extrême urgence.

57. Les .œufs, même si la ponte a eu lieu durant la période de retombées, peuvent être consommés sans danger. Il faut, par contre, complètement éviter de consommer le lait des animaux se trouvant dans une zone de retombées car ceux-ci absorbent une grande quantité de substances radioactives contenues dans les plantes dont ils se nourrissent.

Les plantes comme sources d.aliments

58. La contamination des plantes se fait par l.accumulation de retombées sur leur surface externe ou par l.absorption d.éléments radioactifs par leurs racines. Dans les plantes à consommer, la préférence doit être accordée aux légumes tels que les pommes de terre, navets, carottes et autres plantes dont la partie comestible croît dans le sol. Une fois nettoyées par frottage, ce sont les plantes qui sont les moins dangereuses à consommer.

59. En second lieu, viennent les plantes dont on peut décontaminer les parties comestibles en les lavant et en les pelant. Exemple : les bananes, pommes, tomates, figues de Barbarie et autres fruits et légumes semblables.

60. Le troisième choix comme aliment de secours est constitué par les légumes, fruits ou plantes à peau lisse qui ne peuvent être pelés facilement ou être décontaminés de façon efficace par un lavage.

61. L.efficacité de la décontamination par frottage est inversement proportionnelle à la rugosité de la surface du fruit. Les fruits à surface lisse perdent 90 pour cent de leur contamination au lavage, alors que le lavage des plantes à surface rugueuse n.enlève que 50 pour cent de la contamination environ.

62. On ne doit consommer les plantes à surface rugueuse (telles que la laitue) qu.en dernier recours car celles-ci ne peuvent être décontaminées de façon efficace par frottage et par lavage.

63. Les fruits secs (figures, prunes, pêches, abricots, poires) et les fèves de soja font également partie des aliments difficiles à décontaminer par lavage à l.eau.

64. En général, on peut consommer toutes les plantes prêtes à être cueillies à condition de bien les décontaminer. Les plantes en croissance peuvent toutefois absorber des matériaux radioactifs dans leurs feuilles ainsi que par le sol, particulièrement en cas de pluie durant ou après la période de retombées. Ne consommer ces plantes qu.en cas d.urgence.

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